Clermont sommé de durcir son jeu

  • Peceli Yato devrait enchainer ce dimanche un troisième match consécutif en deuxième ligne.
    Peceli Yato devrait enchainer ce dimanche un troisième match consécutif en deuxième ligne. Icon Sport
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Battus lors de leurs deux dernières sorties en Top 14 face à des oppositions similaires, qui leur ont imposé un gros combat, les Auvergnats devront muscler leur rugby.

Le problème n’est pas franchement nouveau mais, au fil des ans, les Clermontois peinent à le régler : s’ils peuvent être diaboliques dans un rugby de vitesse qui leur va si bien, avec des individualités dans toutes les lignes qui peuvent faire grand festin de petits espaces, l’équation devient autre plus délicate à résoudre dès lors que l’ASMCA trouve, face à elle, une équipe qui ferme le jeu. Par «fermer le jeu», il faut comprendre ces adversaires qui ciblent les Auvergnats devant, par du long travail d’usure physique et dans un rugby plus lent, plus cadenassé pour imposer un bras de fer dont les Auvergnats sortent trop peu souvent gagnants.

Les exemples récents ne disent pas autre chose : à Bristol, une équipe qui leur ressemble philosophiquement et qui ouvre des espaces, l’ASMCA s’est régalée de sept essais tous inscrits en déplaçant le ballon, six d’entre eux par des joueurs des lignes arrière. Une semaine plus tôt, face à Montpellier qui venait en Auvergne avec la ferme ambition de gagner les défis physiques directs plutôt que de se faire des passes, Clermont avait plié.

Une semaine plus tard, avec une entame dynamique, l’ASMCA rompait franchement dans le défi physique imposé par les Munstermen. Sans rien lâcher au combat, dans l’abnégation mais subissant simplement la loi du plus fort qui finissait systématiquement par les mettre à la faute. Ce constat est encore valable la semaine dernière, à Toulon, avec une équipe certes très rajeunie. «Je suis fier des mecs, tranchait pourtant Franck Azéma. Ils s’y sont filés, ont fait une très bonne première mi-temps, et jusqu’à la dernière seconde, on n’a jamais coupé le robinet, on a essayé d’entreprendre et on a essayé de ne pas céder en défense.» La jeunesse clermontoise fut effectivement irréprochable dans l’engagement. Mais, au bout, une défaite encore frappée du sceau de la densité physique, supérieure dans les rangs adverses…

Première pression sur le classement

La venue du Racing 92, ce dimanche à Marcel-Michelin, pose une nouvelle fois l’enjeu du défi physique pour les Auvergnats. D’autant que le souvenir de septembre, quand les Franciliens étaient venus nettement s’imposer en Auvergne pour le quart de finale de Champions Cup (27-36), est tenace. Ce jour-là, c’est devant, tout en puissance, que le Racing 92 avait d’abord pris l’ascendant sur l’ASM.

Faut-il s’attendre à un tel schéma ? Assurément, si les Racingmen possèdent bien des talents derrière, c’est d’abord sur un pack de fer qu’ils s’appuient. Il apparaît peu probable, dès lors, qu’ils changent de stratégie pour leur retour en Auvergne, d’autant qu’ils devraient une nouvelle fois aligner un paquet d’avants à fort tonnage.

Voilà le défi posé pour les hommes de Franck Azéma, désormais largement avertis à ce sujet. Mais le contexte pousse à la prudence : les absences devant pèsent lourd, en ce moment, dans la balance auvergnate. à commencer par celle de Sébastien Vahaamahina, justement le joueur le plus à même de rivaliser dans ces joutes obscures. Pour compenser, les retours de Van Tonder et Timani sont clairement espérés (lire ci-contre) et seraient un gage de densité bienvenu.

Après la grande rotation opérée dans le Var, sur des choix de coaching, d’autres retours doivent également aider à résoudre une partie de l’équation : Falgoux, Pélissié, Cancoriet ou Lee devant ; Penaud, Moala, Matsushima ou Lopez derrière. Avec, déjà, une première pression qui se fait sentir au classement, malgré les deux matchs en retard que concèdent toujours les Auvergnats. «Notre défaite à Toulon met de la pression pour la réception du Racing, convenait à ce sujet Wesley Fofana, dimanche soir. Il faut vite réagir, faire le bilan rapidement et préparer ce match, car le Racing, c’est un autre gros client.»

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Léo FAURE
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