Nevers réduit mais irréductible

  • Jason-Colin Fraser et les Neversois sont difficilement venus à bout de Provençaux accrocheurs
    Jason-Colin Fraser et les Neversois sont difficilement venus à bout de Provençaux accrocheurs Icon Sport
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Transfigurés à 14 contre 15 pendant le dernier quart d’heure, les Neversois ont arraché leur troisième victoire consécutive (23-19) face à des Aixois fébriles sur leurs balles de match.

Comme à Béziers une semaine plus tôt, l’Uson Nevers Rugby a terminé la rencontre face à Provence Rugby en infériorité numérique — mais en supériorité psychologique — en préservant grâce à une défense sublimée une victoire qui donne un peu de confort à sa 6e place en reléguant à sept points l’adversaire du soir. Le carton rouge infligé au pilier gauche David Lolohea (63e), et la pénalité afférente du métronome aixois Florent Massip, pouvait laisser craindre le pire pour des Nivernais qui sentaient le souffle des Provençaux sur leur échine.

«J’ai eu peur», avoue leur manager, Xavier Péméja, la tignasse un peu plus blanche après un dernier quart d’heure passé tendu tel un arc au bord du terrain comme on se tient au bord du vide. «Mais ils n’ont rien lâché. Ce soir, je suis hyper fier d’eux. On a déjà connu des victoires magnifiques, mais celle-là, elle est vraiment très belle.»

Radieux, transi et claudicant de fatigue, l’ouvreur Nicolas Vuillemin a été le témoin privilégié de la métamorphose des siens quand est tombée la sentence sur David Lolohea : «Je vois tout de suite dans les yeux des mecs que ça va réagir. Il n’y a pas eu de panique, et on a joué à 200 %.» Même à huis clos, dans un Pré-Fleuri frigorifique, l’essence du match à domicile ne s’est pas volatilisée : «On est chez nous, c’est notre terrain.»

La frustration provençale

Le scénario de la saison passée, laborieuse puis rageuse, se répète : «Il y a un truc qui se crée», sourit Nicolas Vuillemin. Précieux dans les airs et au sol, le flanker Julien Kazubek souligne lui aussi le «caractère» trempé dans l’eau-forte d’une fin de match irrespirable : «On est allé la chercher ensemble, en restant soudés. Chapeau à tout le monde.» Une fierté quasi paternelle éclaire le regard de Xavier Péméja : «Je les vois grandir, les liens entre eux sont de plus en plus forts. Ce groupe est en train de devenir une belle équipe. Résister comme ça, quand c’est très dur, cela fait faire un pas de plus dans la confiance.»

Côté aixois, le manager Fabien Cibray saupoudre un peu d’autodérision sur une défaite due pour l’essentiel à des «balles de match» perdues, d’abord sur un ballon porté contré par le pack neversois dans ses 22 mètres puis par deux ultimes pénalités qui n’ont jamais trouvé la touche. «Ce qui est positif, c’est qu’on ramène notre premier point de bonus de la saison. On a enfin ouvert notre compteur, sourit amèrement le coach. C’est frustrant car on venait avec l’intention de gagner. On a eu des temps faibles et on a fait le dos rond. Mais il faut plus de précision pour gagner ce genre de match.» L’ailier Andrzej Charlat balance lui aussi entre «frustration» et «fierté» après la «grosse partie» de son équipe sur ses anciennes terres : «C’était un match à haute intensité. Ce n’est jamais facile de gagner ici. Mais ce qu’on a montré ce soir est de bon augure pour la suite.»

Sébastien Chabard
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