Au centre du Racing, c'était « Klemenczakatawa » !

  • Olivier Klemenczak a réalisé une action de classe face à Pau.
    Olivier Klemenczak a réalisé une action de classe face à Pau. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Renvoyé dans son club après avoir joué pendant deux semaines le rôle de sparring-partner chez les Bleus, l’ancien dacquois s’est avéré la parfaite doublure de Virimi Vakatawa. Au point de faire d’ores et déjà figure de candidat pour le même rôle, à l’échelon supérieur...

C’était, comme lors de chaque week-end de doublon, la thématique de la soirée. À savoir qui allait bien pouvoir endosser le costume de héros pour assurer la victoire, en l’absence des internationaux patentés ? À ce titre, l’évidence aurait bien sûr été de relever l’étonnante performance au lancer d’Eddy Ben Arous, septième talonneur dans la hiérarchie du club ciel et blanc, en l’absence de Camille Chat et Teddy Baubigny. Plus original, on aurait également pu relever la belle partie de Luke Jones, en remplacement de Bernard Le Roux, ou plus convenu, la vista et les belles prises d’initiative d’Antoine Gibert à l’ouverture, dont la faculté à trouver des solutions dans le dos de la défense par l’entremise de son pied gauche rappelle en bien des endroits les fulgurances de Finn Russell.

Toutefois, in fine, il semble que le rôle de la meilleure doublure du joueur international soit un futur international lui-même. On veut parler ici de l’ancien Dacquois Olivier Klemenczak, non retenu cette semaine dans le groupe élargi de Fabien Galthié pour laisser place au Parisien Julien Delbouis, qui a pratiquement fait oublier Virimi Vakatawa ce samedi.

Une gageure ? Eh oui, quand même ! Parce que Klemenczak est plus habituellement présenté comme le complément parfait de Vakatawa que sa « doublure » profil pour profil. Et pourtant, aux côtés d’un Henry Chavancy toujours aussi exemplaire et agressif en défense, Klemenczak s’est, face à Pau, parfaitement acquitté de la tâche de « facteur X » ordinairement dévolue à Vakatawa. Le meilleur exemple ? Il réside évidemment dans son essai personnel, à la réception de la diagonale au pied d’Antoine Gibert. « Je m’écarte pour prendre la largeur et c’est un super geste d’Antoine qui fait la différence, contait après coup Klemenczak. Quand on est sur une phase de jeu où on avance, c’est toujours plus facile… »

 

Cadrage-débordement d’école

Mais encore fallait-il avoir le talent pour conclure et ça, l’ancien Dacquois ne le dira pas, humilité oblige. Parce qu’au vrai, c’est par le biais d’une merveille de cadrage-débordement, dans un pur classicisme que n’aurait pas renié André Boniface, que le Landais élimina Antoine Hastoy en un contre un dans le couloir des 5 mètres. Ballon sous le bras droit, feinte de crochet intérieur, reprise d’appui pied droit orné d’un changement de main pour mieux préparer un éventuel raffût…

Bref, c’est tout bonnement le cad’déb’ parfait qu’a réalisé le centre francilien pour pointer le premier essai du match, qu’on engage tous les éducateurs d’école de rugby de France et de Navarre à montrer à leurs ouailles, lorsque sonnera l’heure du prochain déconfinement.

Toutefois, ce seul exploit individuel ne saurait suffire à justifier cet article. Lequel ne trouve en réalité sa raison d’être qu’au travers du second essai du Racing sur lequel Klemenczak joua un rôle beaucoup moins télégénique mais tout aussi essentiel…

Olivier Klemenczak va peut-être fêter sa première cape en Bleu cet automne.
Olivier Klemenczak va peut-être fêter sa première cape en Bleu cet automne. Icon Sport - Icon Sport

 

Course rentrante, charge gagnante

En effet, l’action était loin d’être gagnée, lorsque Nolan Le Garrec éjecta le ballon d’un maul bien construit mais peu efficace puisque n’ayant pas gagné le moindre mètre malgré le renfort de Chavancy. Car c’est bien en situation d’infériorité numérique que les trois-quarts franciliens se voyaient contraints d’utiliser ce ballon tout sauf évident.

Et pourtant, grâce à un angle de course rentrant, calqué sur ceux qu’utilise habituellement Vakatawa, c’est bien Klemenczak qui permit aux siens de gagner la ligne d’avantage, en résistant au double plaquage de Samuel Marques et Hugo Bonneval. Une intervention décisive qui permit au Racing de jouer dans l’avancée, et à Le Garrec de libérer Sanconnie pour le relais gagnant.

De quoi légitimer sa convocation pour le XV de France que d’aucuns avaient mis en doute après la réception de Toulouse, où le duo Holmes-Ntamack lui avait causé de gros soucis en défense. Et de s’assurer que, dans l’optique de la grande revue d’effectif prévue par Fabien Galthié face à l’écosse et l’Italie, le poulain de Laurent Labit devrait très rapidement se voir offrir une chance, à l’instant - tiens donc - de trouver une doublure en Bleu à Vakatawa…

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