Interview décalée - Fickou : « Des gens me prennent parfois pour Kylian Mbappé »

  • Gaël Fickou, Grégory Alldritt et Bernard Le Roux l'hiver dernier, lors de la victoire des Bleus à Cardiff
    Gaël Fickou, Grégory Alldritt et Bernard Le Roux l'hiver dernier, lors de la victoire des Bleus à Cardiff Icon Sport - Icon Sport
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Cette semaine, Midol inaugure une nouvelle rubrique intitulée « Dis moi qui tu es ». Elle a pour vocation de faire découvrir au grand public le jardin secret des Tricolores. Aujourd'hui, c'est Fickou , le trois-quarts centre des Bleus et du Stade français, qui se prête au jeu !

Quel est votre surnom ?

Il en y a plusieurs : « Gaws », « Gatchou »...

Quel était votre rêve d'enfant ? Pompier ? Archéologue ? Astronaute ?

Non, je voulais être footballeur professionnel. J'ai d'ailleurs démarré par ce sport, je jouais défenseur central et ne me débrouillais pas trop mal (sélectionné avec l'équipe départementale du Var, il eut même des contacts avec les clubs professionnels de Monaco et Sochaux, N.D.L.R.). Mes idoles s'appelaient Patrick Vieira (Arsenal) ou, plus près de nous, Sergio Ramos (Real de Madrid). Et puis, j'ai découvert le rugby...

Votre plus grosse « connerie » d'enfant ?

Petit, je vivais au premier étage d'une cité (à la Seyne-sur-Mer, dans le Var, N.D.L.R.). Un jour, j'ai voulu escalader un mur pour rentrer chez moi et je suis violemment tombé sur la tête. (il se marre) J'étais bien ouvert et mes parents ont eu très peur : ils m'ont conduit à l'hôpital, assez furieux …

Quel est le livre vous ayant le plus marqué ?

De base, je ne suis pas très « lecture ». Mais il y a quelques temps, j'ai dévoré un bouquin de Christian Ramos, l'ancien préparateur mental du XV de France (« Apprendre à gagner ? », aux éditions Mental Plus, N.D.L.R.). Ça m'a apporté beaucoup de choses dans la façon d'aborder mes matchs. Ça m'a appris à prévisualiser mentalement les événements à venir ou gérer le rebond, après une lourde défaite...

Gaël Fickou à Cardiff, ici avec Demba Bamba
Gaël Fickou à Cardiff, ici avec Demba Bamba PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport

Quel est le jeu vidéo auquel vous jouez le plus ?

Fifa (un jeu de football, N.D.L.R.), forcément... Je joue toujours avec Liverpool puisque mon idole, au foot, se nomme Sadio Mané (l'attaquant sénégalais des Reds, N.D.L.R.).

Qui fut votre plus rugueux adversaire, à Fifa ?

Florian Fritz (ancien trois-quarts centre du Stade toulousain et de l'équipe de France, N.D.L.R.) était très doué. Et vu qu'il est vieux (36 ans), j'avais toujours assez honte de perdre contre lui...

Quel est votre plus gros « craquage » ?

J'ai toujours été fasciné par les Ford Mustang, ces voitures que je voyais dans de nombreux films américains, quand j'étais jeune. Je ne suis pas vraiment dépensier mais il y a quelques mois, j'ai donc voulu me faire plaisir et en ai acheté une, d'occasion. Mais bon... Elle dort dans le parking de la maison, je ne m'en sers jamais... Conduire à Paris, c'est un enfer, hein... (rires)

Quel est le témoignage de fan que vous n'oublierez jamais ?

J'ai traversé, avec l'équipe de France, de très mauvaises périodes et j'espère que ça n'arrivera plus. Alors, le jour où on est arrivé à l'aéroport de Cardiff (février 2020) et qu'une grosse centaine de supporters nous attendait pour nous faire une haie d'honneur, j'en ai eu des frissons. Je me disais : « On est peut-être en train d'entrevoir la lumière, qui sait... »

Avez-vous une phobie ?

J'ai peur des profondeurs. Il m'est arrivé, en Guadeloupe ou en Méditerranée, de nager au grand large. Je ne suis pas à l'aise. Parce que je ne maîtrise plus rien. Et ça me fait peur, ouai...

Quel est le fait d'actualité vous ayant le plus marqué ?

Des horreurs, il y en a beaucoup en ce moment... L'histoire de Victorine, la jeune fille assassinée dans le Sud-Est de la France, m'a par exemple beaucoup marqué...

