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  • Head coach Fabien GALTHIE during the French Rugby Team training session at Centre national de rugby on March 4, 2020 in Marcoussis, France. (Photo by Aude Alcover/Icon Sport) - Fabien GALTHIE - Marcoussis (France)
    Head coach Fabien GALTHIE during the French Rugby Team training session at Centre national de rugby on March 4, 2020 in Marcoussis, France. (Photo by Aude Alcover/Icon Sport) - Fabien GALTHIE - Marcoussis (France) Icon Sport - Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard... Drôle d’ambiance en ce moment, autour de notre rugby qui vogue sur des montagnes russes : il y a le Racing qui, emporté par ses illusions, perd une troisième finale européenne ; Toulouse qui gagne encore, et met des points au chaud avant l’intermède des tests de l’automne ; La Rochelle aussi, qui cartonne un CO vide… de solutions, à la manière de Bayonne face au Lou ; et puis, il y a ce monde amateur qui n’en finit plus d’être chahuté par le contexte « Covid » : vestiaires fermés, matchs reportés et entraînements menacés par le couvre-feu. Pour continuer à jouer, il faut être sacrément passionné.

Il nous reste heureusement quelques précieuses pépites, à l’image du premier Oscar Midol de la saison organisé mercredi à Rouen. L’occasion de se revoir, pour de vrai. La soirée a ravivé pas mal d’émotions enfouies depuis six mois. Jean-Louis Louvel, l’homme fort du club rouennais, témoigne de l’air du temps : « Franchement, cela fait du bien de se retrouver tous ensemble réunis dans un moment amical et convivial. » On confirme : franchement, cela fait du bien.

Fabien Galthié n’a pas dû dire autre chose à ses joueurs, en les accueillant au CNR pour préparer la rencontre face au pays de Galles, samedi. Après huit mois d’abstinence, les Bleus reprennent vie en pleine séquence Top 14. Ce n’est pas anodin alors que Ligue et Fédé se sont déchirés jusqu’à jeudi pour une question de chiffres : combien de matchs, combien de joueurs. Bientôt ce sera pour combien d’argent.

Il n’y a pas eu divorce. Les institutions sortent dos à dos de ce triste bras de fer, Laporte et les clubs sont ménagés. Mais ce jeu de quilles fait quand même un perdant : Fabien Galthié. Le sélectionneur est prié de réviser sa copie. Désormais plafonné à 31 sélectionnés (au lieu des 42 obtenus en janvier) eux-mêmes limités à trois matchs chacun, il doit faire tourner l’effectif et va s’asseoir sur ses principes fondateurs : construire une équipe et imposer la méritocratie. Parce que le maillot bleu ne se galvaude pas.

L’ancien demi de mêlée est rappelé à l’ordre par une réalité qu’il connaît bien. Celle des entraîneurs du Top 14 privés de leurs meilleurs joueurs lors des doublons, au profit du XV de France qui n’a eu cesse, depuis des années, d’accorder plus de moyens à ses différents sélectionneurs. Logique, il fallait combler le retard face à une concurrence internationale autrement mieux armée. Mais ce fichu contexte impose désormais une plus grande solidarité à l’intérieur même du rugby français, avec une écoute plus attentive des difficultés des clubs traduites par Ugo Mola lors de l’ultime réunion de conciliation. Et jeudi matin, la voix du Toulousain a davantage porté que celle de Galthié.

Comme un retour vers le passé, l’ancien demi de mêlée va donc se retrouver à manager les Bleus comme il a coaché ses clubs : avec un noyau de joueurs expérimentés et des talents prometteurs pour faire le nombre, amener du dynamisme et faire bouillir la marmite. Disons-le, ce changement de cap pourrait clairement être une aubaine, avec une revue d’effectif plus large et plus jeune que prévu. C’est surtout, dès à présent, la marque de la cohérence : il y aura moins de main-d’œuvre déçue chez les Bleus et autant d’acteurs supplémentaires engagés sur les terrains du Top 14.

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