Les aléas du direct à Toulon

  • Raphael LAKAFIA of RC Toulon during the Top 14 match between Bayonne and Toulon on November 21, 2020 in Bayonne, France. (Photo by Pierre Costabadie/Icon Sport) - Raphael LAKAFIA - Stade Jean Dauger - Bayonne (France)
    Raphael LAKAFIA of RC Toulon during the Top 14 match between Bayonne and Toulon on November 21, 2020 in Bayonne, France. (Photo by Pierre Costabadie/Icon Sport) - Raphael LAKAFIA - Stade Jean Dauger - Bayonne (France) Icon Sport - Icon Sport
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Dans une rencontre autant marquée par le mistral que par les imprécisions, Toulonnais et Palois ont tout à tour trouvé la solution en optant pour un plan de jeu direct, au point de commettre plusieurs erreurs cruciales lorsqu’ils s’avisèrent d’en sortir.

Comment battre ces damnées « rush défenses », cette mode à laquelle toutes les équipes du Top 14 et d’ailleurs ont succombé, pour la simple et bonne raison qu’elles sont d’une redoutable efficacité ? C’est bien la question, obsédante, à laquelle les techniciens de tout poils s’acharnent à trouver des réponses. Lesquelles existent, bien sûr ! Mais réclament ce qu’il est convenu d’appeler des automatismes, nécessaires pour caler les courses sur les relances de jeu, retrouver de la profondeur, proposer des solutions alternatives par du jeu au pied tactique, et on en passe... Le hic ? Il est que malgré tout le travail que l’on peut fournir en amont, aucune équipe au monde n’est capable de bien jouer tous les week-ends. D’autant moins, en ce qui concerne le RCT, lorsque celle-ci doit composer avec l’absence de sa charnière titulaire Serin-Carbonel, dépositaire du projet de jeu de Patrice Collazo, et que souffle sur Mayol un vent à décorner les bœufs...

Que faire alors, dans ces week-ends pièges où tous les rouages du jeu semblent grippés, que les conditions météorologiques font des caprices, mais qu’il s’agit tout de même d’assurer la victoire ? Les solutions miracles n’existent malheureusement pas, en dehors du sacro-saint « retour à l’essentiel ». On veut parler ici d’une utilisation consommée d’un jeu direct, à une ou deux passes maximum, histoire de gagner la ligne d’avantage sans prendre le risque de s’exposer à une maladresse ou à une interception. 

Paia’aua et Etzebeth, à coups d’épaule

Ce n’est pas très beau, vous dites ? Reste que le RCT se souvient qu’il a disputé sa dernière finale de Top14 en ne faisant rien d’autre, et que cette recette ne correspond pas qu’à moitié à l’identité profonde du XVde la Rade. Les deux essais inscrits par le RCT en première période constituent d’ailleurs la meilleure preuve de l’efficacité de cette méthode, puisque c’est en usant d’aucune autre recette que les Varois ont fait exploser le verrou palois, à grand coup d’épaules... Placés dans l’avancée par des lancements de jeu efficaces, les Toulonnais surent en effet sur ces deux longues séquences entretenir leur avancé comme on entretient un feu, en avançant sur tous les impacts pour faire reculer la défense béarnaise et l’empêcher de rusher, jusqu’aux derniers duels gagnants remportés par Paia’aua, puis par Etzebeth, au point d’atteindre la pause avec la marge confortable de 15-0. Une mi-temps à partir de laquelle le combat changea d’âme... Pourquoi ? Parce que le vent continua de souffler, bien sûr, qui permit aux Palois d’occuper à leur tour plus facilement le camp adverse. Mais aussi parce les Toulonnais commencèrent à sortir de leur plan à partir de cet instant, tandis que les Palois se décidèrent à leur tour de se l’approprier... Probablement lassés d’avoir subi des carreaux au milieu du terrain durant les 40 premières minutes, et bien aidés par les entrées de remplaçants déterminants comme Habel-Kuffner ou Lespiaucq. 

Pau, l’apport du banc

C’est ainsi qu’une première très bonne séquence des Béarnais mit à mal la défense varoise (au sens littéral, puisque le pilier Florian Fresia se blessa sur l’action, obligeant involontairement ses compagnons à défendre à 14) et leur permit d’enfin trouver la faille, par une passe au pied gagnante d’Antoine Hastoy pour Vincent Pinto. Mieux, en usant de la même recette du jeu direct, les Palois furent tout proches d’empocher le coquetier, au point de voir leur plus grosse occasion d’essai avortée par une interception de Ma’a Nonu, sur... une tentative de offload de Quentin Lespiaucq ! Soit sur la seule petite entorse à ce plan de jeu qui semblait décidément gagnant, samedi à Mayol...

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