Le rideau de fer de l’Usap

  • Alban Roussel, George Tilsley, Lucas Dubois et Piula Fa’asalele peuvent être fiers de leur coup en terres bretonnes.
    Alban Roussel, George Tilsley, Lucas Dubois et Piula Fa’asalele peuvent être fiers de leur coup en terres bretonnes. - Bruno Perrel
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Menée au score de la 6e à la 79e minute, l’USAP a réussi à faire plier le RCV dans son antre de la Rabine. Ce, en s’appuyant uniquement sur un jeu d’avants et sur la patte magique de Jaminet.

Les savants de la chose rugby ont toujours dit que le jeu commençait devant. Mais ils n’ont jamais dit qu’il devait aussi s’arrêter là. En vérité, ce devait être un sommet entre Vannes (leader) et Perpignan (3e), lequel devait accoucher de fantasme et de rêve. Mais la montagne, n’a finalement accouché que d’une souris. Dans ce contexte en effet, seule la victoire aura été belle. Patrick Arlettaz a parfaitement raison de dire qu’au final, c’est le résultat qui compte. Ça, c’est le reflet du miroir. Mais derrière le tain, se cachait une réalité qui s’est perdue dans les limbes de la rhétorique mathématique. « Nous n’avons pas livré notre meilleur match. Nos sorties de camp ont été plus que hasardeuses », expliquait Jean-Noël Spitzer. Et d’ajouter que son équipe avait « raté quelques opportunités, celles qui auraient pu nous permettre de faire la différence. Nous n’avons pas fait le job pour nous mettre à l’abri ». Ce n’est pas faux. D’autant que les Perpignanais, piégés par Béziers huit jours plus tôt, ont eu tôt fait d’axer leur jeu sur le combat de devant, s’appuyant ensuite sur la magie du pied d’un Melvyn Jaminet en état de grâce. La fin justifiait-elle ces moyens ? Chacun appréciera et en tirera ses propres conclusions.

Frustration côté vannetais

Si public il y avait eu, celui-ci s’en serait retourné avec une grande frustration. Où étaient les lancements de jeu vers le large, les pénaltouches, les ballons portés, en fait tout ce qui fait l’attrait de ce jeu qui le rend parfois magique et enthousiasmant ? Les Vannetais ont osé, réussi deux fois à briser le premier rideau et à aller une fois en terre promise sur un ballon porté. Avec une forme de frilosité, l’Usap s’est contentée d’appuyer là où cela a fait mal. Sur le jeu au sol. Avec des arguments plus denses que ceux d’un RCV qui a tenu la comparaison pendant environ une heure. « La victoire ne s’est pas échappée sur la fin. Cela faisait un moment que nous étions sous pression », reconnaissait le boss breton. Pour son homologue, son équipe « a fait preuve de caractère, ce qui nous avait manqué face à Béziers où nous avions montré un très mauvais visage. Pas comme ce soir ou nous avons été plutôt dans la possession en seconde période ».

Ce n’est pas faux non plus. « C’est une grande fierté aujourd’hui de s’être imposé ici à Vannes, avec une équipe mieux organisée. Venir ici et gagner, c’est quelque chose qui compte vraiment à mes yeux et les joueurs avaient beaucoup de respect pour cette équipe de Vannes. Jusqu’à la pause, nous avons surtout parlé de contenu et pas de victoire. Nous y avons cru de plus en plus parce que nous avons montré un autre visage. Et, au final, c’est nous qui gagnons… » Sur un drop-goal salvateur de Thibault Suchier. Grâce lui soit rendue.

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Didier Le Pallec
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