Les paris gagnants de Pierre Mignoni

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Face à la problématique posée par les trois semaines sans compétition, le manager rhodanien a brillé par plusieurs choix osés, comme celui de placer des cadres sur le banc ou de maintenir 80 minutes sur le terrain deux joueurs de première ligne. Audace payante...

Invaincus depuis plus de quatre ans face au Stade français, les Lyonnais ont réussi non sans mal à empocher leur septième victoire consécutive face aux Soldats roses au terme d’un match enlevé, dans le sillage du magnifique hommage réservé avant le coup d’envoi à Christophe Dominici. Et pour cela, ces derniers doivent tirer un coup de chapeau à leur manager Pierre Mignoni, dont le plan a fonctionné à merveille. Ce plan ? Il partait tout simplement du postulat qu’après trois semaines sans compétition et le logique manque de rythme qui devait en découler, les Rhodaniens pouvaient s’attendre à souffrir physiquement en deuxième période. C’est pourquoi l’ancien demi de mêlée international avait choisi de placer sur le banc des cadres comme son talonneur Mickaël Ivaldi, son numéro 8 Mathieu Bastareaud ou encore son demi d’ouverture Jonathan Wisniewski, de façon à ménager leurs énergies pour qu’ils pèsent de tout leur poids dans le money-time…

Rechute à l’épaule pour Ngatai

Drôle de pari ? Eh oui, quand même, puisqu’il supposait que les titulaires se montrent assez performants pour coller au score jusqu’à l’entrée des cadres. Le genre de déconvenues que les Lyonnais avaient déjà connu par le passé, et pour laquelle ses joueurs étaient au moins prévenus. Résultat ? S’ils tournèrent bien en retard au score à la pause, la faute au magnifique essai inscrit par Kylan Hamdaoui après un bon travail de Segonds (lire ci-dessous), les Lyonnais demeuraient malgré tout à portée de fusil de leurs hôtes (9-13). Et si l’on pouvait légitimement craindre que ces derniers se soient quelque peu grillés physiquement lors d’un premier acte tout feu tout flamme (notamment en sauvant ou en jouant rapidement plusieurs touches) ou qu’ils paient cher leur manque de réalisme aux abords de l’en-but parisien (ballon perdu par Arnold à la 32e, contests de Latu (42e) et Etien (47e) annihilant deux temps forts à 5 mètres de la ligne), c’est finalement tout l’inverse qui se déroula, l’apport des entrants compensant largement la baisse de régime des titulaires, matérialisée par la rechute à l’épaule de Ngatai.

Bastareaud en détonateur

En effet, s’il est anecdotique de constater que le Lou reprit pour la première fois l’avantage tout de suite après l’entrée de Bastareaud, il l’est beaucoup moins de mesurer quel fut l’impact de ce dernier. Auteur de plusieurs stops monumentaux en défense, le troisième ligne centre rhodanien fut l’un des fers de lance de la révolte de son équipe, jouant un rôle décisif sur l’essai de Bamba à la 75e. Un mouvement sur lequel on put également apprécier la vista de Wisniewski ainsi qu’un relais rageur de Devisme, sans oublier une passe après contact de Goujon pour Laporte, suivie d’une charge puissante… À ce  titre, et au moment de terminer de tresser des lauriers à Pierre Mignoni, on remarquera que ce dernier fit aussi dans son coaching le choix osé de laisser son pilier droit Demba Bamba (auteur de l’essai de la gagne) ainsi que son talonneur Jérémie Maurouard sur le terrain pendant 80 minutes, puisque ces derniers étaient jugés assez performants. Une rareté dans ce rugby moderne qui tend à sacrifier trop systématiquement ses joueurs de première ligne à la 50e, qu’il convenait ici de saluer…

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