Piqueronies : « Continuer à baliser le parcours des jeunes »

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Le technicien, Sébastien Piqueronies, à la tête des Bleuets champions du monde en 2018 et 2019, insiste sur les ambitions à moyen terme de la génération actuelle.

Comment vivez-vous la situation ?

Il y a deux émotions. D’abord, la frustration. Quand on est compétiteur, on a envie de se comparer, de s’évaluer, d’être en concurrence avec les autres. Il y a aussi énormément d’humilité par rapport au monde qui nous entoure et qui est frappé par la crise. On se rend compte que nous, sportifs ou encadrants de sportifs de haut niveau, avons le privilège de pouvoir s’entraîner et pratiquer notre activité. Il y a des enjeux plus importants que nos compétitions mondiales.

Comment les joueurs ont-ils accueilli le report du tournoi des moins de 20 ans ?

Ils voulaient s’étalonner mais on touche des générations extraordinaires au sens de la responsabilité, de la détermination et de l’autonomie. Ces garçons sont vraiment sur un chemin de développement, sur des axes de progression et des ambitions sur le moyen terme. Le mois de février était un objectif sur le court terme pour eux, sur lequel ils voulaient être performants. Mais ce qui les guide, c’est leur ambition sur le moyen terme. Dès lors que c’est bien ancré en eux, cela n’altère en rien leur travail et leur exigence au quotidien. Ce sur quoi on essaie d’être vigilant et de les accompagner.

C’est-à-dire ?

Il est de notre responsabilité de les projeter et de situer dans leur parcours que les échéances moins de 20 ans ne sont que des supports afin de donner de l’expérience et des compétences pour aller plus haut. L’objectif ultime, c’est d’amener un maximum de joueurs concurrentiels pour le XV de France.

Comment ?

Par des stages avec l’équipe de France à 7, certains sont partis avec Jérôme Daret ces derniers mois, des partenariats d’entraînement avec le XV de France, beaucoup l’ont fait pendant l’Automn Nations Cup. Dans les deux cas, on « booste » des joueurs. ça existe depuis un an ou deux. On peut également innover, créer d’autres formats de stages au poste, ce qu’on attend de déployer, faire des matchs amicaux contre les Anglais. On a le projet d’équipe France 23 en stand-by. Pourquoi pas, si on le trouve indispensable avec Fabien (Galthié) proposer à l’horizon 2022 un ou deux matchs de développement de France 23. J’ai la sensation qu’on est capables de s’adapter à l’écosystème du moment. Le Tournoi et le Mondial moins de 20 ans sont des supports de développement fabuleux. Momentanément, ils sont incertains. À nous d’être agiles. L’important est de continuer à baliser un parcours en attendant que les saisons internationales redeviennent normales. L’étape moins de 20 ans est sacralisée mais, pour nos meilleurs éléments, ce n’est à coup sûr qu’une étape.

Ces échéances sont aussi des occasions en moins de se montrer au niveau international et de convaincre les entraîneurs en club pour évoluer en Top 14 ou Pro D2…

Oui, mais l’environnement des clubs et le regard des managers de ces clubs sont encore plus bienveillants qu’il ne l’était avec les joueurs de la filière. Une majorité d’entre eux se structurent avec une architecture centre de formation et groupe professionnel qui travaillent main dans la main. Nos jeunes joueurs d’élite entrent vite dans les squads élargis professionnels. Et ce qui fait la différence, c’est la qualité des garçons.

Comment se matérialisent les ambitions à moyen terme chez ces joueurs ?

Je cite un exemple. Après discussions avec Laurent Travers de l’intérêt du joueur, Nolann Le Garrec est venu en stage avec nous, selon un accord concordant avec le Racing. Il était là le dimanche soir et j’ai voulu le voir, craignant sa déception vu que le report du Tournoi allait être annoncé. Avant d’entamer l’échange, il m’a lâché exactement ce que j’allais lui dire. Il m’a assuré être là pour emmagasiner de la confiance avec ses partenaires, faire grossir le projet France et qu’on soit sur le toit du monde. Il est dans cette appartenance. Il m’a bluffé par ses mots dans le sens où il avait compris que, quand on se reverrait, on aurait avancé. Il était déjà là dans l’après. Ce n’est pas manquer d’humilité, c’est assumer ses ambitions.

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