Messieurs, éclairez-vous

  • Jacky Lorenzetti se présente en soutien de Vincent Merling
    Jacky Lorenzetti se présente en soutien de Vincent Merling Icon Sport
Publié le , mis à jour

L'édito d'Emmanuel Massicard... Certaines prises de paroles ne passent pas inaperçues. Celle de Jacky Lorenzetti, sur rugbyrama.fr, a fait grand bruit parce qu’elle lançait la campagne menant à l’élection du futur président de la Ligue Nationale de Rugby. Jacky roule donc pour Vincent Merling, qu’il verrait bien héritier de Paul Goze. Il dit non à Jean-François Fonteneau et, surtout, à Bernard Laporte avec qui le président agenais ne cache pas sa proximité.

Vous l’aurez compris, la deuxième manche de la guerre FFR/LNR est désormais ouverte, et les coups risquent de voler bas jusqu’à fin mars. Outre le clivage institutionnel et l’orgueil des hommes, nous allons aussi assister à une nouvelle lutte des classes entre Top 14 et Pro D2.

Le rugby dans tout ça ? Le présent, l’avenir, les idées et les projets ? Cynique à dessein, le président du Racing 92 défend qu’ils sont accessoires face au combat politique qui s’annonce. C’est manichéen, avec le camp du bien contre celui du mal. Fadaises.
Nous ne le suivrons pas sur ce terrain. Parce que nous avons besoin de tout autre chose que ces conflits de personnes — et d’intérêts — qui masquent la réalité des défis à venir. Parce qu’il est urgent d’avoir à construire un modèle pérenne autour des Bleus et des clubs ; avec une vision pour l’ensemble qui ne répondra pas à la seule urgence économique du moment mais tiendra compte du besoin qu’a notre sport de reconquérir public et territoires.

À la mesure de tels enjeux, supprimer le Top 14 au profit d’une élite à 10 ou 12 reviendrait à scier la branche sur laquelle notre discipline est assise. Jacky Lorenzetti le sait. Comme les autres, il a besoin de remplir son stade pour garder l’équilibre. Et sans match, point de salut… Mais comme les autres, il a également besoin de ses internationaux pour gagner et attirer du monde. Or, rester à un Top 14 revient à se priver d’eux pendant une paire de matchs…
Plus que tout, réduire l’élite reviendrait à exclure les Perpignan, Biarritz, Grenoble, Oyonnax ou Agen. Et demain, possiblement, Brive, Castres ou Bayonne qui n’auront plus les moyens de vivre entre deux mondes, comme aujourd’hui. Pour nous, ce serait insupportable.

Ce seul sujet autour de l’avenir du Top 14 permet de comprendre que le futur match entre Merling, Fonteneau, Bouscatel ou un invité surprise doit vite dépasser la guerre des clans. Et qu’il ne pourra raisonnablement pas échapper au fond des choses et aux projets que Lorenzetti repousse pour des questions de principes.

C’est sans doute la première fois que les clubs auront ainsi à se positionner, entre un désir d’autonomie vis-à-vis de la Fédération et la réunification d’une famille qui, historiquement, s’est toujours tenue à distance. Chacun restant maître chez soi. Les Bleus d’un côté, les clubs de l’autre. Avec les joueurs au milieu, pris entre le marteau et l’enclume.

Qu’en sera-t-il demain ? Quoi qu’en dise Jacky, les réponses sont entre les mains de l’heureux élu. Aux candidats de se positionner et d’éclairer les votants. Dans deux mois, il faudra avoir choisi son camp…

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