Bordeaux-Bègles : Chouette, Hulleu !

  • Nathanael Hulleu a inscrit l'essai de la victoire contre Clermont
    Nathanael Hulleu a inscrit l'essai de la victoire contre Clermont Icon Sport - Icon Sport
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Décisif dans le money-time, le jeune finisseur grondin a symbolisé l’état d’esprit des siens, tout en signant de la plus spectaculaire des façons son entrée dans la cour des grands.

C’est drôle comme planait sur le Michelin un faux-air de l’annexe du stade Lesdiguières, à Grenoble… Parce qu’au vrai, peu de suiveurs des espoirs du FCG auraient imaginé voir alignés de conserve en Top 14 les Pierre Mignot, Pablo Uberti et Nathanaël Hulleu. Moins encore que cette association puisse aboutir par une victoire face à l’ASM, et surtout pas la manière dont celle-ci allait se produire… «Le héros? Non, je ne suis pas le héros du match, raffûtait le jeune ailier Nathanaël Hulleu. C’est d’abord nos avants qu’il faut féliciter pour avoir acculé l’ASM sur sa ligne en fin de match. Moi, je n’ai fait que conclure...» Mais c’est là, justement, que l’histoire touche à l’extraordinaire.

D’abord sur le fond, puisque le jeune Haut-Savoyard vécut l’incroyable ascenseur émotionnel d’inscrire par deux fois, à queques minutes d’intervalle, l’essai de la victoire, après avoir vu son premier plongeon annulé pour un passage en touche préalable de Ben Lam. Mais surtout sur la forme où, à deux reprises, Nathanaël Hulleu démontra un instinct de finisseur supérieur, aplatissant au bout de plongeons spectaculaires «dignes du Super Rugby», dixit Jeff Poirot, et surtout tout sauf superflus. «C’était des numéros de funambule et honnêtement, je ne m’en croyais pas capable, racontait l’intéressé. Quand mon premier essai a été refusé, j’étais dégoûté. Sur le deuxième, le plaquage était un peu haut. Je visualise à peu près la ligne et je sais que j’aplatis, mais pas exactement où... Mais je n’ai vraiment été certain d’avoir marqué qu’après l’arbitrage vidéo.»

Quoi qu’il en soit, cet incroyable finish de Nathanaël Hulleu a symbolisé à merveille l’état d’esprit de son équipe, ainsi que sa volonté de ne jamais rien lâcher. On ne remporte pas quatre succès d’un petit point à l’extérieur (29-30 à Castres, 22-23 à Montpellier, 32-33 au Racing et 36-37 à Clermont) sans un état d’esprit de battant, partagé jusqu’au bout du banc. «Nous, les remplaçant, nous étions fixés l’objectif d’être décisifs à notre entrée en jeu, précisait le pilier Jefferson Poirot, de retour à la compétition. On peut dire que Nathanaël l’a été, puisqu’il a directement rapporté à sur ses interventions une douzaine de points à l’équipe...» 

Transfert douloureux

Une référence, évidemment, à sa remontée fantastique sur un renvoi auvergnat à la 59e, qui le vit déposer Raka puis Parra, avant que le mouvement rebondisse sur l’aile opposée jusqu’à l’essai de Dubié. Preuve que Nat’ Hulleu n’est pas qu’un pur finisseur, mais un joueur désormais appelé à compter dans la rotation girondine. Ce qui semblait tout sauf gagné il y a encore quelques jours, après un transfert depuis Grenoble qu’il lui fallut finalement six mois pour digérer, après un débat étalé sur la place publique entre les présidents des deux clubs, l’ISérois Nicolas Cuynat reprochant aux Bordelais d’avoir approché Hulleu en-dehors des règles établies pour les joueurs sous convention de formation, quand Laurent Marti arguait que rien ne l’en empêchait légalement...

Mais aussi à une concurrence exacerbée et une confiance loin d’être acquise au niveau des coachs, puisque Christophe Urios avait fait le choix de recruter plusieurs jokers après les blessures de Cordero, Cros et Ducuing, avant de faire appel à l’ancien international U20. «C’était un des débuts de saisons les plus difficiles de ma courte carrière, mais j’ai appris à faire confiance aux coachs, souriait Hulleu. S’ils ne me font pas jouer, c’est que je ne suis pas encore à la hauteur, que je n’ai pas encore le niveau. Alors à chaque fois que je n’étais pas sur la feuille, je me mettais des séances supplémentaires, je bossais et ça a fini par payer. Ce premier essai en Top 14, je l’attendais impatiemment.» Le premier d’une longue série, semble-t-il...

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Nicolas Zanardi
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