Usap - Béziers, un derby sans âme

  • En grand habitué d’Aimé-Giral, un stade dans lequel il évolue depuis onze ans, Tom Ecochard va découvrir le silence d’un huis clos. En grand habitué d’Aimé-Giral, un stade dans lequel il évolue depuis onze ans, Tom Ecochard va découvrir le silence d’un huis clos.
    En grand habitué d’Aimé-Giral, un stade dans lequel il évolue depuis onze ans, Tom Ecochard va découvrir le silence d’un huis clos. Midi Olympique - Stéphanie Biscaye
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Pour la première fois de leur histoire, samedi, Perpignan et Béziers vont s’affronter dans un stade vide. Privé de supporteurs, ce derby si souvent explosif n’aura pas la même saveur.

"Aimé-Giral sans son public, ce n’est pas tout à fait la même chose. On s’est toujours servi de lui pour se transcender. C’est l’une des plus belles ambiances du championnat. Forcément, à huis clos, ce ne sera pas pareil." Avec le troisième ligne Karl Chateau, Tom Écochard est le joueur qui a disputé le plus de matchs à Aimé-Giral au sein de l’effectif sang et or. Au club depuis 2009, le demi de mêlée a foulé à plus de quatre-vingts reprises la pelouse de la "Cathédrale" catalane. Si ses adducteurs le laissent tranquille (lire en page 15), samedi, le numéro 9 connaîtra son premier match à huis clos, comme l’ensemble de ses coéquipiers. Et ce à l’occasion du derby face à Béziers. Aimé-Giral sonnera creux ce week-end, ses 10 000 supporters et son ambiance singulière manqueront inévitablement. "Le plus beau dans les derbys, c’est la rencontre entre les deux publics ! Même si ce n’est pas souvent amical, ça ajoute du piment au match. J’ai souvenir du premier derby en Pro D2 avec 2 000 Biterrois qui avaient mis le feu à Aimé-Giral. Et puis les jours qui précèdent le derby, il y a d’habitude ce petit stress", confie Thomas, 26 ans et abonné à l’Usap pour la dix-neuvième saison consécutive. "Je n’ai raté que trois matchs à Aimé-Giral ! Il faut vraiment une catastrophe pour ne pas y aller, la neige, les inondations ou une épidémie mondiale (rires). C’est le premier derby auquel je n’assisterai pas", déplore ce passionné.

Béziers, dernier vainqueur à Aimé-Giral en Pro D2

Le vestiaire perpignanais appréhende tout autant ce retour à la compétition dans des conditions inédites, sur le terrain comme en tribunes. "On fait ce sport pour les valeurs qu’il véhicule, pour l’adrénaline qu’il procure, pour jouer devant ses supporters, pour leur faire plaisir, représenter une région. Il n’y a rien de mieux qu’une communion comme celle que l’on connaît quand on joue à Aimé-Giral devant son public. Mais c’est comme ça. Nous ne pouvons pas nous plaindre car nous avons la chance de continuer à faire notre métier. Je suis sûr que les supporters seront devant leur télé pour nous soutenir", confie Tom Écochard.

Samedi, contre Béziers, l’Usap aurait pourtant bien eu besoin de son public. Touchés par la covid-19 ces dernières semaines, les Catalans n’ont repris que tardivement les entraînements collectifs. La réception de l’ASBH, ce week-end, se présente avec son lot d’incertitudes. "Nous devons occulter cet aspect-là, il faut poursuivre notre série. Il ne faut pas se trouver d’excuses. C’est pour toutes les équipes pareil depuis le début de la saison", conclut le demi de mêlée usapiste.

Fort de six victoires de rang, Perpignan entend poursuivre sa dynamique et répondre au rythme imposé par Vannes et Oyonnax en haut du classement. Les hommes de Patrick Arlettaz restent surtout sur vingt-deux succès à Aimé-Giral en Pro D2. Le huis clos peut-il tout faire basculer ? D’autant que le dernier vainqueur en terres catalanes dans l’antichambre du rugby français n’est autre que Béziers, le 5 janvier 2018.

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Émilien VICENS
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