Van der Merwe, parcours atypique

  • Van der Merwe sera à surveiller face aux Bleus.
    Van der Merwe sera à surveiller face aux Bleus. PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
Publié le , mis à jour

Beaucoup le comparaient à Ken quand il circulait dans les couloirs du GGL Stadium. Chevelure dorée, des côtes de bœuf à la place des pectoraux, des bras à faire jalouser Jacques Du Plessis… Catégorie beau gosse. Physiquement, Duhan Van der Merwe (1,93 m, 100 kg) avait tout pour être le cliché du rugbyman effigie des Dieux du stade.

Barré par les Fidjiens Nadolo et Nagusa

Mais sur le terrain alors ? « Il était au-dessus, rapide, finisseur et costaud. Peut-être un peu trop d’ailleurs », se souvient Jean-Philippe Lacoste, ancien responsable du centre de formation du MHR. “Jean-Phi”, désormais en charge de la coordination des entraînements des jeunes et co-entraîneur des Espoirs, avait vu débarquer le grand blond et la troupe de Sud-Africains (Immelman, Van Resburg, Wright…) à la rentrée 2015, époque où Jake White avait les rênes de l’équipe première à Montpellier. « Au début c’était un peu compliqué avec lui, c’était un garçon un peu renfermé. Il a mis du temps à s’ouvrir », précise-t-il.

Un temps d’adaptation qui a déteint sur son épanouissement sportif. « Il avait le défaut de sa qualité, poursuit Lacoste. Il était un peu individualiste et c’était compliqué de l’intégrer dans le projet collectif, notamment en défense ». La concurrence à l’aile lui a été fatale. Le Sud-Africain payait son statut de non-Jiff (joueur issu de la formation française) à un poste où Timoci Nagusa et Nemani Nadolo étaient indéboulonnables.

Titulaire face aux Bleus

En deux saisons passées à Montpellier (2015-2017), malgré  des qualités évidentes, Van der Merwe n’a cumulé que quatre feuilles de match en pro, dont trois sur ses deux derniers mois avec le maillot héraultais. Suffisant pour taper dans l’œil des recruteurs écossais, qui surent se montrer généreux. « Edimbourg le pistait. Il lui proposait un salaire deux fois plus élevé et une possibilité d’être international écossais au bout de trois ans », précise “Jean-Phi” Lacoste. Promesse tenue. Trois saisons plus tard et après être devenu un indiscutable du club de la capitale écossaise, le voilà titulaire à l’aile du XV du Chardon à 25 ans. Il sera aligné contre la France dimanche (16 h 15). « Je ne suis pas surpris de le voir à ce niveau. C’est un marqueur-né, une arme fatale. Quand il a la ligne d’essai en point de mire, il voit rouge », conclut Lacoste. Les Bleus sont prévenus. Mais Paul Willemse, “Momo” Haouas et Arthur Vincent, ses ex-coéquipiers à Montpellier, ont sûrement déjà passé le message.

Paul Seidenbinder
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