Lees : « Le jour, j’étais mécano, le soir, je jouais au rugby »

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Mitch Lees, deuxième ligne de Brive, Australien, un des meilleurs Brivistes du moment, nous parle de son parcours, de ses ambitions et de sa vie en france.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis né en Australie. J’y suis resté jusqu’à 23 ans avant de lancer ma carrière professionnelle en Angleterre. J’avais commencé le rugby à 6 ans à l’école. Mon père avait joué à XIII pour les Sydney Rabbitohs mais il n’avait pas eu l’opportunité d’être sélectionné. J’ai joué aussi à XIII, puis au lycée, je suis revenu à XV avec mes amis.

Pourquoi êtes-vous parti d’Australie si jeune ?

Je n’ai pas eu de proposition de franchises de Super Rugby, c’est aussi simple que ça. En 2011, j’ai eu la joie de remporter le New South Wales Shute Shield avec mon club d’Eastwood. J’étais dans une super équipe, avec Nic White et d’autres joueurs de Super Rugby, et j’avais bon espoir de décrocher un contrat mais ce n’est jamais arrivé. Après l’école, je suis devenu mécanicien auto dans un garage. Je travaillais à temps plein et le soir je jouais au rugby. J’ai eu la chance d’avoir un ami agent. En 2012, il s’est démené pour me trouver des clubs en Europe. Il a posé deux contrats devant moi : l’un avec les London Welsh, l’autre avec Aix-en-Provence, qui était alors en Fédérale 1. Ma copine, qui est devenue ma femme, m’a dit que c’était le moment de prendre un contrat professionnel ou d’arrêter le rugby pour me consacrer pleinement à autre chose. Ses parents étaient du pays de Galles, elle avait un passeport britannique. On a donc choisi ensemble d’aller à Londres. Elle est venue avec moi et on a commencé cette aventure ensemble.

C’est un itinéraire plutôt atypique…

Oui, certains ont des parcours plus directs en intégrant une académie à 18 ou 19 ans puis en décrochant un contrat dans la foulée. Moi, j’ai dû travailler à côté et persévérer dans ma carrière. Je jouais tout de même au niveau juste en dessous des Waratahs. Je n’étais pas si loin et, avec un coup de pouce, j’ai eu la chance de vivre de ma passion et de parcourir le monde.

Une fois arrivé à Londres, votre destin a connu un coup d’accélérateur soudain. Racontez-nous…

Oui, tout s’est accéléré. Après trois ou quatre matchs avec les London Welsh, je me suis retrouvé contacté par plusieurs équipes de Premiership. Rob Baxter, d’Exeter, m’avait demandé de venir. Il m’a présenté le club, ses projets, ses idées. J’ai été convaincu. C’était une marche supplémentaire pour moi. C’était le bon choix quand je vois la progression qu’a connue cette équipe. Nous avons eu quatre finales de championnat, malheureusement avec un seul titre à l’arrivée quand j’y étais. Il y a aussi eu une LV Cup. C’était une super aventure, je suis heureux d’y avoir pris part. Elle s’est terminée plus tôt que je ne l’aurais voulu. Heureusement, j’ai alors eu le coup de fil de Jeremy Davidson.

Comment aviez-vous réagi ?

C’était l’occasion de relever un autre challenge, de découvrir un nouveau championnat. J’ai adoré mes années en Angleterre. Mais je trouvais ça excitant de me tester ailleurs, sportivement et mentalement. C’est un peu plus lent que ce que j’ai connu. Mais ça me va : avec l’âge, je suis moins rapide. Comme je m’y attendais, la conquête et les phases de collision sont prépondérantes. Mais il faut être prêt car, à tout moment, le jeu peut s’accélérer et ça va très vite. Franchement, j’adore.

À 32 ans, vous êtes à votre huitième saison en professionnel. Vous sentez-vous encore jeune ?

Oui, toujours. Si l’on prend soin de son corps et que l’on garde la motivation dans la tête, on le reste longtemps.

Avec Exeter, vous luttiez pour des titres. Désormais, c’est davantage pour le maintien. Est-ce si différent quand on est joueur ?

Je ne nous vois pas comme un club condamné à lutter pour sa survie. Je suis persuadé que nous valons mieux. On se voit comme une meilleure équipe. Notre début a été bon, il y a eu une période difficile mais c’est reparti dans le bon sens depuis quelques matchs. La victoire est en nous. Nous avons notre destin en mains pour réaliser une belle saison. Il ne faut se concentrer que sur ça, pas sur les autres. Il n’y a pas de pression à se rajouter.

À Pau, c’est un nouveau bras de fer qui vous attend…

Oui, encore un rival direct. Ça s’enchaîne en ce moment. Au pied du mur, Brive sait se redresser les manches. Ce sera un sacré combat, tout le monde en a conscience. Ce groupe a le cran nécessaire pour le relever. Il y a du caractère dans ce vestiaire. À l’image de Saïd. C’est un grand capitaine, il amène un souffle, une passion à tout le monde. C’est un leader par l’exemple, il tire tout le monde vers le haut.

En tant que deuxième ligne, comment vivez-vous la relation avec Jeremy Davidson, ancien grand joueur du poste ?

C’était un Lion britannique, ça vous pose un joueur. Il aurait pu avoir une carrière encore plus remarquable sans ses blessures. Il a une expérience très solide. Il a une vision précise de ce qu’il attend de ses deuxième ligne. Surtout sur toutes les tâches obscures du poste. Mais sur la touche, le saut, la mêlée, tout ça, il a beaucoup à apporter.

Vous avez prolongé votre contrat jusqu’en 2023, à l’automne. Pourquoi avoir pris cette décision ?

C’était une évidence. J’ai eu quelques touches pour rentrer en Australie et enfin avoir l’opportunité de découvrir le Super Rugby. Mais je n’avais pas fini mon aventure ici, j’avais encore à donner à ce club. La première saison a été tronquée, la deuxième suit son cours mais sans public. Je voulais aller plus loin avec ce groupe et accomplir ma mission en encadrant cette jeune équipe. Il y a de nombreux jeunes talents qui ne demandent qu’à s’exprimer. Ils représentent l’avenir et, moi comme d’autres, je suis là pour les guider. Ce rôle est très intéressant. À côté de ça, en dehors des terrains, ma famille et moi nous sentons bien. Tout le monde a tissé de nouvelles relations et s’est bien acclimaté. Je suis un homme heureux à Brive.

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