1998, l'acte de naissance de Dominici

  • L’équipe championne de France 1998. Rang du haut, de gauche à droite, Max Guazzini (président), Laurent Pedrosa, Sylvain Marconnet, Marc Lièvremont, Philippe Gimbert, Serge Simon, Christophe Moni, Grant Ross, Cliff Mytton, Richard Pool-Jones, Christophe Juillet, Hervé Chaffardon, David Auradou, Olivier Roumat, Alexis Savigny (médecin). Rang du bas, de gauche à droite, Bernard Laporte (entraîneur), Ludovic Loustau, Diego Dominguez, Christophe Laussucq, Franck Comba, Vincent Moscato, Geoffrey Abadie, Arthur Gomes, Christophe Dominici, Emori Bolobolo. Ainsi débuta une épopée riche de cinq titres de champion de France dont celui-ci, le premier de l’ère moderne, face à Perpignan.
    L’équipe championne de France 1998. Rang du haut, de gauche à droite, Max Guazzini (président), Laurent Pedrosa, Sylvain Marconnet, Marc Lièvremont, Philippe Gimbert, Serge Simon, Christophe Moni, Grant Ross, Cliff Mytton, Richard Pool-Jones, Christophe Juillet, Hervé Chaffardon, David Auradou, Olivier Roumat, Alexis Savigny (médecin). Rang du bas, de gauche à droite, Bernard Laporte (entraîneur), Ludovic Loustau, Diego Dominguez, Christophe Laussucq, Franck Comba, Vincent Moscato, Geoffrey Abadie, Arthur Gomes, Christophe Dominici, Emori Bolobolo. Ainsi débuta une épopée riche de cinq titres de champion de France dont celui-ci, le premier de l’ère moderne, face à Perpignan. Photos Midi Olympique - Bernard Garcia
  • L’équipe championne de France 1998. Rang du haut, de gauche à droite, Max Guazzini (président), Laurent Pedrosa, Sylvain Marconnet, Marc Lièvremont, Philippe Gimbert, Serge Simon, Christophe Moni, Grant Ross, Cliff Mytton, Richard Pool-Jones, Christophe Juillet, Hervé Chaffardon, David Auradou, Olivier Roumat, Alexis Savigny (médecin). Rang du bas, de gauche à droite, Bernard Laporte (entraîneur), Ludovic Loustau, Diego Dominguez, Christophe Laussucq, Franck Comba, Vincent Moscato, Geoffrey Abadie, Arthur Gomes, Christophe Dominici, Emori Bolobolo. Ainsi débuta une épopée riche de cinq titres de champion de France dont celui-ci, le premier de l’ère moderne, face à Perpignan.
    L’équipe championne de France 1998. Rang du haut, de gauche à droite, Max Guazzini (président), Laurent Pedrosa, Sylvain Marconnet, Marc Lièvremont, Philippe Gimbert, Serge Simon, Christophe Moni, Grant Ross, Cliff Mytton, Richard Pool-Jones, Christophe Juillet, Hervé Chaffardon, David Auradou, Olivier Roumat, Alexis Savigny (médecin). Rang du bas, de gauche à droite, Bernard Laporte (entraîneur), Ludovic Loustau, Diego Dominguez, Christophe Laussucq, Franck Comba, Vincent Moscato, Geoffrey Abadie, Arthur Gomes, Christophe Dominici, Emori Bolobolo. Ainsi débuta une épopée riche de cinq titres de champion de France dont celui-ci, le premier de l’ère moderne, face à Perpignan. Photos Midi Olympique - Bernard Garcia
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Publié le , mis à jour

Ses débuts au stade français Avant de devenir une des légendes du rugby international, Christophe Dominici s’est construit une vie au Stade français, club au sein duquel il vivra onze saisons couronnées de cinq titres de champions de France. Souvenirs des prémices d’une histoire pas comme les autres.

