Décès de Jean-Pierre Lux : les adieux au « Chairman »

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Jean-Pierre Lux a reçu vendredi les hommages appuyés de ses coéquipiers et amis de l’US Dacquoise comme du monde du rugby dont il fut un éminent dirigeant.

Quand il remonta la nef en tête de cortège, direction la sortie, le prêtre, et pas n’importe quel prêtre, frappant de toutes ses forces dans ses mains, avait les larmes aux yeux. Il pleurait un fidèle, un ami, un coéquipier. Philippe Lebel, aujourd’hui abbé, fut, dans une autre vie, un talentueux trois-quarts centre, partenaire de Jean-Pierre Lux en 1973 lors de la cinquième et dernière finale perdue par l’US Dax, contre Tarbes à Toulouse.

Il y a cinquante ans, ou presque, à l’automne 1971, Lebel croisa la route de Lux à peine arrivé de Tyrosse dans le club de la cité thermale où il fit l’essentiel de sa carrière de joueur : « Ce fut une chance, une grâce de jouer avec Jean-Pierre. Fin connaisseur du jeu d’attaque, opportuniste, doté d’un double démarrage et d’une passe fluide. Lui et Claude Dourthe étaient mes idoles dans un style différent et complémentaire. Jean-Pierre n’aimait pas perdre. Il était introverti, mais un jour à Narbonne, contrairement à ses habitudes, il était venu s’asseoir à côté de moi pour me parler, me rassurer, avant un après-midi des plus âpres dont certains joueurs gardèrent longtemps les stigmates. » L’abbé avait quitté un instant ses habits d’homme d’église pour évoquer une jeunesse dacquoise dont de nombreux représentants, anciens internationaux ou pas, s’étaient retrouvés samedi dans la cathédrale de Dax pour rendre ce dernier hommage à Jean-Pierre Lux, un de ses plus beaux attaquants de leur club, si ce n’est le plus beau, 47 fois international, décédé dans la nuit de lundi à mardi dernier d’une longue maladie.

Plusieurs générations étaient là, groupées autour de Pierre Albaladéjo : Jean-Pierre Bastiat, Claude Dourthe, Jean-Louis Bérot, Olivier Roumat, Jean-Patrick Lescarboura, Richard Dourthe, Pascal Giordani, Patrick Labeyrie, et aussi disséminés dans l’église ou à l’extérieur, Marc Sallefranque, Serge Sarthou, Vincent Dezès, Jeff Dubois et Raphaël Ibanez. N’oublions pas les anciens présidents, Alain Pécastaing, Gilbert Ponteins, Philippe Celhay, et l’actuel, Benoît August ainsi que Philippe Jacquemain et Jean-Marc Degos.

Pendant onze ans, Jean-Pierre Lux, assuma le rôle de président de l’USD, avec « méthodicité et exigeante, traits communs de ton caractère », rappela Jean-Louis Bérot, âme du club, dans un discours émouvant ciselé au plus près de personnalité du disparu. « Le joueur était d’exception. Pour celui, comme moi, qui eut le privilège d’être le témoin de terrain d’une génération de trois-quarts de référence, tu étais la quintessence des qualités de chacun d’entre nous. Pour t’avoir suivi durant ces longs mois, le plus difficile a été de te voir souffrir d’une plaie chirurgicale très mal placée qui te condamnait à la position assise ou allongé, perdant ainsi des forces au fil des jours. » Jean-Louis Bérot rendit aussi un hommage appuyé à Annette, l’épouse de Jean-Pierre, à leurs filles et leurs petits enfants.

Président des coupes d’europe de la renaissance à l’âge d’or


Sans cette pandémie, l’église de Dax aurait accueilli un important contingent de dirigeants venus d’outre-Manche, mais tenus de rester chez eux pour éviter la propagation du virus. Ils n’ont pu s’incliner sur le cercueil de Jean-Pierre qui fut pendant seize années président des Coupes d’Europe, de la renaissance à l’âge d’or. Serge Blanco, l’ami, le complice, rappela la qualité de l’engagement de Lux, tant au niveau national qu’international. Il raconta, amusé, comment Jean-Pierre et lui avaient convaincu les Anglais de revenir dans la H Cup au terme d’éprouvantes discussions. « Pour cela, nous avions proposé une présidence tournante entre Français et Anglais. Jean-Pierre, tu allais être le président pendant seize ans, de 1999 à 2015. La présidence a tourné, certes, mais autour de toi… Comment ne pas être admiratif et respectueux du « Chairman », le surnom que je t’avais donné. Je te dis adieu et je te serre fort dans mes bras. »


À la demande de Jean-Louis Bérot, c’est donc sous une salve d’applaudissements que Jean-Pierre Lux a quitté Dax, définitivement, pour rejoindre le cimetière de Seyresse où ses anciens camarades pourront lui donner maintenant des nouvelles de son club chéri, l’US dacquoise.

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