Oui au couvre-feu, non à l’absence de vestiaires

  • Les joueurs du Toulouse Electrogaz Club, lors du déplacement à Saint-Jory, se sont lavés sur le bord de terrain faute de vestiaires...
    Les joueurs du Toulouse Electrogaz Club, lors du déplacement à Saint-Jory, se sont lavés sur le bord de terrain faute de vestiaires... - Mélody Cazes
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Si les clubs toulousains se sont adaptés pour vivre au rythme du couvre-feu, ils réclament une réouverture des vestiaires. Sans quoi, ils pourraient ne pas pouvoir poursuivre la saison…

Dans la métropole toulousaine comme dans plusieurs autres métropoles, les clubs vivent au rythme des annonces du gouvernement et des préfets. La dernière ? L’instauration du couvre-feu qui oblige présidents, entraîneurs et joueurs à s’adapter. "Premièrement, nous avons décalé les horaires des entraînements, raconte Olivier Sahuque, président du RC de la Saudrune (Fédérale 3, poule 8). Seulement avec des séances qui débutent une heure plus tôt, soit à 19 heures au lieu de 20 heures, certains joueurs loupent le début de la séance à cause du boulot et de la circulation difficile du périphérique toulousain. Deuxièmement, il va falloir que l’on se penche sur la question de nos matchs à l’extérieur. Notamment pour le déplacement à Rivesaltes à côté de Perpignan (le 22 novembre, N.D.L.R), nous n’avons pas trop de perspectives… Le retour était prévu vers 21 h 30. Nous allons demander à avancer le match et nous comptons sur la bonne compréhension de nos hôtes…"

Quel avenir pour les jeunes ?

Du côté de Ligue Occitanie, le président Alain Doucet a envoyé une lettre ouverte aux préfets. Il s’explique : "Nous sommes des dirigeants conscients et responsables ! On ne comprend pas les décisions d’interdire les vestiaires. Nous sommes dans le ridicule. Comment expliquer à des joueurs qui transpirent, qui sont en contact pendant 80 minutes qu’ils ne peuvent pas se doucher ? Cela relève de l’hygiène : après un effort physique, on se lave, point ! Je ne dis pas qu’il faut que tous les joueurs aillent se laver tous ensemble en même temps mais pourquoi ne pas faire des groupes de 5. Il y a des solutions quand même." Les joueurs du Toulouse Electrogaz Club (Promotion Honneur) ont par exemple décidé de se doucher au tuyau sur le bord de la pelouse lors du déplacement à Saint-Jory. La photo a, depuis, fait le tour des réseaux sociaux. Le coprésident du TEC, Philippe Bapt revient sur l’épisode : "On fait le buzz dans toute la France sous un angle rigolo. Mais ce n’était pas le but ! Il faut bien se rendre compte qu’on prive des joueurs de se laver après un effort, ce n’est pas rien ! Il faut arrêter de prendre nos bénévoles pour des moins que rien. Nous sommes capables de nous gérer, nous sommes responsables. S’il faut désinfecter les vestiaires après chaque passage, on le fera. Il faut valoriser le rôle du bénévole !" Des bénévoles qui font énormément d’efforts dans les clubs. Ils viennent plus tôt pour installer des barnums pour se changer et partent plus tard pour les démonter par exemple comme du côté de La Saudrune ou de Quint-Fonsegrives. "Ils font un travail formidable, souligne le vice-président du RCQF Georges Soler. Mais ça devient un boulot à plein temps pour nous dirigeants !"

Alors quelles solutions ? Tous sont unanimes : il faut rouvrir les vestiaires par petits groupes, ou sinon le rugby amateur ne pourra pas continuer… "Faut-il arrêter le rugby amateur ? Si nous faisons ça, on se suicide. Certains clubs ne rouvriront jamais, mais les transporteurs aussi vont en prendre un coup au niveau de leur chiffre d’affaires, les traiteurs qui préparent les repas également, etc. Sans parler des jeunes pour qui le rugby est un défouloir, qui sont encadrés, éduqués par des bénévoles les mercredis, les samedis après-midi… Que vont devenir ces 70 000 gamins ?" conclut Alain Doucet.

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