Jutge : « Il n’y a absolument aucune sanction contre M. Brace »

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Controversé après son arbitrage du dernier Angleterre - France, l’arbitre irlandais Andrew Brace a vu sa désignation de la semaine prochaine modifiée, puisqu’il dirigera le match Wasps - Montpellier plutôt que le Toulouse - Exeter qui lui était initialement promis. Toujours en poste jusqu’au mois de janvier avant de rejoindre World Rugby, le Responsable des arbitres de l’EPCR en explique les raisons.

Alors qu’il devait initialement diriger Toulouse - Exeter, M. Brace a finalement été désigné pour arbitrer Wasps - Montpellier. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

La raison pour laquelle le comité de sélection et moi-même avons pris la décision d’échanger les désignations d’Andrew Brace et de Mike Adamson est toute simple : en prenant en compte plusieurs éléments, il nous est apparu que M. Brace ne pouvait pas évoluer dans les conditions de calme et d’apaisement nécessaires pour diriger ce match entre le Stade toulousain et le champion d’Europe. Cette rencontre s’annonce très serrée, susceptible de se jouer à un coup de sifflet, et il nous a semblé que le contexte du moment ne se prêtait pas à ce que ce soit Andrew Brace qui le donne. Il aurait pu y avoir trop d’interprétations négatives des deux côtés. Vous savez, ce sont des questions que l’on se pose avant chaque journée, pour tous les matchs, et c’est de plus en plus difficile en ce moment où tout le monde est à cran.

Clairement, s’agit-il d’une sanction, ainsi que l’interprète le grand public ?

C’est très important de le préciser, et je le dis sans aucune langue de bois : ce changement de désignation n’est en aucun cas une sanction à l’encontre d’Andrew Brace, encore moins un signe de défiance à son égard. C’est un arbitre en lequel nous croyons beaucoup, qui est jeune et évidemment encore perfectible, mais qui figure déjà dans le panel des 6 Nations et est promis à un bel avenir.

Au-delà du dernier Angleterre - France, l’arbitrage de M. Brace avait déjà critiqué après la demi-finale de Champions Cup entre Exeter et Toulouse…

Cela contribue au contexte dont je parlais. On veut lui permettre d’évoluer dans les conditions les plus sereines possibles. En tant que manager des arbitres, c’est mon rôle que de prendre ce genre de décision qui n’est rien d’autre qu’un moyen de le protéger. Il était préférable de mettre de la distance et du temps entre M. Brace et le public français, pour le moment.

On vous suit…

Afin d’être très clair, il y a eu dans le cas de la Coupe d’Automne une autre affaire qui est passée beaucoup plus inaperçue en France, qui a vu M. Poite se faire violemment critiquer par le staff du pays de Galles. Eh bien, alors que Romain Poite était prévu pour officier en tant que juge de touche la semaine suivante pour le match des Gallois, nous avons fait le choix de l’envoyer en Irlande, là encore pour qu’il puisse évoluer dans les meilleures conditions possibles. On était exactement dans la meilleure configuration, avec la volonté de faire évoluer nos arbitres dans le climat le plus apaisé possible. Même si c’est de plus en plus dur, car on note de plus en plus de comportements violents.

Les matchs à huis clos n’ont-ils pas tendance à exacerber cette agressivité vis-à-vis du corps arbitral ?

Il serait trop facile d’incriminer les huis clos ou la Covid-19, car cela fait des années que l’on observe toutes ces dérives agressives. Peut-être que les huis clos ont pour effet d’exacerber les réactions, puisque l’on entend tout ce qui peut se dire, mais les origines de mauvais comportements sont bien plus profondes. Il va falloir réfléchir aux moyens de mieux vivre et collaborer ensemble, car le climat n’est pas bon en ce moment.

Sur la forme et le fond, avez-vous abordé le sujet du dernier crunch avec M. Brace ?

Je ne commenterai pas ses décisions pour le moment, que ce soit en public ou en privé. En revanche, avant le 6 Nations, nous allons réunir les staffs de tous les pays, y compris bien évidemment le staff du XV de France. C’est à ce moment-là que je parlerai de ces situations avec eux, à froid et à tête bien reposée, dans un climat apaisé. Vous savez, dans ce milieu, on arrive toujours à se retrouver tôt ou tard. Cela arrive à tous les niveaux et c’est à nous, les managers, de faire en sorte que ces retrouvailles se passent pour le mieux.

Nicolas ZANARDI
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