Le dernier hommage à « Domi » du rugby français

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Sur tous les stades du Top 14 comme au Stade de France, de vibrants hommages à Christophe Dominici ont été rendus. Si Benjamin Bagate, l’un des meilleurs amis du défunt, n’a pu en regarder un seul, il en explique à présent les raisons…

Selon toute vraisemblance, Christophe Dominici sera inhumé vendredi après-midi au cimetière de Hyères, à 14 h 30 et entouré d’une poignée de (très) proches, les règles propres à la crise sanitaire n’autorisant qu’une trentaine de personnes aux cérémonies funéraires. Malgré tout, le rugby français a, le week-end dernier, rendu un ultime et magnifique hommage à son anti-héros le plus attachant, son génie le plus fragile. On a, en tête, le stade Mayol et le visage grave de Sergio Parisse, serrant contre lui le « minot » Florian Fresia, en larmes. On n’oublie pas la détresse de Xavier Garbajosa dans l’Hérault ou celle, plus tard dans la journée, de Bernard Laporte, encore inconsolable au Stade de France. On garde à l’esprit, aussi, toutes ces minutes de silence, incontestablement plus graves, plus lourdes qu’à l’habitude, comme s’il était inconcevable, inacceptable même, de mourir à 48 ans…

Les larmes de Garba, le masque de Parisse, l’émotion du rugby français

De Montpellier à Toulon, de Toulouse à La Rochelle, de Nanterre à Saint-Denis, il n’y eut donc aucun stade, aucun lieu qui ne résonna pas des exploits de Christophe Dominici, qu’ils aient eu lieu sous le maillot tricolore ou sous celui du Stade français. Benjamin Bagate, fidèle parmi les fidèles, n’a pu quant à lui regarder ces révérences tant il eut peur que chacune d’entre-elles ne fasse remonter trop de souvenirs, trop de rires ou de larmes. Lui ? Manager de Trélissac (Fédérale 1), il fut surtout le bras droit de « Domi » dans le projet de rachat de l’ASBH, un feuilleton qui s’allongea au fil de tout un été. Au sujet de celui avec qui il avait tant passé de temps ces dernières semaines, Bagate souffle en préambule : « Christophe n’était pas bien, ces dernières semaines. Il était peiné, déçu de la conclusion de l’épisode biterrois. […] Ouais, il était au fond du seau et se sentait seul. Aujourd’hui, beaucoup de gens parlent. Mais peu l’ont côtoyé, appelé ou visité, sur la fin de sa vie. » Ému, il marque une pause et, se ressaisissant, poursuit : « Il y avait peut-être aussi, chez « Domi », une forme de honte vis-à-vis de ce qui s’était passé durant cet été si particulier. Les réseaux sociaux l’avaient pris pour cible ; il avait été moqué, jugé, vilipendé… Lui qui avait tellement envie de revenir dans le rugby professionnel pensait probablement que les portes lui en étaient désormais fermées ». Dans les faits, Christophe Dominici avait ainsi quitté le rugby pro en 2009 après une expérience malheureuse d’entraîneur des trois-quarts du Stade français, où le « combo » qu’il forma alors avec l’Australien Ewen McKenzie convainquit finalement peu de monde.

Benjamin Bagate: « un être solaire »

Ce n’est plus un secret pour un personne : ces derniers mois, Christophe Dominici avait donc mis toute son énergie, toute sa hargne, dans un projet biterrois qui ne vit jamais le jour. Benjamin Bagate, encore : « Ai-je des nouvelles des Emiratis ? Oui et non. Ils sont toujours dans les parages, de ce que je comprends. Mais en ce qui me concerne, je n’y crois plus. »

Passé un constat que Christophe Dominici se résigna à faire sur la fin, Benjamin Bagate souhaite de son côté aujourd’hui tirer un trait sur une aventure étrange à bien des égards et, surtout, rendre un ultime hommage à celui qu’il pleure, jour après jour : « Il me manquera tellement, vous savez… « Domi », c’était un être solaire. Même quand il était mal, il m’appelait pour me remonter le moral, me demander des nouvelles de mon père (Christian Bagate, ancien médecin de la FFR) qui venait de subir d’un AVC. Il était comme ça, « ninou ». Il pensait à ceux qu’il aime avant de penser à lui… »

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