En pensant aux amateurs

  • Nationale - Nice contre Albi (Crédit photo : Nice Matin).
    Nationale - Nice contre Albi (Crédit photo : Nice Matin).
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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Nous y sommes, enfin. En 2021. Nous en avons terminé avec cette fichue année 2020 marquée par la crise de la Covid-19 qui a conduit, sous l’effet d’une mauvaise passe croisée, au bouleversement de nos quotidiens. Le rugby n’y a pas échappé, mis en hors-jeu comme tant d’autres pans de notre vie.

Superstition mise à part, il est difficile de croire que 2021 sera fondamentalement meilleure du jour au lendemain. L’avenir s’inscrit en pointillés et nos vœux pour la nouvelle année s’accrochent à de drôles d’espoirs.

C’est vrai, 2023 n’est plus très loin. Dans l’aspiration du Mondial, les Bleus doivent confirmer leur ascension. Alors souhaitons qu’ils gagnent, dès demain ! Et que le Top 14 retrouve aussi vite une forme de normalité avec du monde dans les stades.

Le reste sur la liste ? Des évidences : la fin des conflits entre nos institutions, une stratégie d’avenir autour d’une vision partagée ; un peu stabilité autour des locomotives « Top14 - ProD2 » qui ont besoin de tout sauf de perdre des éléments ; une Coupe d’Europe réinventée qui suscite l’engouement des participants ; et puis, des joueurs emblématiques qui, tel Antoine Dupont ou Romain Ntamack, touchent le plus large public possible…

Si notre vitrine doit être la plus séduisante possible, impossible de ne pas avoir davantage qu’une simple pensée pour le monde amateur qui, lui, a disparu des radars. L’enjeu majeur de la séquence électorale qui opposa Laporte et Florian Grill ne semble plus peser très lourd dans la balance. C’est le cœur de notre rugby qui est concerné, plongé dans l’ombre du virus, sacrifié par l’absence de compétitions.

La Nationale devrait reprendre rapidement, parce qu’elle ouvre l’horizon vers le monde professionnel. Les autres resteront suspendus aux mesures sanitaires autant qu’aux risques financiers d’avoir à rejouer - quand ce sera possible - sans public et donc sans recettes guichet ou buvette pour mettre un peu de beurre dans les épinards. La prudence pourrait ainsi conduire les dirigeants fédéraux à déclarer une nouvelle saison blanche, sans fin. Ce serait un mauvais coup pour la discipline, déjà confrontée depuis trop d’années au déclin du nombre de ses licenciés.

Alors demain, plus que jamais si la compétition ne reprend pas, il sera primordial d’inventer une suite au rugby des matchs. Parfois sans ballon et même loin des terrains. En mode loisir, scolaire ou solidaire. Qu’importe la manière, il convient de (re)tisser le lien au cœur des territoires et, plus que tout, de faire raisonner une culture qui, permettez cette prétention, nous semble avoir quelque chose de fondamental à partager dans une société qui se regarde le nombril.

C’est à ce prix que l’année sera vraiment belle.

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