Toulouse à la mode Exeter

  • Thomas Ramos (Stade toulousain) contre Agen
    Thomas Ramos (Stade toulousain) contre Agen Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Ambitieux et supérieurs aux Agenais, les Stadistes se sont aussi inspirés de leur expérience face au récent champion d’Europe pour bâtir ce large succès. Et construire encore. 

S’il faut trouver un avantage aux tristes huis-clos, il réside dans le fait de saisir des instants qui n’appartiennent d’ordinaire qu’aux acteurs. à la 36e minute, quand les Toulousains ont glané une pénalité à cinq mètres de l’en-but agenais, leur manager Ugo Mola a donné de la voix sur le bord de touche pour leur crier « Exeter, Exeter ». Il ne fallait pas être sorcier pour deviner la consigne qui leur était passée. Le récent champion d’Europe et d’Angleterre a en partie bâti sa réputation sur sa faculté à jouer ce genre de phase à la main puis à enchaîner les temps de jeu et les charges. C’est, de loin, la formation qui inscrit le plus d’essai au près. Les Stadistes en avaient fait les frais en demi-finale de Champions Cup, voici deux mois, à Sandy Park. « Moi, je n’ai pas honte d’apprendre de nos défaites et des équipes qui sont sur le moment plus fortes que nous, concède Mola. En l’occurrence, Exeter nous avait donné une petite leçon sur le sujet. Il s’avère que, sans faire les grands théoriciens et les spécialistes de la statistique, entre jouer rapidement une pénalité ou prendre le risque de se faire contrer en touche ou de subir une faute ou un coup-franc en mêlée... On a pris le parti de jouer ce rugby-là et de scorer. »

Car, sur l’action en question, ses hommes ont marqué. Et ils ont même récidivé sur une phase similaire en deuxième mi-temps. Mola n’avait récemment pas caché qu’après cette fameuse demie perdue, lui et ses adjoints avaient longuement échangé avec Rob Baxter et son staff. L’occasion de partager les convictions. Il est donc évident que l’expérience face aux Chiefs a offert des idées aux Rouge et Noir. « Forcément, ils sont champions, adhère Thomas Ramos. Parfois, il faut s’inspirer des meilleurs. On a un pack costaud avec des joueurs qui font mal à l’impact. à Exeter, on avait pris un essai comme ça et on s’est dit qu’avec l’effectif qu’on a devant, pourquoi ne pas mettre en place une combinaison similaire ? On marque deux essais là-dessus, ça prouve qu’on travaille des choses durant la semaine et que ça marche. » Effectivement, voilà qui colle parfaitement aux qualités des Toulousains qui, outre des attaquants exceptionnels, peuvent aussi s’appuyer sur la force de pénétration des Faumuina, Tekori, Meafou, Tolofua ou Elstadt. « Cela nous a réussi au regard de notre puissance, avoue Mola. Cet atout était du côté toulousain et cela a fait la différence. Nous avons été dans l’avancée assez souvent, ce qui nous a permis d’être un peu plus ambitieux. »   

Mola : « Notre fonds de commerce »

Si les enseignements d’une telle rencontre face à un SUALG en reconstruction sont à relativiser, c’était donc l’opportunité d’aller plus loin dans l’intention de placer l’adversaire sous pression pour ne jamais resserrer l’étau. Ce pourquoi le capitaine Maxime Médard a opté pour une pénaltouche d’entrée. « On aurait pu assurer les trois points mais on était tous déterminés à prendre cinq points, confirme Ramos. Nos deux essais rapides nous ont fait du bien » Philosophie que le nouveau venu Thibaud Flament apprécie : « On a la volonté d’envoyer du jeu (sic), mais aussi de presser les équipes adverses, et ça se voit sur nos choix tactiques. Par exemple sur le fait d’aller en touche ou de jouer rapidement pour continuer à mettre du rythme et prendre de vitesse les adversaires. » Ainsi, il n’est pas question d’évoquer la moindre arrogance mais au contraire de rester fidèle à l’esprit d’initiative qui fait la marque de ce club à part. Et aussi d’adopter des préceptes qui fonctionnent axctuellement. « C’était typiquement le genre de match où on peut tomber dans le piège, ce qui nous était arrivé contre Lyon et Castres, note Mola. On avait besoin de retrouvant un peu d’allant, d’enthousiasme et d’énergie pour produire un rugby positif, ce qui doit être notre fonds de commerce. » Ramos poursuit : « Malgré le score déjà large à la mi-temps, il faut retenir la deuxième période car on a respecté cette équipe d’Agen et ce qu’on s’était dit jusqu’au bout. » Au-delà du bilan comptable et pourtant sans de nombreux cadres, le dernier champion de France a ajouté de nouvelles cordes à son arc samedi. Mola conclut : « Ce n’est en aucun cas un match référence car on connaît le contexte mais il est important pour régénérer notre groupe. »   

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