Avant de basculer tragiquement mardi dernier, la vie de Christophe Dominici, sinueuse, accidentée, a pris de nombreux virages. Celui emprunté un jour du printemps 1997 a marqué à jamais son existence et l’a fait entrer dans la légende du sport français. L’histoire de celui qui est devenu international à 67 reprises reste chevillée à celle du Stade français, ce club auquel il a osé un jour frapper à la porte, avec le culot d’un minot du Sud-Est et la rage d’un jeune homme qui a fait des écueils dressés devant lui, une force. "Pour dire à quel point je ne savais pas qui était Christophe Dominici, c’est que je l’ai confondu avec Comba au début quand ils ont débarqué tous les deux chez moi", raconte Max Guazzini dans ces colonnes. Le club de la capitale vient de retrouver l’élite, son tout-puissant président veut lui redonner son lustre d’antan. Il veut des joueurs de caractère. Avec "Domi", il ne sera pas déçu.

"Quand on les a vus débarquer, lui et Franck Comba se souvient Christophe Laussucq, qu’est-ce qu’on s’est marré. C’était nos Marseillais à nous." "Ils avaient une pluie de bagouses aux doigts, la chemise ouverte, confirme David Auradou, l’ancien deuxième ligne. "Pour moi, jeune joueur, ajoute Sylvain Marconnet, c’était un gitan blanc, l’archétype du mec du Var qui parle fort avec un accent de fou. Surtout, avec Francky (Comba), c’étaient deux nains de jardin. Au début, j’ai cru à une erreur de casting dans ce rugby où il y avait aussi Cliff Mytton et Bolo-Bolo, deux armoires normandes."

À ses débuts dans la capitale, Christophe Dominici n’a pas l’aura des "rapetous", ni la réputation d’Olivier Roumat, déjà international. Il n’a pas les kilos non plus de ses adversaires dans un rugby qui devient de plus en plus bodybuildé. "Quand il arrive, c’est juste un bon ailier d’un club de Toulon en perdition, situe Laussucq. Mais c’est un mec bonnard, drôle. Il s’installe tranquillement dans le vestiaire." "Surtout, Domi s’impose par ses qualités de joueur, se souvient Christophe Moni qui l’a suivi depuis Toulon. Il nous a bluffés un match sur deux, il a débloqué les situations. Cette année-là, il n’est jamais passé à travers sur un gros match. Jamais." Son explosivité et son art de la feinte font qu’il se sort des situations les plus inextricables. Pour Moni, avec qui il jouait déjà en Taddéi, "Il est comme une boule de flipper." Une caractéristique qu’il doit à sa rage, son envie d’avancer coûte que coûte. Comme s’il avait un supplément d’énergie venu d’ailleurs. Sur un terrain, rien ne lui fait peur, ni ne peut l’arrêter. Auradou raconte : "Déjà à l’époque, si tu mettais Domi dans une pièce avec Bolobolo, qui devait faire 30 kg de plus que lui, et un steak, tout le monde savait que celui qui allait bouffer le steak, c’était Domi." "Il est né tueur dans l’âme, complète Marconnet. C’était une boule de nerfs parfois inarrêtable."

Génération de gagneurs

Dans la vie de ce groupe pas comme les autres, Domi est un moteur. Chaque instant de vie, il le croque, le dévore. Une partie de coinche ? Il veut la gagner. Une table de poker ? Il veut la liquider. "Bernard (Laporte) nous a même interdit de jouer au poker la veille des matchs, sourit Laussucq. Avec Domi, on pouvait faire nuit blanche pour ne rien lâcher. C’était un compétiteur dans tous les domaines, capable de retourner une table s’il ne gagnait pas à la coinche." Et le foot du jeudi, on en parle ? "Daniel Servais (préparateur physique de l’époque) a parfois été contraint d’arrêter les matchs parce qu’on se foutait sur la gueule", se souvient encore l’ancien demi de mêlée. Dominici était un grognard parmi les grognards. "En plus, il était quand même de mauvaise foi, jure son ami Moni. Jamais il ne pouvait avouer qu’il avait perdu. Quel que soit le jeu. Forcément, avec des mecs comme Diego (Dominguez), Kiki (Laussucq) ou d’autres, ça faisait des étincelles."

