Magne : « Jouer en extérieur permet de ne pas voir toujours les mêmes matchs »

  • Olivier magne Ancien flanker international et consultant.
    Olivier magne Ancien flanker international et consultant. Icon Sport - Icon Sport
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L'ancien troisième ligne, Olivier Magne, s'est exprimé sur les nouvelles salles qui accueillent de plus en plus de matchs de rugby. Pas fermé à l'idée, il préfére néanmoins le rugby d'extérieur, plus naturel selon lui.

"Pour être honnête, pour moi, le rugby n’est pas un sport de salle. Aujourd’hui, l’amélioration des terrains est telle, avec les terrains synthétiques ou hybrides, que cela permet d’avoir des pelouses de qualité quasiment toute l’année. Aujourd’hui, on ne voit plus de matchs de rugby dans la boue, avec des joueurs couverts de terre que l’on ne reconnaît plus et un ballon insaisissable. Avec l’arrivée du ballon synthétique et des pelouses hybrides, on peut jouer dans des conditions tout à fait acceptables, même en extérieur. En fait, c’est un sport qui peut se jouer en salle mais qui ne devrait pas se jouer en intérieur. Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire occasionnellement mais, de manière régulière, je préfère qu’il se joue en extérieur car c’est un challenge particulier qui demande un peu plus d’attention pour les joueurs qui doivent être capables de jouer avec les éléments : le vent, la pluie, le soleil, les différentes zones d’ombre. Tout cela permet d’apporter un peu plus de charme à notre sport et permet d’écrire quelques belles pages du rugby.

Je ne suis pas opposé au fait qu’il puisse se jouer en salle mais c’est un jeu qui devrait se pratiquer en extérieur 90 % du temps. Il faut garder cette spécificité du rugby qui demande une adaptation supplémentaire aux équipes et qui permet de ne pas voir toujours les mêmes matchs. Il est évident qu’il n’était plus question de jouer dans des conditions détestables que l’on a pu connaître à mon époque avec des terrains boueux où on ne se reconnaissait plus, avec un ballon en cuir insaisissable qui entraînait un en-avant toutes les deux passes. C’était insupportable mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Les conditions extérieures permettent aussi à des équipes de sortir d’un certain registre. L’équipe qui va gagner un match n’est pas forcément la plus puissante, la plus forte ou celle qui domine sur toutes les phases. C’est celle qui va le mieux s’adapter. Les conditions atmosphériques permettent à des équipes supposées plus faibles d’exister. Cela permet de ne pas avoir des scénarios écrits par avance car des équipes plus intelligentes peuvent mieux s’adapter et cela donne des belles histoires. Les éléments font partie du jeu et doivent continuer d’exister. C’est d’autant plus pertinent que les qualités des terrains, des ballons mais aussi des maillots ont sérieusement évolué. Donc il n’y a aucun doute car on peut voir l’intelligence d’une équipe et celle qui s’adapte le mieux à toutes les conditions. Garder l’intelligence du jeu et d’adaptation me paraît essentiel.

Effectivement, j’ai trouvé ça sympa de jouer au Millennium avec le toit fermé. Se dire que l’on est dans une salle fermée avec 80 000 spectateurs, c’est assez surréaliste. C’était génial donc je ne suis pas totalement contre mais une fois de temps en temps. Et quand vous jouez à Twickenham sur synthétique, avec des ballons qui accrochent, cela ne pose aucun problème pour jouer au rugby. Et puis, les conditions climatiques catastrophiques, ça arrive qu’une fois tous les trois cents matchs." 

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