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  • Gabin Villière (France)
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C’est un XV de France rajeuni et expérimental qui affronte ce samedi l’Italie avec l’objectif de retrouver l’Angleterre en finale de cette Coupe d’Automne des Nations.

Bombez les torses, sortez les drapeaux et faites sortir le Coq qui est en vous pour entonner la Marseillaise. L’équipe de France dispute ce samedi soir une demi-finale face à l’Italie pour espérer retrouver l’Angleterre le 6 décembre à Twickenham. Certes, la Coupe d’automne des Nations n’est qu’une invention de dernière minute, faite de bric et de broc en raison de cette satanée épidémie mondiale, mais c’est une compétition tout de même ! Et depuis 2010, date du dernier grand Chelem, les Bleus n’en gagnent pas beaucoup, des compétitions. Seul l’imposant trophée Garibaldi effectue quelques allers-retours à Marcoussis, quand les Français ne se font pas surprendre par les Italiens. Alors, ne boudons pas ce plaisir, après cette année riche en espoirs et en victoires, où les Bleus ont flirté avec la victoire dans le Tournoi des 6 Nations. L’occasion est trop belle de décrocher plus qu’un lot de consolation, d’autant que la marche italienne ne paraît pas la plus infranchissable après avoir battu l’Irlande au stade de France et l’Ecosse à Edimbourg, destination que l’on pensait maudite.

C’est aussi un tremplin sur lequel Fabien Galthié et Raphaël Ibanez aimeraient rebondir pour leur première année à la tête de cette équipe de France. Un titre serait la meilleure manière de rassembler derrière ces Bleus avant la prochaine coupe du monde organisée sur le sol national. Malheureusement, le rugby tricolore est ainsi fait qu’il est toujours tiraillé par les intérêts divergents des uns et des autres, où polémiques et guerres se succèdent entre les institutions, à tel point que le sélectionneur se retrouve sans ses fleurons pour les deux derniers matchs de cette Coupe d’automne des Nations. Les cadres ayant regagné leurs pénates après avoir grillé leurs trois cartouches, le XV de France a dû appeler les conscrits en renfort pour intégrer une équipe où seuls deux joueurs ont conservé leur place après la victoire en Écosse (Teddy Thomas et Matthieu Jalibert). Le capitanat est passé sur les épaules de Baptiste Serin au cours d’une cérémonie qui en entraînera une autre après ce match contre les Italiens puisque le demi de mêlée de Toulon aura à son tour grillé sa troisième feuille de match cet automne. La composition du XV de France est donc aussi inattendue que ne l’est cette compétition et on croise les doigts pour que cette équipe tienne la route, portée par l’ancienne charnière girondine, sa première ligne toulousaine, la rage des revenants Sekou Macalou et Brice Dulin et l’envie des septistes Jean-Pascal Barraque et Gabin Villière de suivre l’exemple de Virimi Vakatawa.

La génération dorée qui vient de se révéler avec à sa tête Antoine Dupont et Grégory Alldritt ne serait que le début du renouveau tricolore, portant Fabien Galthié en grand orpailleur du rugby français. La mission relève pourtant de l’impossible. Créer un collectif en seulement cinq jours de travail serait un miracle d’autant plus que le groupe des 31 comptait 17 non capés cette semaine au CNR de Marcoussis. Ils seront même cinq à débuter, soit le tiers d’une équipe dont la moyenne d’âge sera de 24 ans pour… six sélections. C’est peu mais ils ne devront pas oublier que l’expérience n’est pas nécessaire pour devenir un héros. Christophe Dominici en est un parfait exemple, lui qui avait marqué au stade de France un essai face à l’Angleterre lors de sa première sélection. L’étoile de l’ancien ailier brillera forcément dans le ciel de Saint-Denis et on pleure autant que l’on prie pour que sa rage de vaincre transporte ces petits bleus jusqu’à Twickenham. Là, où il terrassa les Blacks en demi-finale de Coupe du monde en 1999. 

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