Ce que contiennent les tweets incriminés

  • Captures d’écrans des messages incriminés.
    Captures d’écrans des messages incriminés.
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"Mon employée est une primate", "belle journée pour écraser des noirs" et "pays plein de nègres" : les propos sont exempts de toute ambiguïté.

Au sujet de Pablo Matera et Guido Petti Pagadizabal, la presse argentine ne se fait pas tendre, malgré les excuses immédiatement présentées et leur "honte pour les horreurs que j’ai écrites" (Matera). Dans la foulée, l’UAR (Fédération argentine) annonçait la suspension des deux joueurs. Il faut dire que certains messages, postés en 2011 et 2012 sur le réseau social Twitter et remontés aujourd’hui à la surface, sont ouvertement racistes ("Belle matinée pour sortir en voiture écraser des noirs"). Un peu plus tard, au terme d’une tournée en Afrique du Sud avec une sélection de jeunes, un message à la teneur similaire : "Afrique du Sud, baby ! Enfin, je me tire de ce pays plein de nègres. Ouch !"

Les propos sont évidemment exempts de toute ambiguïté. Et la Fédération n’ignorait visiblement pas tout de ce contexte extra-sportif. Selon la presse argentine, en 2015, quand Matera signa son premier contrat fédéral avant d’intégrer durablement les Pumas puis d’en devenir le capitaine, une enquête interne aurait été ouverte concernant le joueur. Si elle n’avait pas été suivie de sanctions, une clause aurait toutefois été intégrée à son contrat, précisant "le comportement qu’exige le fait de représenter sa sélection".

Racisme ethnique mais aussi haine de classe

Si ce sont les propos racistes qui sont en premier lieu reprochés aux joueurs, d’autres prises de position leur sont ouvertement reprochées en Argentine. Dans une Amérique latine où le contexte est bouillant sur les questions féministes et sociales, ce sont aussi des propos qualifiés de "classisme" (clasismo) pour lesquels ils sont pointés du doigt. En clair : comme souvent pour les rugbymen argentins, ils sont issus des élites et des classes riches du pays. Et les deux joueurs affichaient en 2011-2012 leur arrogance vis-à-vis des plus pauvres, notamment des employés de maison, au service de leur famille.

Des sous-entendus raciaux, sociaux mais aussi sexuels. "J’ai une nouvelle employée de maison de 18 ans, fluette et bronzée aux yeux célestes : je peux vous jurer qu’elle va passer le chiffon chez plusieurs amis", tweetait par exemple Petti. Ou plus explicites : "Mon employée est une primate, toute blague à part" mais aussi "Qu’est-ce qu’une bonne enceinte ? Un kit de lavage."

Matera donnait également dans ce registre : "Ma haine des Boliviens, des Paraguayens, etc. vient de cette bonne qui a une fois laissé tomber un cheveu dans ma nourriture." Avant de poursuivre : "ça fait deux heures que cette bonne fait semblant de nettoyer la télé, alors qu’elle cherche seulement à comprendre la forme de la prise pour la brancher et regarder sa telenovela." Des propos qui leur valent, huit ans plus tard, les foudres des réseaux sociaux mais aussi de leur Fédération et de leur club. Les deux joueurs, suspendus à titre conservatoire par les Pumas, seront également entendus par l’UBB et le Stade français à leur retour en France.

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