Carré : « Je ne veux pas disparaître des radars du rugby »

  • Alain Carré, président de Colomiers, fait le point sur le début de saison de son équipe
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Après un tiers de saison disputé, le président de Colomiers Alain Carré fait le point sur la situation du club, évoque les objectifs de son club. Il revient aussi sur la fin prématurée de la saison dernière.

Comment avez-vous vécu l'arrêt de la saison l'année dernière après 23 matchs disputés et surtout en étant en tête de ce championnat ?

C’est sûr que c’était un moment difficile, surtout quand on pense à la saison d’avant où nous étions à sept points du premier non-relégable en décembre avant de se sauver de justesse en fin de saison. L’année dernière, c’était un exploit, une saison qui nous a procuré beaucoup de bonheur. L’arrêt de la saison a été dur à vivre, surtout quand tu as de grande chance de jouer une demi-finale à domicile, ce qui représente un grand évènement pour la ville, pour le club et pour les joueurs. Ça aurait dû être quelque chose d’extraordinaire, mais c’est comme ça…

Est-ce que c’est pour conserver cette belle dynamique que vous avez décidé de ne pas changer les maillots cette saison ?

Oui, la saison dernière était une vraie satisfaction et c’est pour ça que j’ai décidé que les maillots seraient les mêmes cette saison parce que je considère que la saison dernière n’est pas vraiment terminée.

Même si pour vous la saison dernière n’est pas vraiment terminée, Colomiers ne bénéficie pourtant plus de l’effet de surprise et a plus de difficulté à s’imposer même si les résultats restent positifs...

Nous sommes clairement beaucoup plus attendus cette saison. Personnellement, j’appréhendais le mois de novembre avec les réceptions de Rouen, d’Oyonnax et de Nevers, mais bon nous avons réussi à faire de bons résultats. C’est passé, mais c’est passé juste. Contre Oyonnax nous faisons un match nul dans un match qui aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre et face à Nevers, nous arrivons à nous imposer mais nous aurions pu tout autant nous incliner. C’est passé très très juste à chaque fois. Après, je rappelle que l’année dernière, nous avions aussi eu la baraka, notamment lorsque nous gagnons à Rouen et à Valence-Romans. Je pense que les mecs en face vont s’en rappeler longtemps. Nous avions les dieux du rugby avec nous.

Quelle est l’ambition du club pour cette saison ?

Nous visons une qualification dans le Top 6 au minimum, ça serait un gros échec si nous n’y sommes pas. Et le pied du pied, ça serait une demie à la maison. Pour l’instant, nous sommes qu’au tiers du championnat, nous sommes dans les qualifiés et nous pourrions même toucher le podium à la fin de l’année après notre dernier match contre Perpignan le 22 décembre. Actuellement, nous sommes est assez satisfait de cette saison.

Pour marquer l’ambition du club et l’envie de rester dans la continuité, vous avez annoncé début novembre la prolongation de six joueurs. Vous avez encore plusieurs autres joueurs qui arrivent en fin de contrat à l’issue de la saison. Qu’en est-il de la préparation de la saison prochaine ?

En effet, nous sommes actuellement en discussions. Nous sommes en train de regarder pour faire des premiers contrats professionnels à certains de nos jeunes qui sont très performants depuis le début de la saison. Il y a aussi des discussions avancées avec d’autres joueurs avec des prolongations qui devraient arriver dans les prochaines semaines. Pour le reste, on sait qu’il y a des joueurs qui sont aussi titillés par l’extérieur et que nous ne pourrons peut-être pas conserver tout le monde malheureusement.

Le recrutement a-t-il aussi commencé ?

Oui, nous avançons petit à petit. Nous nous y étions jamais pris si tôt. Je crois aussi qu’il y a plus de demandes qu’auparavant. Puis nous aujourd’hui, sans trahir de secret, nous savons très bien que nous serons au minimum en Pro D2 l’année prochaine. Nous n’avons pas le spectre de la relégation pour dire attention. Je me rappelle d’ailleurs qu’avant je devais mettre la clause de relégation sur les contrats. Maintenant, il y a des mecs qui me demandent une clause de montée en Top 14. Ce sont des choses qui nous font plaisir parce que ça veut dire que le mec qui vient à Colomiers se dit « tient pourquoi pas ».

Vous parliez un peu plus tôt du mois de novembre qui a été délicat au niveau du calendrier, vous avez aussi été fortement touché par la Covid-19 durant plusieurs semaines. Comment avez-vous vécu cette situation ?

Ça a été des semaines très compliquées à vivre. Au club, j’ai été le premier touché par la Covid-19 en même temps que le Directeur Général Frédéric Boitier. Personnellement, j’ai eu des complications et j’ai mis du temps à m’en remettre. Au niveau du club, c’est vrai que nous avons été touchés mais malgré tout, sur nos trois matchs reportés, aucun n’est de notre fait. Contre Rouen, Biarritz et Perpignan, à chaque fois, ça a été du fait de nos adversaires. Maintenant, je touche du bois pour que tout cela soit derrière nous parce que chaque semaine, nous avons cette inquiétude liée aux tests.

En début de saison, les clubs ont joué avec des jauges réduites dans leur stade puis depuis plusieurs semaines les stades sont à huis clos. Plusieurs présidents ont déjà tiré la sonnette d’alarme face à cette situation. Qu’en est-il pour le club de Colomiers ?

Nous avons joué deux matchs avec des jauges à mille personnes, ce qui est un moindre mal pour nous car cela nous permet de faire venir quelques partenaires. Sur le huis clos, Colomiers va être, parmi les trente clubs professionnels, le club le plus impacté. En partant du fait que cela peut durer jusqu’au 20 janvier, même si nous militons pour un retour rapide des supporters, nous aurons disputé sept matchs à huis clos et c’est quand même quelque chose de très très important. Je ne veux pas disparaître des radars du rugby.

Avec le huis clos mis en place, les supporters et les partenaires ne peuvent plus venir à Michel-Bendichou. Comme le club s’organise pour garder un lien avec eux ?

C’est une situation forcément difficile et inédite. Nous essayons d’intéresser nos partenaires et nos supporters en communiquant plus avec eux, en leurs offrants des petites attentions. Nous avons par exemple fait livrer des plateaux-repas à nos partenaires le jour de la réception d’Oyonnax. Nous sommes aussi en train d’inventer quelque chose pour les fêtes de fin d’année, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment. Nous essayons d’être là, de rester proche d’eux, mais malgré tout, ils ne sont pas là…

Midi Olympique
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