Le chaud et le froid

  • Fabien Galthié (sélectionneur des Bleus)
    Fabien Galthié (sélectionneur des Bleus) Icon Sport - Icon Sport
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L'édito de Léo Faure... D’un rugby à l’autre, du sommet de la pyramide à sa base, la semaine souffle le chaud et le froid. Le très chaud, d’abord. Après deux mois de passes d’arme institutionnelles au sujet du XV de France, les trente-et-un meilleurs joueurs français du moment se sont finalement retrouvés à Marcoussis, dimanche soir puis lundi matin. La fin d’un feuilleton judiciaire, le début d’un feuilleton sportif qui remet du sourire sur ce temps. C’est tant mieux.

Ce premier match face au pays de Galles est un bel amuse-gueule pour un automne qui sera riche de six matchs. Une première. L’adversaire est de premier plan mondial, que les Bleus avaient battu chez lui il y a huit mois sur ses terres pour ce qui est, à cette heure, le pic émotionnel de l’ère Galthié naissante. Le XV du poireau viendra à Paris pour se tester, avant de conclure lui aussi son Tournoi des 6 Nations 2020. Il viendra aussi assouvir une envie de revanche dont il ne manque jamais de se nourrir. Rien que pour cela, le test est réel et la rencontre vaudra de s’installer dans son canapé samedi soir, à défaut de stade, et d’observer ce que ces Bleus ont gardé dans le ventre du très haut niveau cher à leur sélectionneur.

Galthié, justement, prend le rendez-vous très au sérieux, sans le plomber de son caractère amical. Contraint par la réglementation mouvante de faire de la rotation forcée, durant cette fenêtre automnale, il grillera ses plus belles cartouches sans plus attendre. Les Bleus ont besoin de jouer, de se retrouver, de vivre à nouveau ces instants de communion et de souffrir ensemble. C’est ici qu’on apprend et c’est justement ce qui leur sera proposé, samedi. Toutes les expériences, dans ce contexte de construction collective, sont bonnes à prendre. Et le maintien par Galthié de son équipe du Tournoi ne dit pas autre chose. Il veut éprouver son collectif, dans la victoire comme la défaite. L’heure des choix et de la rotation, qui seront imposés, attendra.

Si cette perspective internationale et tous les enseignements qui en découleront sont réconfortants, la semaine du rugby français a aussi fait ajourer d’autres nouvelles, bien moins réjouissantes. Le froid vient de là. Au sujet des amateurs, là où ce sport vit au quotidien, c’est l’idée d’une saison déjà suspendue qui est débattue. Au contrecœur, sans calcul mais sans solution viable à opposer. Passé le choc du confinement qui trancha la tête de la saison 2020, le Covid-19 ronge désormais les divisions amateurs de l’intérieur. Et l’exercice 2021 est à son tour menacé.

On ne pouvait déjà pas accueillir de public, pour faire rentrer trois sous dans les caisses. On ne pouvait plus prendre de douche, en suivant les matchs, pour ce qui apparaît être le minimum syndical. Voilà qu’on ne peut plus rentrer après 21 heures le dimanche, depuis le couvre-feu, ni s’entraîner les soirs de semaine. Le problème devient inextricable. Si les conditions minimales de jeu ne sont plus réunies, faut-il continuer ? En 2020, quand les Bleus sortent d’hibernation, ceux qu’ils incarnent craignent de plonger à nouveau dans le noir. Vivement 2021.

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