Interview décalée - Dulin : « Mettre une claque à Tyson, ça serait quand même classe »

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Connu pour son tempérament facétieux, l'arrière du XV de France et du Stade rochelais Brice Dulin s'est prêté avec plaisir au jeu de l'interview décalée. Où l'on parle de Francis Cabrel, Mike Tyson ou encore du Buena Vista Social Club.

Quel était votre rêve quand vous étiez gamin ?

Ouah, ça remonte. Quand j'étais tout petit, genre quand j'avais 3 ou 4 ans, c'était policier. Enfin, d'après ce que l'on m'a raconté. Apparemment, je sautais partout dès que j'entendais la sirène.

Si vous deviez choisir un héros de jeunesse ?

Batman. C'est ce que je regardais le plus. J'ai toujours aimé cette double vie, sa face cachée. Les anciens épisodes étaient vraiment tops.

Sur quoi vous chambrait-on ?

J'ai évité les gros chambrages. Mais disons ma démarche. Il est vrai que je marche beaucoup sur la pointe des pieds. D'ailleurs, on me fait encore des petites remarques à ce sujet. Il y a même des gens qui disent me reconnaître comme ça sur le terrain, quand ils ne voient pas bien...

Quel est votre surnom ?

Dudu. Ou Dudul. C'est resté classique.

Si vous n'aviez pas été rugbyman, qu'auriez-vous pu faire ?

Par rapport à l'orientation de mes études et à mon caractère, je dirais le commerce ou la communication. Je n'aurais pas pu rester derrière un bureau toute la journée en tout cas. J'ai besoin que ça bouge, qu'il y ait des rencontres.

Quelle a été votre plus grosse bêtise ?

J'étais surtout très bon public, je n'en faisais pas trop. Le pire truc, je pense, ça s'est passé chez mes grands-parents. Il y avait un prunier dans leur jardin. Un jour, j'ai ramassé toutes les prunes. J'ai été au deuxième étage de la maison et il y avait une lucarne ouverte chez les voisins, qui donnait sur les toilettes. Je me suis amusé à la viser avec les prunes. La voisine s'en est rendu compte : il y en avait plein chez elle, y compris dans la cuvette. Elle est venue le dire à mes grands-parents. J'ai nié dans un premier temps mais j'ai fini par avouer. Heureusement qu'elle m'aimait bien. Elle m'a même dit que je visais bien car il y en avait plusieurs qui avaient atteint leur but. Bon, les autres avaient fini sur le mur. Des prunes sur un mur beige, ce n'était pas une bonne combinaison.

Quel est votre pire souvenir d'école ?

Il y a eu pas mal de matins où je me suis retrouvé en galère pour ne pas avoir révisé. Mais le pire reste le jour des résultats du Bac. Je n'avais pas trouvé mon nom. J'ai cherché pendant vingt minutes, je ne le trouvais pas. Ça a été un long moment de solitude. Je me disais : «  Mais c'est pas possible, je vais dire quoi à mes parents ? » En fait, ils avaient oublié des feuilles. Bon, j'étais à la repêche mais il ne manquait pas grand-chose pour l'avoir.

Existe-t-il un meilleur chanteur au monde que Francis Cabrel ?

Au niveau du timbre de voix et sur la durée, il n'a pas d'équivalent. Avec des chansons qui durent autant dans le temps. Bon, en même temps, je ne vais pas dire le contraire. Je l'écoute très régulièrement. Mais il a mis longtemps à venir sur les plates-formes de streaming. J'étais soulagé quand il a cédé, ça me permet de l'écouter plus facilement. En rentrant d'entraînement, j'aime bien mettre sa musique.

Si vous ne deviez choisir qu'une seule de ses chansons ?

Ola, ce n'est pas possible. « La Corrida » m'a marqué, je l'ai tant entendue. « Petite Marie » aussi, je l'écoute beaucoup. Et « Il faudra leur dire ».

Avez-vous vous-même des talents de chanteur ?

Je m'autorise à chanter quand je suis seul. J'évite de donner matière à moquerie. Car je suis le premier à rire des autres quand ils le font.

Quel est votre péché mignon ?

J'avoue que lorsque je rentre de l'entraînement, je m'autorise parfois une tartine de pâté ou de saucisson. J'ai la chance d'avoir eu des gens qui cuisinaient le cochon dans la famille, comme mon père. Il y a aussi un charcutier-traiteur. À Noël, ça me permet de remplir le garde-manger.

