Rémi Lamerat est arrivé à maturité

  • Rémi Lamerat est l’un des éléments essentiels de la ligne de trois-quarts de Bordeaux-Bègles. Photo Icon Sport
    Rémi Lamerat est l’un des éléments essentiels de la ligne de trois-quarts de Bordeaux-Bègles. Photo Icon Sport Hugo Pfeiffer / Icon Sport - Hugo Pfeiffer / Icon Sport
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Le centre international, Rémi Lamerat, qui vient de fêter ses 31 ans monte ces dernières semaines en puissance. Focus sur un joueur qui a su assainir son jeu et apprendre de ses erreurs pour devenir aujourd’hui l’un des piliers de la ligne d’attaque girondine.

La devinette est facile, l’analogie l’est tout autant. Seulement, elle sied à merveille, alors la voilà : savez-vous pourquoi Rémi Lamerat ressemble à sa deuxième passion, le vin ? Parce qu’il est comme un grand cru : il se bonifie avec le temps. Cette saison, le natif de Sainte-Foy-la-Grande vit sa treizième saison de rugby professionnel, après ses débuts réalisés en 2008 avec le Stade toulousain. Il y évolua pendant trois saisons avant de rejoindre Castres pour les quatre suivantes où il connut le bonheur d’un titre de champion de France, ainsi que les sueurs froides de la course au maintien.

C’est aussi là qu’il connut la joie d’être appelé avec le XV de France, avec lequel il disputa 19 tests entre 2014 et 2018, dont 14 comme titulaire. Après trois saisons passées à Clermont, Lamerat a donc décidé de rentrer au bercail, chez lui, en Gironde, où il continue à se bonifier avec le temps. Pour sa deuxième saison avec l’UBB, Rémi Lamerat fait partie des hommes en forme du moment. La semaine dernière, contre Lyon, on l’a vu évoluer dans tous les registres : percuteur, passeur, régulateur, défenseur… le centre aux 19 sélections avec les Bleus sait tout faire, et bien. Ce ne fut pas toujours le cas : lorsqu’il évoluait à Castres, son envie débordante lui faisait parfois confondre vitesse et précipitation, notamment quand il s’agissait de faire jouer après lui. Plutôt que de s’abstenir, le Foyen tentait un offload impossible, qui finissait souvent dans les mains adverses.

Charrier : "un appui pour notre charnière"

Cette époque est bel et bien révolue. Et Frédéric Charrier, qui fut son entraîneur au CO, ne peut que le confirmer : "Ce n’est plus le même Rémi qu’à Castres. Il a beaucoup évolué. Avant, il avait du déchet, mais son passage en équipe de France lui a fait du bien. Il connaît désormais très bien le haut niveau, il a évolué techniquement pour devenir plus propre dans son jeu. Il est plus lucide, et sait quand il doit tenter quelque chose ou jouer simple." Son évolution technique s’est encore vérifiée la semaine dernière, quand il a signé une splendide chistera décroisée malgré le plaquage désespéré de Léo Berdeu pour offrir à son nouveau partenaire Bautista Delguy son premier essai en Top 14.

Le genre de geste que l’on ne réussit pas quand on n’est pas sûr de sa force, et serein dans sa tête. Car à 31 ans, Rémi Lamerat fait aujourd’hui figure de sage dans une ligne d’attaque girondine très jeune : "Rémi nous apporte son expérience, renchérit Charrier. Aujourd’hui il joue juste, et régule la ligne d’attaque : il trie les ballons, et communique énormément avec les leaders de jeu qui sont devant lui. C’est en cela qu’il est un appui pour notre charnière. Quand il est en pleine forme, il apporte un plus à Matthieu Jalibert qui évolue à ses côtés, car il peut l’aider dans ses choix grâce au recul et à l’expérience dont il bénéficie. Et puis Matthieu sait que s’il hérite d’un ballon délicat, il a à côté de lui un joueur puissant capable de trouver de l’avancée."

Ce week-end, Rémi Lamerat retrouvera ses anciens coéquipiers de Clermont, où il évolua de 2016 à 2019. Mais encore une fois, il n’y aura pas de place pour les sentiments entre deux formations qui sont au coude à coude au classement, avec 33 points chacune mais un match en retard supplémentaire pour les Auvergnats. Il n’y aura pas non plus de sentiment quand le puissant Girondin croisera la route du non moins spectaculaire George Moala, qui figure parmi les meilleurs centres du Top 14. Et pour tout vous dire, on salive déjà à l’idée de ce duel…

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