Avez-vous des rituels avant un match de rugby ?

Je suis très superstitieux, oui. Et je reproduis toujours le même rituel, avant un match : j'ai la même façon de faire le strap, je mets la chaussette gauche avant la droite, plein de trucs comme ça, quoi...

Quel est votre film culte ?

« Le Loup de Wall Street », avec Leonardo DiCaprio. Il y a une bonne leçon à apprendre de cette histoire : en partant de très bas, tu peux grimper très vite mais la chute peut parfois faire très mal... A la fin du film, DiCaprio se perd dans beaucoup de choses qui lui sont nocives. Ce genre de destin existe aussi dans le sport : arrivé en haut, le plus dur est probablement de savoir trouver un équilibre...

Vous souvenez-vous de votre premier flirt ?

Oula... C'était il y a très longtemps, je ne veux pas trop l'afficher... (rires) J'étais très jeune, il faut dire... […] Vous savez, j'ai grandi avec des gens plus âgés que moi : mon frère à quatre ans de plus, j'allais en soirée avec lui et « tout ça », je l'ai donc connu très tôt. Plus tôt que beaucoup de personnes, je pense. (rires)

Exceptée votre compagne, avec qui aimeriez-vous être bloqué dans un ascenseur ?

Margot Robbie, l'actrice australienne du « Loup de Wall Street », justement. Je suis dingue d'elle.

Etes-vous religieux ?

Je suis chrétien, oui. La foi me permet de m'aérer l'esprit ; de m'offrir un cadre et des valeurs, aussi.

Lisez-vous, écoutez-vous ou regardez-vous tout ce qui se dit sur vous ?

Quand j'étais plus jeune, oui. Maintenant, plus du tout. Les gens qui vous jugent ne sont pas tous des experts en la matière. […] Entre un mec qui a réalisé trente plaquages et l'autre qui a fait une percée, on ne retient que le mec ayant couru vingt mètres. L'autre a pourtant davantage travaillé pour l'équipe...

Quel est l'endroit sur terre où vous vous sentez le mieux ?

Mon père est Sénégalais, il est originaire de Casamance ; j'adore partir en famille dans le pays où il est né. C'est l'endroit sur terre où je me sens le plus épanoui, le lieu où je dors le mieux, je ne sais pas vraiment pourquoi... Le Sénégal me fait aussi songer que parfois, nous manquons de lucidité sur notre vie de tous les jours, en Europe. Nous sommes de vrais privilégiés et avons tendance à l'oublier. […] Ici, on peut parfois penser que tout nous est dû. On est chouchouté, dorloté. Il y a toujours quelqu'un pour nous écouter. Les choses sont tellement différentes, ailleurs...

Gaël Fickou et Teddy Thomas, l'un de ses meilleurs amis dans le monde du rugby.
Gaël Fickou et Teddy Thomas, l'un de ses meilleurs amis dans le monde du rugby. Icon Sport - Icon Sport

Vous a-t-on déjà confondu avec quelqu'un ?

Oui ! Des gens me prennent parfois pour Kylian Mbappé, d'autres pour Olivier Rousteing (un styliste français, proche des Kardashian, N.D.L.R.). J'ai les cheveux rasés, je suis métis, ça doit être ça...

Quel est votre plus grand moment de honte ?

Je me revois lors des séances de bizutages, au Pole Espoirs de Hyères (Var) : quand ta petite amie te voit en slip avec un cinq mecs autour de toi dans la cour du lycée, tu n'es pas forcément très à l'aise... Ce n'est pas très valorisant, quoi... […] Les gens vont me penser méchant mais je suis moi aussi devenu « bizuteur », l'année suivante : j'ai fait danser des gens à poil dans la cour, des trucs comme ça...

Si vous étiez président de la République, que changeriez-vous ?

On critique beaucoup trop le système, en France . J'ai des potes argentins pour qui la vie est plus dure, beaucoup plus dure... […] Si j'étais président, je baisserais néanmoins les taxes sur les grandes entreprises, pour les inciter à rester en France et relancer l'emploi.

Et si vous deviez participer à une émission de téléréalité, quelle serait-elle ?

« Les Marseillais », bien sûr ! Au moins, il y a de la compétition dans cette émission : des mecs de Marseille luttent contre des mecs de divers horizons, font des « battle » pour gagner des trucs, une coupe... Quand j'ai le temps et que j'ai rien à foutre, c'est ce que je regarde.

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