Irlande : la menace aérienne

  • Très sollicitée dans le jeu aérien la semaine dernière par le pays de Galles, l’arrière-garde du XV de France avait globalement failli dans ce secteur. Elle aura de nouveau fort à faire ce samedi, face à l’Irlande, où Jonathan Sexton et Conor Murray n’ont pas leur pareil pour distiller les jeux au pied de pression.
    Très sollicitée dans le jeu aérien la semaine dernière par le pays de Galles, l’arrière-garde du XV de France avait globalement failli dans ce secteur. Elle aura de nouveau fort à faire ce samedi, face à l’Irlande, où Jonathan Sexton et Conor Murray n’ont pas leur pareil pour distiller les jeux au pied de pression. Icon Sport - Icon Sport
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Insuffisamment performants dans le secteur des duels aériens la semaine dernière face au pays de Galles, les Tricolores ont indirectement offert aux Irlandais des opportunités stratégiques susceptibles de faire leur jeu. de quoi se préparer à un bombardement en règle sur la pelouse du Stade de France…

Il s’agissait du principal chantier qui attendait les Bleus cette semaine, pour la simple et bonne raison que ce secteur était celui par lequel les Gallois réussirent tant bien que mal à se raccrocher aux branches la semaine dernière, lorsqu’ils se trouvaient sans solutions face à la rush défense du XV de France. On veut parler ici, bien évidemment, d’un nombre de duels aériens perdus beaucoup trop important, liés à une couverture du fond du terrain relativement défaillante et qui permit aux Gallois de trouver à plusieurs reprises des espaces libres dans le troisième rideau tricolore. Forcément une piste que cherchera à explorer la charnière irlandaise Murray-Sexton, qui n’a peut-être pas son pareil au monde pour placer l’adversaire sous pression, jusqu’à le faire craquer…

Le constat chiffré se veut en effet sans appel. Lors des seize duels aériens défensifs qu’ils ont eus à négocier, les Tricolores ne se sont emparés proprement du ballon qu’à trois reprises, concédant même par le biais de Greg Alldritt un en-avant synonyme de ballon d’essai pour les Gallois sur le coup d’envoi de la rencontre. Un déchet beaucoup trop important pour ne pas être exploité par les Irlandais, véritables maîtres dans ce secteur.

Fickou plutôt que Retière au nom de la sécurité

Alors, même si Teddy Thomas (toujours copieusement bombardé par Sexton lorsqu’il se trouve aligné face à l’Irlande) ne sera pas de la partie, on peut néanmoins s’attendre à ce que les Irlandais n’abandonnent pas si facilement une option si tentante, face au déficit d’organisation des Bleus contre le pays de Galles… C’est en grande partie en fonction de ce raisonnement que Fabien Galthié a finalement choisi de "sacrifier" Gaël Fickou (qui a toujours répondu présent lorsqu’il lui fut demandé de se décaler) en le décalant au poste d’ailier, préféré au novice Arthur Retière qui, du haut de son mètre 70, n’a jamais vraiment été réputé pour son adresse dans les duels aériens…

Mais au-delà des hommes, qu’est-ce qui a tant cloché, au juste, le week-end dernier ? Oh, rien qu’une multitude de petits détails, qui font, mis côte à côte, toute la différence au plus haut niveau. Disons, pour faire simple, que la courte semaine de travail du XV de France n’avait probablement pas permis de tout revoir, et que la transition des systèmes de clubs à celui des Bleus n’a évidemment pas été immédiate. Ainsi, s’il s’est avéré plutôt à l’aise dans sa conduite du jeu, Romain Ntamack a semblé un peu moins à l’aise dans ses replis en troisième rideau, rôle qui lui est dévolu avec le XV de France lorsque les Bleus occupent la moitié du terrain adverse, dans lequel il s’est quelquefois "oublié" ou a accusé quelques retards de placement. Alors, ajoutez à cela quelques inhabituelles maladresses de la part d’Anthony Bouthier (lequel, victime d’une légère commotion cérébrale, ne s’est pas entraîné de la semaine) ou Greg Alldritt, et l’impression de désorganisation s’en est forcément amplifiée, qu’il s’agira de régler collectivement samedi soir…

"Escortes" à revoir

En effet (et probablement toujours en raison du faible temps de travail en commun de la semaine dernière), leurs coéquipiers n’ont pas vraiment aidé les Bouthier, Ntamack et compagnie à évoluer dans la sérénité en faillissant dans leur rôle "d’escortes" cher à Fabien Galthié. Ces escortes ? Elles consistent tout simplement, pour les joueurs placés dans le premier rideau, à accompagner les "chasseurs" adverses en les gênant dans leurs courses, sans pour autant se rendre coupable d’obstruction en se bloquant ou en changeant brutalement de ligne de course. Un "art" que les Irlandais maîtrisent en revanche à la perfection, qui permet d’offrir aux joueurs du fond de terrain un confort supplémentaire au moment de récupérer le ballon sous pression. Forcément un secteur que les Bleus auront révisé cette semaine, tant une victoire face au XV du Trèfle passera nécessairement par répondre présent sous la mitraille…

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