Sonnes : « Psychologiquement, c'est très, très dur »

  • Régis Sonnes et les Agenais vivent une période on ne peut plus délicate avec une quinzième défaite en autant de matchs
    Régis Sonnes et les Agenais vivent une période on ne peut plus délicate avec une quinzième défaite en autant de matchs Icon Sport
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Abattu après la lourde défaite de son équipe contre le Stade toulousain (0-59), la quinzième en autant de matchs, le manager Régis Sonnes est revenu sur la rencontre et la phase très difficile que vit le SUA. Certes, Agen a complètement failli mais c'est tout un groupe qui en ressortira grandi. Sonnes voit, malgré tout, une infime lueur d'espoir.

Qu'avez-vous pensé du match de vos joueurs, vous attendiez-vous à être «fanny» ?

«Fanny», c'est une chose, c'est surtout 60 points. Et je parle souvent de contenu, et aujourd'hui, on n’a pas vu grand-chose et ça, c'est une déception. Bien sûr, il y a une classe d'écart et une grande différence entre les deux équipes, on le savait avant le match. Mais on était toujours sur des contenus et là rien. C'est ça qui nous a déçu en termes de comportement, d'attitude surtout en première mi-temps. Après techniquement, ils avaient plus de talent.

Vous parlez d'attitude collective ou individuelle ?

Les deux, c'est un tout. On part sur des attitudes individuelles qui influent sur le collectif.

Antoine Miquel disait qu'il avait vu des Agenais baisser les bras dès le premier essai, vous partagez cela ?

Oui, c'est possible, c'est ce qui nous arrive souvent ces derniers matchs où on mène comme à Castres, mais dès qu'il y a un petit grain de sable, ça ne va plus. Mais on travaille beaucoup là-dessus, sur cette confiance, sur la gestion des temps faibles pour se ressaisir. Après dès le départ franchement, ce n'était pas les attitudes que l'on espérait.

Certains Agenais, dixit Miquel, manquaient d'implication et qu'ils ne méritaient pas de porter le maillot d'Agen, c'est le cas ?

C'est lui qui a fait ce commentaire-là...

Votre avis ?

Je le garderai.

C'est dur un tel écart ?

Le score c'est une chose, dans le contenu, on n’a rien. Je parle toujours d'étape, de progression, on travaille pour l'année prochaine, on fait des rotations pour que tout le monde ait du temps de jeu. On met des jeunes pour qu'ils gagnent en expérience. Aujourd'hui, l'étape n'a pas été franchie dans certains domaines mais cela va nous servir. Malheureusement, il faut en passer par là. C'est une remise en question sur pas mal de choses mais on sait où l'on veut aller. 

Vous l'aviez senti avant le match cette fragilité ?

Non, sentir les choses c'est difficile. On avait fait une très bonne semaine d'entraînement à mon sens. 

Pouvez-vous comprendre le fait de lâcher avec ce contexte ?

Je ne sais pas s'ils ont lâché. Mais il faut être lucide, c'est ce que l'on est en train de vivre au quotidien. Cela fait quand même plus d'un an que tu ne gagnes pas domicile, toutes les semaines, il faut les récupérer, les relancer, les faire repartir au combat. Psychologiquement, c'est très, très dur, je comprends que quelques fois, ça soit difficile, on ne peut pas dire qu'ils ont lâché. Il y a cette situation en termes d'effectif, les blessés, et encore ce soir, des petits pets, et ça s'accumule. Ce n’est pas une situation facile mais on va construire là-dessus, c'est un passage fort mais on va en ressortir grandi, c'est sûr. Ce soir, c'est un moment important dans notre progression, un moment où on est passé à côté. Après c'est Toulouse, sa dimension physique, sa qualité mais il y a des objectifs que l'on n’a pas du tout validés.

On a du mal à voir des cadres se détacher, un joueur qui pourrait booster le groupe...

C'est un tout. On parle beaucoup de facteurs de performance, technique, physique, tactique, mentale, le leadership, tout se rejoint (il marque une pause) et là (nouvelle pause), c'est compliqué en ce moment. 

Est-ce que ce genre de match reste formateur pour les jeunes ?

J'ai tendance à le croire. En termes de caractère, repartir toutes les semaines, revenir au combat... Pour eux, c'est riche, c'est un passage avec beaucoup d'expérience à prendre en termes de temps de jeu, vivre ces moments-là, c'est là où l'on voit les hommes sur lesquelles s'appuyer. Mais on trace notre chemin et cette période-là sera un acte fondateur pour le futur, j'en suis persuadé.

Au contraire de ces hommes, vous voyez des hommes qui pourraient sortir du groupe par la suite ?

Déjà, on va faire jouer ceux qui sont en pleine forme, ensuite on peut se tromper, faire une erreur technique, se louper sur un match, on l'a tous fait. Moi, je n'ai pas été bon à tous les matchs. Après, c'est la régularité, et là on est dans un moment difficile, pour tout le monde, le club et tous ceux qui sont concernés. On voit comment les joueurs réagissent. 

En quoi ce match est-il important dans les étapes dont vous parlez ?

Là, on a bien trébuché. Avant, on avait de bonnes entames, on pouvait construire des choses. Là, il n'y a rien. La chute, c'est un focus sur notre état d'esprit, notre contenu, notre fraîcheur mentale et physique. 

Quel est le sentiment qui prédomine chez vous ? La colère, l'incompréhension, la tristesse ?

C'est beaucoup d'énergie, je peux vous confirmer que chaque minute que je passe ici, ça me remplit d'énergie. J'adore ce défi à relever, cette difficulté-là, je me sens vivant et plein d'énergie.

Prochain match contre Bayonne, il y a peut-être quelque chose à faire à Jean-Dauger ?

Déjà depuis que je suis là, on a rencontré de grosses écuries hormis Brive où c'était le début. Là, on retrouverait, je mets du conditionnel, une équipe qui joue le maintien. Donc on verra, ça peut être plus accessible. On verra ce qui va se passer sur le terrain et c'est ça qui m'importe le plus, et voir comment la semaine va se passer mentalement

Kenny Ramoussin
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