Montpellier pris de vitesse face au Leinster

  • Les Montpelliérains de Guilhem Guirado ont subi la loi du plus fort, en l’occurrence du Leinster.
    Les Montpelliérains de Guilhem Guirado ont subi la loi du plus fort, en l’occurrence du Leinster. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany - Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Bien qu’accrocheurs et courageux, les Héraultais ont été débordés par la vitesse d’un collectif bien plus huilé que le leur...

On s’attendait à un match d’avants. Un choc frontal, brutal même. Pourquoi ? Parce qu’il allait mettre aux prises deux des plus puissants packs d’Europe en plein hiver. Et aussi parce que cette équipe du Leinster est connue et redoutée pour ses mauls pénétrants, à laquelle elle a eu recours plus de huit fois par match en moyenne la saison dernière, soit le plus haut score de la compétition.

En face, le manager montpelliérain Xavier Garbajosa avait sélectionné une équipe parée à ce combat, n’en alignant pas moins de quatre deuxième ligne dans son pack, avec Jacques du Plessis en huit et en faisant glisser Nicolas Janse Van Rensburg en troisième ligne aile, derrière les tracteurs Bastien Chalureau et Paul Willemse. Et sur le banc ? Encore du tonnage avec les deux numéros huit Louis Picamoles et Caleb Timu : « Face à une équipe aussi organisée et chirurgicale, on ne pouvait pas les laisser en plus avancer dans l’axe. On se devait de rivaliser en conquête, en touche et en mêlée, ce que l’on a fait » expliquait Garbajosa. C’est vrai. Les Montpelliérains ont signé un bon match en conquête, où l’on vit notamment le gaucher Grégory Fichten tenir tête à Michael Bent puis Andrew Porter, qui ne sont rien moins que deux des trois piliers de l’Irlande.

Seulement, il n’y eut pas de choc frontal. Ni même de bras de fer. Conscients qu’ils auraient pu tomber sur un os, les Irlandais ont d’emblée imposé un rythme infernal aux Montpelliérains, en déplaçant le ballon aux quatre coins du terrain. Un rythme rendu possible par deux choses : l’efficacité des soutiens offensifs qui offrirent des libérations rapides à la charnière irlandaise McGrath-Byrne, et surtout une précision et une fluidité collectives impressionnantes côté Leinster. « Pour avoir vu tous leurs derniers matchs de Pro 14, c’est ce qu’ils font tous les week-ends. Ils répètent une méthode, un plan de jeu qui leur sied et ils le font extrêmement bien. Ils maîtrisent parfaitement la moindre petite chose. » Offensivement, les Irlandais ont donc rapidement donné le tournis à la défense héraultaise. La preuve, c’est que les hommes de Leo Cullen ont inscrit des essais très variés : en bout de ligne après de longues séquences, après un maul pénétrant, ou sur une diagonale au pied lumineuse tapée par Ross Byrne pour l’ailier Dave Kearney. Voilà pour le domaine offensif. Et en défense ? Les Irlandais n’ont jamais relâché leur étreinte : « Malgré le poids, le pressing défensif était tel que nous n’avons que trop rarement franchi. On ne prenait pas les ballons lancés et on ne parvenait pas à prendre la vitesse nécessaire », regrettait Garbajosa.
 

Un socle est bien là

À l’issue de la rencontre, on avait pourtant un sentiment bizarre : celui qu’individuellement, les Montpelliérains avaient tous réalisé un meilleur match que leurs adversaires : « On ne peut pas reprocher aux joueurs de ne pas s’être envoyés. Mais même en y mettant le cœur à l’ouvrage, ça fait quand même cher à la sortie », grimaçait le manager qui reconnaissait la supériorité collective de l’adversaire : « Eux sont capables d’attendre, d’enchaîner 10 voire 12 temps de jeu pour trouver la faille et marquer. »

Alors, que retenir de cette défaite ? D’abord que le MHR peut désormais s’appuyer sur un socle fort, celui de son état d’esprit qui lui a permis d’aller marquer un essai à la 77e minute qui retira (temporairement) le point de bonus au Leinster : « Cet essai montre l’état d’esprit qui nous anime depuis plusieurs semaines. On doit le garder et construire dessus. Je suis sûr que ce match va nous faire progresser », positivait le demi de mêlée Benoît Paillaugue. Le retour du numéro neuf des Cistes après une longue absence faisait aussi partie des satisfactions de la soirée. Paillaugue s’illustra dans l’animation, dans le jeu au pied d’occupation et fut capable de tenir bon 80 minutes malgré quelques crampes en fin de rencontre. Citons aussi les performances d’Arthur Vincent, de Vincent Rattez, de Grégory Fichten ainsi que de Bastien Chalureau. Bref, même si cette défaite à domicile sonne le glas des espoirs européens du MHR (lire ci-contre), les Montpelliérains pourront se servir de ce choc contre l’une des références de la compétition pour continuer leur opération de redressement.

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