Brive assomme Agen

  • Les Agenais ne sont pas parvenus à faire plier les Corréziens de Thomas Laranjeira, auteur des 15 points de son équipe, hier soir.
    Les Agenais ne sont pas parvenus à faire plier les Corréziens de Thomas Laranjeira, auteur des 15 points de son équipe, hier soir. Photo La Dépêche du Midi - Morad Cherchari
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En remportant une victoire historique en terres agenaises, les Brivistes ont mis fin à une longue série de défaites mais aussi fait un pas de plus vers la treizième place.

Voilà une performance qui tombe à pic ! « Cela faisait neuf ans que nous n’avions pas gagné à Agen, et trois ans et demi que nous ne l’avions pas fait à l’extérieur en Top 14 », résumait ainsi le manager briviste Jeremy Davidson. Car non, venir remporter ce match de la peur ne fut pas une mince affaire, tant dans l’aspect psychologique que sportif, comme le concédait l’ailier Axel Muller : « Cette victoire nous fait vraiment de bien. Nous avons eu beaucoup de pression tout au long de la semaine. Ça parlait beaucoup sur nous. C’était le match le plus important de la saison. Cela nous remet dans une spirale mentale positive. » L’ailier argentin n’a pas tort : cela faisait plus de deux mois (et une victoire à domicile contre Pau 19-13, le 2 octobre) que les Corréziens n’avaient pas levé les bras au ciel au coup de sifflet final.

Un contexte anxiogène que Jeremy Davidson a lui aussi senti : « Avec cette météo, ce n’était pas une soirée pour mettre un gros volume de jeu. Et puis c’était un match de la peur, entre le treizième et le quatorzième. Il y a eu beaucoup de combat. On a montré un beau visage en conquête, en défense de ballons portés, tout en restant disciplinés et vaillants en défense. Il fallait tout cela pour gagner ici, malgré la solidarité d’Agen. On les a respectés jusqu’au bout, on a pris les points au pied. »

Fa’aso’o, Olding, Muller, duellistes décisifs

Il est vrai que les Brivistes ont signé un match quasi-parfait à l’extérieur : non contents de rivaliser voire de contrer les Agenais sur leurs points forts comme la mêlée ou la touche, ils n’ont pas encaissé d’essai (une première de la saison), mais ils les ont déstabilisés en les bombardant de chandelles sous lesquelles les trois-quarts agenais ont fait preuve d’une fébrilité criante, à l’image de l’arrière Jean-Marcellin Buttin.

Une stratégie payante pour le CAB, qui s’est montré plus à l’aise dans l’exercice. « Nous travaillons beaucoup cet aspect en effet, confirmait Axel Muller, nous savions que ce serait une clé de la victoire ce soir. » « Dans le rugby moderne, il y a de plus en plus de phases de ping-pong où il est important d’occuper le terrain avant de mettre du rythme. Surtout par ces climats qui ne favorisent pas le réceptionneur de balle », abondait Davidson.

C’est ainsi que les Brivistes n’ont eu aucun mal à faire le siège du camp adverse, où ils ont fait preuve de réalisme, à l’instar de ce drop-goal de Thomas Laranjeira improvisé à la 73e minute et qui assomma les Agenais : « Ce drop n’était pas prévu, mais Thomas s’est adapté. C’est un joueur de classe : il a vu qu’il était bien placé, juste en face des poteaux. Il a pris cette décision et ce drop nous a fait du bien. Nous n’étions qu’à 6 points devant, et on avait encore la trouille au ventre », expliquait le manager.

En clair, la victoire briviste ne souffre d’aucune contestation. Et s’il existe un tel écart entre le treizième et la quatorzième, c’est que le premier dispose de quelques individualités qui peuvent faire rapidement des différences et donner de l’avancée à l’équipe : on citera le puissant numéro 8 So’otala Fa’aso’o, auteur de son meilleur match depuis des lunes, le centre Stuart Olding, toujours aussi remuant et imprévisible balle en main, ou encore l’ailier Axel Muller, qui signa quelques percées franches dans la défense adverse.

Malgré cette performance, la joie des Brivistes était contenue, pour ne pas dire étouffée. Pourquoi ? Parce que comme le disait Jeremy Davidson, « cette victoire fait du bien, mais elle ne change pas la saison ». Une saison qui, jusqu’ici, est en deçà des espérances brivistes. Le CAB compte 12 points d’avance sur le SUA (avec un match en moins), mais reste encore en concurrence avec Pau ou Castres pour cette 13e place synonyme de match de barrage. Des Castrais qui comptent de surcroît un match en moins et chez qui les Brivistes se déplaceront le 20 décembre, pour y disputer le match en retard de la quatrième journée. Un autre « match très important » dixit Muller que les Corréziens avaient déjà en tête une fois l’euphorie retombée…
 

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Simon Valzer
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