Osez, tentez, jouez

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L'édito de Léo Faure... Généralement, ces Angleterre-France (ou l’inverse) ne viennent qu’une fois par an, pour le frisquet Tournoi des 6 Nations. Toute la semaine, on ressort alors la boîte à souvenirs ; elle recèle aussi quelques gifles, quand on entend traiter correctement du passif de ces affrontements et leur lot de rivalité : les aubades du virtuose Wilkinson, un jour, puis le calvaire du même homme l’année suivante, sous l’étreinte suffocante d’un Serge Betsen qui lui faisait expérimenter les hantises d’une défense individuelle, forte sur l’homme et ses épaules qui frappaient le sternum à chacune de ses prises de balle.

Un peu plus loin, on raconte la sublimation de Dimitri Yachvili, les grands mots du duo rival Moscato-Moore et, plus proche de nous, en début d’année 2020, les bons mots d’un Eddie Jones qui promettait l’enfer physique aux jeunes Français. Avant d’en expérimenter lui-même le retour de flamme.
Cette année 2020, si tourmentée, offrira donc ce bonheur rare d’un second Angleterre-France dont se repaître. Ce ne saurait jamais être un match comme les autres et, pour s’en assurer, on s’affranchit sans mal des contextes. Celui de dimanche sera un rien farfelu, c’est sûr. Et alors ? Quand bien même les Bleus iront à Londres avec des armes qu’il reste à affûter, quand bien même Twickenham sera dépeuplé pour la finale d’une compétition sans âme et sans histoire, et dont on ignore jusqu’à l’existence d’un trophée pour le gagnant, c’est un rendez-vous majeur qui attendra la bleusaille de l’autre côté du Channel.

Il ne sera pas question de victoire à tout prix. Le contexte bleu, qui a imposé à Fabien Galthié une large revue d’effectif cet automne, appellera aussi l’indulgence. C’est plutôt cette audace, rare il y a six jours face au Stade de France, qui sera réclamée. Sur la pelouse londonienne, c’est une équipe de France entreprenante dont on rêve, loin du récital de bonnes leçons dont elle a fait preuve face à la trop faible Italie. Que cette jeunesse soit jeune. Qu’elle ose, tente, joue. Il y a si peu à perdre.

Une défaite, même nette, ne réclamerait pas sanction. Une victoire, elle, serait un nouveau jalon de classe dans la construction de cette équipe. Et la promesse de lendemains bleus, pour quelques-uns de ces jeunes envoyés au feu. Improbable ? Il convient d’y croire toute de même. Et c’est Churchill, grand francophile sous les ordres de sa majesté, qui en faisait la promesse : « l’Angleterre s’écroule dans l’ordre, la France se relève dans le désordre. » Le désordre est grand. Il convient donc de regarder haut.

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