Péméja : « Toucher l’arbitre, c’est toucher l’institution et ça ne se fait pas ! »

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Le manager de l’Uson Xavier Péméja, très en colère au micro de nos confrères de Canal + après le geste de son joueur Josaia Raisuqe vendredi soir à la fin de la rencontre face à Béziers, a accepté de revenir avec un peu plus de recul sur cet épisode tragi-comique. Entre compréhension et intransigeance, le patron du secteur sportif assure que le joueur ne sera pas licencié.

Vous avez durement réagi après le geste de Josaia Raisuqe. Avez-vous le sentiment que votre joueur a commis une faute grave ?

Je sais bien que le geste de Raisuqe, dans la situation actuelle où les gens ont besoin de légèreté, fait rire tout le monde, mais il est inacceptable. L’arbitre, c’est le garant de ce jeu. C’est le juge du rugby. Toucher l’arbitre c’est toucher l’institution et ça ne se fait pas. On ne touche pas à une institution. Je sais bien que la comparaison est osée mais si demain vous passez au tribunal, vous n’allez pas embrasser ou soulever le juge pour le remercier de ne pas vous avoir condamné à une amende. Après, je sais bien qu’il n’y a rien de méchant dans le geste de Raisuqe. Je sais bien que c’est juste la démonstration d’une joie un peu trop exubérante. Mais je le répète, ça ne se fait pas.

Êtes-vous en colère après lui ?

On ne peut pas se permettre d’avoir ce genre de comportement. Les arbitres sont les garants des règles du jeu. Les attaquer, c'est comme attaquer les décisions d’un juge dans le civil. On ne doit pas avoir ce genre de comportement. Ça doit être sanctionné. Évidemment, le geste prête à rire, mais de par ma position, je ne peux pas cautionner. On ne doit pas toucher un arbitre. Point barre. Il y a quelque temps, j’ai été convoqué par la commission de discipline parce que j’avais crié depuis les tribunes, sans insulter l’arbitre. J’ai été sanctionné. Et c’est logique.

Pensez-vous qu’il sera durement puni par la commission de discipline ?

J’imagine qu’il servira d’exemple et malheureusement, ça peut se comprendre. Le rugby ne peut pas laisser passer ce genre de geste.

Au risque de nous faire l’avocat du diable, ce geste est aussi un moment de légèreté au cœur d’une période qui est très difficile, où le sport ne suscite quasiment plus d’émotions alors que c’est son ADN…

C’est aussi pour cette raison qu’aujourd’hui ce geste fait le tour des réseaux sociaux. Notre société vit une période très difficile. Au risque d’être un peu grossier, les gens s’emmerdent car ils sont privés de leur petits plaisirs, de leurs instants d’émotions, de partage. Les moments d’euphorie sont rares depuis un an, tout le monde est en manque. Je comprends donc très bien que ça fasse rigoler. Mais je me mets aussi à la place de l’arbitre Monsieur Millotte.

Avez-vous pu échanger après la rencontre avec lui ?

Je dois vous dire que j’ai vraiment très apprécié sa réaction après le match. Jamais il n’a montré son agacement, jamais il n’a été virulent vis-à-vis de moi, de mes dirigeants ou même du joueur. Il m’a confié qu’il n’avait pas ressenti la moindre agression, la moindre violence. Mais il était obligé de mettre ce carton rouge. Il s’est presque senti obligé de justifier la sanction, mais il n’avait même pas besoin de le faire. Pour moi, sa décision est d’une logique implacable et il a fait œuvre de pédagogie à l’issue de la rencontre. Je le remercie.

Comment a réagi votre joueur ?

Quand je l’ai engueulé dans le vestiaire, il m’a regardé avec un air incrédule. Il ne comprenait pas. Pour lui, il a juste exprimé sa joie. Je lui ai calmement expliqué que son geste était grave, qu’on ne pouvait pas réagir de cette façon. Mais comment voulez-vous qu’il comprenne ? J’avais tous les mecs morts de rire autour de lui dans le vestiaire. Et quand je vois l’ampleur de cette affaire sur les réseaux, quand je vois que les gens prennent la défense de Josaia, qu’ils rigolent de ce geste, comment voulez-vous les blâmer ? Elles sont rares les occasions de sourire en ce moment. Le rugby, c’est du partage, c’est de l’émotion. Aujourd’hui, il n’y a plus de public, plus de troisième mi-temps. C’est terrible. Bref, pour l’heure, aucune décision n’est prise. Nous allons reparler avec lui, faire un travail pédagogique et nous aviserons.

Raisuqe sera-t-il sanctionné par le club ?

On ne va pas le virer ! Nous allons attendre de connaître la sanction de la commission de discipline. Il sera très certainement fortement sanctionné. Mais comment le défendre ?

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