Avez-vous une phobie ?

Ce n'est pas une phobie à proprement parler mais j'ai peur d'arriver en retard aux matchs ou à l'entraînement. C'est dû à ce qui m'est arrivé quand j'avais 18 ans. Je devais avoir deux matchs en équipe première. Un jour que nous avions un déplacement à Bordeaux-Bègles, j'avais dû oublier de mettre mon réveil. En tout cas, ce sont les appels de mes coéquipiers qui m'ont sorti du lit. Ils étaient en train de partir. Ce jour-là, j'ai dû faire le trajet Boé-autoroute en moins de 8 minutes alors qu'il en faut 15 normalement. Le bus m'attendait au péage. Un des entraîneurs, je ne sais plus si c'était Christian Lanta ou Christophe Deylaud, m'avait dit : « On espère que tu ne seras pas en retard au coup d'envoi. » On avait gagné, ça m'avait sauvé. Mais depuis, je vérifie que j'ai bien mis le réveil.

Quel est votre film culte ?

Je n'y ai jamais pensé. Plus jeune, « Gladiator » m'avait marqué, pour l'histoire du héros avec sa femme et son fils. Il y a la comédie « Copains pour toujours » que j'aime bien. J'ai un groupe de copains depuis le lycée et je me dis souvent qu'il ne faudrait pas qu'on finisse comme ça en regardant ce film.

Quelle est votre série du moment ?

Je ne suis pas top série. Pendant le premier confinement, j'avais des amis à la maison qui m'ont fait regarder Game of Thrones. J'ai accroché. J'avais beaucoup aimé Peaky Blinders aussi. La dernière que j'ai aimée, c'était You.

Quel serait votre concert idéal ?

Queen, ça devrait être quelque chose quand même. Ou alors le Buena Vista Social Club. Mon entraîneur de pelote basque écoutait beaucoup de musique cubaine, ça m'a bercé.

Si vous pouviez choisir trois personnes à dîner...

Mon père tout d'abord. Francis Cabrel, évidemment. Et il faudrait ajouter une touche de féminité : Melanie Doutey. C'est une actrice que j'aimais bien plus jeune. C'est une Madeleine de Proust.

Si vous pouviez mettre une gifle à qui vous voulez, sans que ça ne prête à conséquences, à qui l'infligeriez-vous ?

(longue réflexion) Mike Tyson. Oui. Comme ça, je pourrais dire que j'ai mis une claque à Mike Tyson, ça serait classe quand même. Ça n'a pas dû arriver à grand monde. Mais il n'y a pas de conséquences, on est d'accord. Sinon, je me fais faire de la chirurgie esthétique pour ne pas qu'il me reconnaisse.

Quelle résolution pourriez-vous prendre pour 2021 ?

Je n'en prends plus. En général, on ne les tient pas. J'essaye juste de suivre mon principe qui est de prendre du plaisir à chaque jour.

Quel est l'endroit sur terre où vous vous sentez le mieux ?

Peut-être la plage à Messanges (dans les Landes) ou mon frère vit. Quand je suis là-bas, c'est la totale décompression, en famille ou entre amis. Je me recentre sur moi, sur mes plaisirs. Il n'y a plus de problèmes quand j'y suis.

Avez-vous un rituel d'avant-match ?

J'ai essayé d'en avoir avant, dans le vestiaire ou à l'échauffement. Mais quand ça ne se passe pas comme tu veux, tu peux vite être perdu. J'ai donc décidé de ne plus avoir de routine ou d'habitudes sur les crampons, les cuissards. C'est pour ne pas être surpris en cas de changement de programme. C'est plus facile à gérer. Même pour les musiques, maintenant, je fonctionne à l'humeur du jour.

Quel est votre plus gros craquage ?

J'aime beaucoup les habits. Mais je ne craque pas vraiment, ce n'est pas compulsif. Quand je vais m'acheter de nouvelles fringues, je me fais plaisir mais ce sont des affaires que je vais porter.

Avec quels joueurs partiriez-vous pour un week-end de fêtes ?

Il y en a un paquet avec qui j'aimerais partir. Peut-être Dan Carter. On a eu quelques belles soirées à Paris. Ça ferait une de plus. Avec Casey Laulala et Mike Phillips, souvent. C'était notre Dream Team.

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