Vannes surfe sur la vague

  • Pierre Popelin (Vannes)
    Pierre Popelin (Vannes) Icon Sport - Icon Sport
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Les Vannetais, insubmersibles, infligent à des Neversois translucides leur deuxième défaite consécutive à domicile. Une performance qui confirme la très belle forme des Bretons.

A la veille d’Halloween, l’USO Nevers Rugby a vécu un cauchemar à huis clos, en s’effondrant sur sa pelouse face à une équipe de Vannes confortablement installée sur la proue du championnat. Oubliées les deux premières victoires bonifiées à la maison, enterrées les ambitions d’invincibilité au Pré-Fleuri : les Neversois encaissent une seconde défaite à domicile, après celle arrachée par Perpignan mi-octobre, qui plombe un peu plus un bloc de matchs aussi chaleureux qu’un marbre funéraire – trois défaites, une victoire, cinq points maigrelets.

Au-delà du résultat, forcément préoccupant à défaut d’être rédhibitoire, c’est la manière qui interroge. Face à ces deux adversaires directs pour les phases finales, les joueurs de Xavier Péméja se sont montrés solides et cohérents pendant 40 minutes avant de se liquéfier sous la pression. « En seconde période, on ressemblait à une équipe qui vient de monter en Pro D2 et qui joue le maintien, peste le manager de l’USON. On n’a pas eu de folie, pas de bave, on a été des gentils garçons. Et on a pris une leçon par une équipe qui n’a jamais lâché. On a subi, on s’est laissé faire, et c’est ce qui me crispe le plus. »

« Plus facile d’être serein en haut du tableau »

Symptômes de cette absence de révolte, les trois essais encaissés pendant les vingt minutes à 14 ont du mal à passer dans la gorge de Xavier Péméja : « On juge une équipe à son comportement en infériorité numérique. J’ai l’impression que les joueurs se contentent d’être sur la feuille de match. Il n’y a pas de solidarité, pas d’agressivité. On plie et on accepte de plier, c’est ça le pire. »

Si le pack du néocapitaine Frank Bradshaw a été fidèle à sa réputation sur les ballons portés (deux essais), il a été malmené comme rarement en mêlée, concédant une demi-douzaine de pénalités à des Vannetais fiers de la performance. « C’est notre meilleure performance cette année dans ce secteur, alors qu’on n’a pas un gros pack, apprécie le manager breton, Jean-Noël Spitzer. Les joueurs ont eu la bonne agressivité et ils ont pris l’ascendant. » À ses côtés, le deuxième ligne Rémi Picquette rayonne : « On fait un gros travail collectif sur la mêlée depuis le début de la saison. On s’attendait à un gros combat, et on a relevé le défi. »

Cette sixième victoire consécutive, la troisième à l’extérieur, place provisoirement le RC Vannes en tête d’un championnat au classement brouillé par les reports de match : « On était venus avec l’ambition de se jauger face à une équipe qui veut jouer le top 6 », savoure le demi d’ouverture Pierre Popelin avec ses premières gorgées de bière. Jamais son équipe n’a semblé s’affoler, même lorsque Nevers est repassé en tête avant l’heure de jeu : « C’est plus facile d’être serein quand on est en haut du tableau. La confiance est dans les têtes, et on garde un état d’esprit qui fait notre force à l’extérieur. »

Sébastien Chabard
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