Jalibert-Weir, l'improbable duel

  • Duel d'ouvreur inattendu entre l'Ecossais Duncan Weir et le Français Matthieu Jalibert
    Duel d'ouvreur inattendu entre l'Ecossais Duncan Weir et le Français Matthieu Jalibert PA Images / Icon Sport
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Alors que des joueurs comme Romain Ntamack côté français, et Finn Russell ou Adam Hastings côté écossais sont absents, le match dans le match entre les deux ouvreurs est assez inattendu. Le Bordelais Matthieu Jalibert, qui sera titulaire avec les Bleus pour la première fois, fera face à Duncan Weir, qui avait complètement disparu des radars.

Romain Ntamack et Finn Russell sont décidément les maudits des Écosse-France cette année. En mars dernier, le Toulousain avait dû quitter la pelouse de Murrayfield après seulement huit minutes de jeu en raison d'un choc quand le Racingman était alors écarté, pour raisons extrasportives, du XV du Chardon. Huit mois après, les deux chefs d'orchestre manquent de nouveau à l'appel à Édimbourg en raison de récentes blessures. Le malheur des uns offre des opportunités à d'autres.

Côté tricolore, Matthieu Jalibert, 22 ans, va se voir offrir une nouvelle chance dans le XV de départ pour sa deuxième titularisation en Bleu, seulement, près de trois ans après sa première cape contre l'Irlande, dans le Tournoi 2018. Jusqu'à présent, le Bordelais n'a pas été en mesure de donner la pleine mesure de son potentiel en sélection. Ce rendez-vous marque un tournant dans sa carrière internationale.

Pour son opposant du jour, Duncan Weir, aussi, l'occasion paraît précieuse. Numéro 3 dans la hiérarchie, le joueur de Worcester, 29 ans, effectue un retour pour le moins inattendu. La prestation des deux ouvreurs sera scrutée à plus d'un titre. Et comme très souvent à ce poste, elle sera à coup sûr décisive.

Jalibert, un cap à franchir

Dimanche, Matthieu Jalibert va retrouver le maillot bleu, huit mois après sa dernière apparition, à Murrayfield, justement. Ce jour-là, il avait eu 72 minutes pour s'exprimer. Il avait déçu dans l'ensemble, la faute à des erreurs en défense et à quelques choix malheureux en attaque. Lui-même l'avait reconnu après coup. Le Bordelais parviendra-t-il à se racheter pour son retour en Écosse ? Surtout, va-t-il enfin laisser parler son talent sur la scène internationale ? Jusqu'à présent, il n'en a guère eu l'occasion : en cinq capes, il a dû se contenter de 129 minutes, dans l'ombre du désormais incontesté Romain Ntamack.

Le Girondin possède de nombreux atouts, à commencer par sa vitesse et son flair offensif. Il en fait étalage chaque semaine ou presque, à la baguette de l'UBB. Mais il peut aussi se montrer perfectible dans la gestion des moments clés d'une partie. Aux côtés d'Antoine Dupont, il aura beaucoup à prouver ce dimanche, vis-à-vis du grand public comme de ses entraîneurs. Et ce même si la responsabilité du tir au but va incomber à Thomas Ramos. Pour ne pas compromettre la suite de sa carrière en sélection, Matthieu Jalibert sait ce qu'il lui reste à accomplir : une prestation référence en Bleu, avec de la maîtrise et de l'audace. C'est la loi du très haut niveau.

Weir, l'occasion inespérée

Avant la rencontre de samedi dernier à Rome, on n'avait plus vu Duncan Weir avec le numéro 10 de l’Écosse dans le dos depuis... le 3 octobre 2015 et un match du Mondial britannique face à l'Afrique du Sud. Choix numéro 1 du sélectionneur en 2013 et 2014, l'ouvreur, alors joueur de Glasgow, a ensuite subi de plein fouet l'émergence de Finn Russell et l'éclosion d'Adam Hastings. Ces derniers temps, il paraissait loin, très loin de ses concurrents. Mais à la faveur de blessures, l'actuel maître à jouer de Worcester, en Angleterre, est revenu au premier plan. Lui, l'ancien symbole d'une sélection impuissante, sans grande inspiration non plus, veut montrer qu'il a mûri dans son jeu. "Il doit cette nouvelle sélection à son caractère.

Le fait de jouer dans de nouveaux environnements, pour plusieurs entraîneurs combinés à la maturité lui ont beaucoup servi", a déclaré à son sujet Gregor Townsend, son sélectionneur et ancien ouvreur. S'il ne possède pas le talent d'un Russell ou la classe d'un Hastings et s'il a peu de chances de bousculer la hiérarchie, Duncan Weir, dans un style plus classique, n'était sa nouvelle coupe de cheveux, entend prouver sa valeur sur la scène internationale. Mieux vaut tard que jamais... En contribuant à un succès face à ce XV de France à Murrayfield, il ajouterait une sacrée ligne à son tableau d'honneur.

Vincent Bissonnet
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