Déjà à l’époque de cette première saison à Paris, Domi avait sa part d’ombre. Ce besoin viscéral d’être rassuré. Jeannot, son papa, suivait au quotidien la vie du club de la capitale. "Domi avait besoin d’être entouré, explique Marconnet. Son père ne faisait pas partie de l’équipe mais presque. Il était dans le bus, dans les vestiaires, dans les causeries d’avant-match. Comme si Domi avait besoin d’être sécurisé. Parce que Christophe aimait le côté le bling-bling, mais c’est avec les gros qu’il se sentait le mieux. Là aussi, sans doute par ce qu’on avait un côté rassurant. Dès que nous faisions un repas entre avants, tu pouvais être sûr que Domi était avec nous."

Esprit de famille

Au cœur d’un groupe pas vraiment comme les autres, Christophe Dominici a écrit les premières lignes de sa légende à l’international. "Il a été le premier de cette génération avec Marc (Lièvremont) à intégrer l’équipe de France", souligne Laussucq. Une première sélection pour le premier match de rugby au Stade de France en février 1998. Une victoire et déjà un essai qu’il célébrera chez son président au lendemain de la rencontre en lui offrant son maillot. "Le déclic", selon Max ou le berceau d’une relation quasi-filiale. "Il est devenu très vite l’effigie du club, dit Auradou. Max en avait fait sa coqueluche. Domi faisait parfois ce qu’il voulait." Et "Bibi" de raconter cette opération punitive quelques années plus tard lors d’un stage à Bugeat : "Domi avait été exempté des premiers jours. Nous, on en bavait dur. Il est arrivé quelques jours après, en voiture avec le président. À peine arrivé, il a commencé à faire des raisonnements. Il s’était même pris une piaule individuelle quand nous étions tous par deux. Le soir, avec Sylvain (Marconnet), Pieter (De Villiers) et Roro (Roncero), on s’est mis des caleçons sur la tête en guise de cagoule pour frapper à sa porte vers 21 h 00. Quand il a ouvert, il était à poil. On lui a sauté dessus, on l’a menotté, attaché les pieds avec des ceintures, enroulé dans une couverture. Et on l’a jeté dans un 4x4 pour l’emmener dans un resto du centre-ville. Durant tout le trajet, on lui a collé des tartes. Arrivé au resto, on l’a balancé à poil en plein milieu de la salle qui était pleine et on s’est barré. Le propriétaire n’était pas super content, mais quand les gens ont reconnu Domi, ils étaient ravis, ils voulaient tous prendre des photos. Lui gueulait comme un putois. De notre côté, on avait missionné Alain (Elias) pour aller le récupérer mais pas avant 2 h 00 du matin. Lui seul avait les clés des menottes. Autant vous dire que quand Christophe est rentré à l’hôtel, il hurlait dans les couloirs : "toi je vais te fumer, toi je vais te jeter d’un hélicoptère." Avec lui, c’était toujours plus."

Du jour de sa reprise par Max Guazzini, le Stade français a toujours cultivé son atypisme. Un livre ne serait pas suffisant pour raconter cette époque du club de la capitale, ce Stade français version "Belle époque" qui fut une ode à la légèreté, à la gaudriole et au frisson. Le Stade a fait naître légendes et rumeurs, fantasmes et jalousies. Mais pas seulement. De cette histoire, une famille a vu le jour. En 2018, elle s’était réunie pour fêter les 20 ans de ce titre du renouveau. Ce soir-là, chez Grant Ross, ils étaient tous là ou presque. Ils ont rejoué leur saison, leur finale face à l’Usap. Ils ont ri, picolé. Christophe Dominici s’est illustré… Comme toujours. D’autres se sont aussi déchirés. Une vraie famille, quoi. Et puis, ils ont tous respecté une minute de silence en mémoire de Geoffrey Abadie, leur ancien partenaire, ailier peroxydé venu de province goûter aux joies de la capitale, qui avait mis fin à ses jours en 2015. Et Christophe Moni de conclure, la voix éreintée par trop d’émotions : "Ce club, il nous a beaucoup donné mais il nous a aussi beaucoup pris."

"Dès que nous faisions un repas entre avants, tu pouvais être sûr que Domi était avec nous." Sylvain MARCONNET, ancien pilier international du Stade français.

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