Boxing Day : La fête malgré le huis-clos

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Le sport professionnel est devenu un spectacle dans spectateurs.Peu à peu, tout le monde s’est adapté à cette situation exceptionnelle, même si l’absence de monde dans les stades va plomber le Boxing Day, un célébrant la convivialité du rugby depuis 2009.

Le rugby est un sport de rencontre.Sur le terrain bien entendu, mais surtout tout autour. Cette convivialité est même devenue un argument marketing pour permettre au ballon ovale de se faire une place médiatique dans un sport business largement dominé par le football. C’était d’ailleurs un des arguments avancés par la Ligue Nationale lors de la création du « Boxing Day » en 2009. Positionner une journée de championnat entre les fêtes de fin d’année serait une occasion unique de se rendre au stade en famille, entre amis, tout en permettant au rugby de se positionner sur une période sans aucune concurrence au niveau médiatique.

Les dirigeants de la LNR avaient vu juste ! L’événement est devenu une véritable fête populaire, attirant plus de supporters dans les stades vêtus de pulls ou bonnet de Noël.En moyenne, le Boxing Day permet d’attirer entre 15 et 25 % de spectateurs en plus que lors des autres journées du Top14.C’est d’ailleurs pour cela que des clubs, comme le Stade toulousain, privilégient les délocalisations dans des enceintes permettant d’accueillir plus de public. Le Boxing Day est aussi un rendez-vous majeur pour le diffuseur, qui en a fait le deuxième événement majeur de la saison derrière les phases finales, car cette journée festive correspond totalement aux valeurs promues par le rugby.

Avec la contrainte du huis clos, mais aussi les recommandations gouvernementales visant à éviter les regroupements familiaux de plus de six adultes lors de ces fêtes de Noël, vont forcément amputer cette journée du Boxing Day d’une partie de son côté festif, renforçant encore plus la sensation d’assister à un spectacle sans spectateur.Une situation que les acteurs connaissent depuis le mois de novembre, depuis que les supporters sont obligés de rester chez eux alors que le sport professionnel, nouvel opium du peuple, a eu droit de maintenir son activité malgré le deuxième confinement.

L’importance du seizième homme


Alors même si les entraîneurs et joueurs n’ont cessé de rappeler qu’ils seraient mal venus de se plaindre, qu’ils sont des professionnels avant tout capables de s’adapter à cette situation inédite, ce serait hypocrite que cette situation ne change rien, sinon ce serait nier l’importance du seizième homme.La foule hurle, supporte, transcende.Elle permet de faire monter l’adrénaline, de résister à la douleur, de puiser un peu plus au fond de soi.Elle permet aux petits de faire tomber les favoris. « Le huis clos favorise les équipes qui ont du talent, nous on a des talents en devenir », résumait l’entraîneur de Brive Jean-Baptiste Péjoine après la défaite à domicile face à Clermont. Frédéric Manca, alors entraîneur de Pau, avait aussi expérimenté le premier match à huis clos lors de la défaite à domicile face à La Rochelle : « C’est toujours plus facile de faire un match à huis clos à l’extérieur. On a eu beau en parler, on a découvert le huis clos. On sait qu’il va y avoir personne au stade mais c’est quand même spécial. »

Au fil des semaines, les joueurs ont pris leurs marques et y trouvant même quelques avantages comme le soulignait l’ouvreur de Castres Benjamin Urdapilleta : « Je trouve que c’est plus facile pour communiquer entre nous, vu qu’il n’y a pas le bruit des supporters. Parfois, dans un stade plein, c’est frustrant quand tu aimes parler avec tes partenaires comme c’est généralement notre cas à la charnière. J’ai besoin d’échanger avec mon numéro 9. Disons qu’il n’y a pas d’excuse sur un manque de communication en ce moment ! Si mon demi de mêlée me dit qu’il ne m’a pas entendu, je ne vais pas le croire (rires). Franchement, sur ce côté-là, c’est un avantage. Mais il est vrai que je préfère quand même voir du monde dans le stade. »
Même les arbitres, qui sont pourtant souvent la cible privilégiée des supporters, préfèrent. Tout d’abord parce qu’il leur est impossible de reconnaître le rôle joué par le seizième homme. « Cela relève vraiment du fantasme collectif », tranchait Franck Maciello dans les colonnes de la Montagne : « Ce ne sont pas les brouhahas du public qui vont influencer leurs décisions. »

Surtout, ce fameux brouhaha couvrait quelques bruits qu’ils entendent désormais comme le soulignait Jérôme Garcès : « Ce qui me gêne personnellement en ce moment, c’est moins ce qui se passe sur le terrain qu’en dehors. Depuis deux ou trois journées, on entend beaucoup de choses venir du bord de touche ou des tribunes, notamment des joueurs hors groupe. On entend des commentaires, des contestations, qui viennent de personnes qui devraient probablement s’en abstenir. Je crois qu’il doit absolument y avoir une prise de conscience rapide à ce niveau-là, car non seulement ces commentaires peuvent venir envenimer des situations, mais donnent surtout une très mauvaise image. Même pour les arbitres, c’est difficile, car auparavant les gars sur le terrain n’entendaient pas tout ce qui pouvait être dit au sujet de leurs décisions. » Et on est souvent loin de la convivialité prônée.

 

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