Brive, touché mais pas coulé

  • Malgré des défaillances dans les secteurs de la touche et de la mêlée fermée, les Brivistes se sont montrés bien plus disciplinés que leurs rivaux palois.
    Malgré des défaillances dans les secteurs de la touche et de la mêlée fermée, les Brivistes se sont montrés bien plus disciplinés que leurs rivaux palois. Icon Sport - Icon Sport
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Privés de 7 ballons en touche et copieusement dominés en mêlée fermée en fin de première mi-temps, les Corréziens sont malgré tout parvenus à remporter ce match de la peur. Les temps changent…

Ils étaient à l’évidence meilleurs au rugby, les Brivistes. Mieux préparés que leurs adversaires, moins stéréotypés collectivement. Dominateurs dans le jeu au sol (dans le sillage du capitaine Saïd Hirèche encore omniprésent), supérieurs sur une grande majorité des collisions (notamment derrière), et pour tout dire inspirés dans le jeu de mouvement. On en veut pour preuve cette entame supersonique qui leur rapporta immédiatement 3 points, et surtout ce splendide essai de Kamikamica au bout d’une contre-attaque menée par le demi de mêlée Julien Blanc (24e), sur laquelle deux passes après contact de Buliruarua et Bituniyata illuminées par une merveille de soutien de Lees conférèrent à l’essai corrézien des faux airs de jeu à la toulousaine… Et l’on ne parle pas de l’essai plein de maîtrise de Bituniyata bien décalé par Tuicuvu (55e), qui vit les Coujous profiter de l’absence des deux ailiers adverses pour balayer le terrain sur toute sa largeur, laissant entrevoir de vraies qualités dans la circulation du ballon et des hommes. Et encore, le CABCL a laissé quelques points en route, à l’image de cette occasion de Muller en bout de ligne (47e) gâchée par un en-avant au moment d’aplatir…

Brive : 7 ballons perdus en touche

Mais alors, dans ce contexte, pourquoi crut-on si longtemps que les Palois allaient réussir à rester maîtres en leur Hameau? Tout simplement parce que tout ce qui relève du jeu courant n’est jamais que la conséquence des phases de conquête et qu’à ce sujet, c’est peu dire que les Béarnais ont dominé de la tête et des épaules leurs adversaires. Supérieurs dans les airs, emmenés par un Matt Philipp qui démontre à chaque sortie pourquoi il était devenu un cadre des Wallabies lors des derniers Tri-Nations, le pack de Pau a tout bonnement ridiculisé l’alignement du CABCL.

Pau : 24 points sur conquête directe

Comment ? En lui subtilisant la bagatelle de 7 ballons, d’abord. Mais aussi en lui donnant une petite leçon en matière de ballons portés qui rapportèrent pas moins de 17 points. D’abord une pénalité pour un plaquage haut de Muller sur Rey, mais surtout un magnifique essai par le demi de mêlée Clovis Le Bail, bonifiant une majuscule percée de son troisième ligne Habel-Kuffner (29e). Et enfin, un autre essai sur une pénaltouche des plus classiques conclue par Lespiaucq (60e), après avoir au préalable mis à la faute dans le même exercice le deuxième ligne briviste Mitch Lees, sorti sur carton jaune.

Plus fort encore, juste avant la pause, les hommes de Thomas Domingo étaient même parvenus à étendre leur domination dans leur secteur de prédilection, la mêlée fermée, envoyant leur numéro 8 Luke Whitelock inscrire un essai au pied des poteaux, après avoir poussé M. Raynal à sortir un carton jaune pour fautes répétées à l’encontre de Luka Japaridze…

La morale, dans ces parfaites oppositions de styles? Depuis que le rugby est rugby, elle est généralement que la palme revient à l’équipe la plus en place sur ses fondamentaux qu’à la plus spectaculaire.

Le duel des 10 pour Enzo Hervé

Le truc ? C’est que le rugby de 2021 n’est pas exactement le rugby de toujours, même pour un match décisif pour le maintien. À ce titre, il n’est pas anodin d’avoir vu la dernière tentative de ballon porté des Palois échouer à cinq mètres de l’en-but briviste, sanctionnée pour une protection illicite. Parce que dans le jeu moderne, l’équipe qui gagne n’est plus forcément la plus forte dans le combat d’avants, mais surtout celle qui s’avère la plus disciplinée et capable de jouer dans le camp de l’adversaire. De ce point de vue, il est assez probable que les Palois se soient punis tout seuls…

Des pulsions autodestructrices qui se sont traduites par les deux cartons jaunes récoltés par leurs ailiers Manu et Pinto au retour des vestiaires, mais aussi par cette volonté incompréhensible de jouer depuis leur propre camp les ballons que leurs gros s’échinaient à gagner. Jusqu’à commettre au passage la bagatelle de 6 fautes dans leur moitié de terrain, toutes sanctionnées par la botte de l’ouvreur Enzo Hervé, qui a pour le coup largement remporté son match dans le match avec son vis-à-vis Antoine Hastoy. Et perdre un match qui pouvait sembler imperdable sur le papier…

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