La conquête de Paris

  • Pablo Matera, le troisième ligne parisien auteur d’un essai.
    Pablo Matera, le troisième ligne parisien auteur d’un essai. Icon Sport
Publié le , mis à jour

Dans des conditions climatiques l’empêchant de déployer son jeu, le Stade français s’est appuyé sur sa conquête et une très bonne occupation du terrain pour battre le CO, dans un rencontre terne et brouillonne.

L’histoire du rugby est parsemée de ces retours aux fondamentaux. Quand rien ne va, que les contre-performances s’enchaînent et l’inquiétude gagne du terrain, que les objectifs s’éloignent et les échéances cruciales se multiplient, rien de mieux que de revenir à l’essence même de ce jeu. Pour mieux se resserrer. Pour mieux se rassurer. Fessé à deux reprises à Toulouse (42-24), puis à Toulon (35-13), le Stade français a appliqué cette bonne vieille recette. Si le club de la capitale est venu péniblement à bout du Castres Olympique, c’est d’abord en s’appuyant sur une très bonne occupation de l’espace. Dans ce domaine, l’ouvreur Joris Ségonds a, comme souvent depuis le début de cette saison, usé autant que possible de son puissant jeu au pied. Avec une franche réussite. Dans son duel, il a régulièrement gagné les longues parties de Ping-Pong. En adoptant cette stratégie, les Stadistes ont maintenu les Castrais le plus clair de leur temps dans leur camp, sous pression.

Ensuite, c’est sur le secteur de la conquête que les joueurs de la capitale ont probablement fait la différence. Ultra-dominateur en mêlée fermée, ils ont récupéré un nombre incalculable de pénalités. À tel point que le pilier gauche du CO Antoine Tichit a fini par être sanctionné par un carton jaune (38e) pour une énième faute. Idem pour son partenaire De Benedittis en seconde période (73e). Rarement Paris avait autant dominé en mêlée cette saison. « Nous ne voulons pas nous écarter de notre façon de fonctionner », disait pourtant le manager Gonzalo Quesada avant la rencontre. Mais ses joueurs se sont parfaitement adaptés aux conditions climatiques, réduisant leurs ambitions au strict minimum, éloignant rarement le ballon des zones de combat au sol.

Succès bonifié du Stade Français face à Castres ! #SFPCO #TOP14

Le film du match > https://t.co/VckxZt1nCY pic.twitter.com/M9iJsBEiXz

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) January 31, 2021

 

Qualité defensive

Toujours avant la rencontre, le technicien argentin, perturbé par les 77 points encaissés lors des deux dernières rencontres, avait également fixé une ligne de conduite. « Objectif : retrouver notre qualité défensive », avait-il dit. De ce point de vue-là, Quesada a également été entendu. Ses joueurs ont imposé une très forte pression défensive, contraignant les Castrais à commettre de nombreuses maladresses. Et si le Stade français est habituellement plutôt très à l’aise dans l’exploitation des ballons de récupérations, il s’est, cette fois-ci, montré assez peu réaliste. Seul satisfecit, Paul Alo-Emile et ses partenaires ont su préserver leur en-but totalement vierge, gérant bien leur infériorité numérique en raison du carton jaune de Pablo Matera en début de seconde période (42e). Même sur les points forts castrais, Paris a résisté. Un exemple ? Les ballons portés. À chaque initiative adverse, les Parisiens se sont attachés à déstructurer le maul adverse en cassant les liaisons, jusqu’à écœurer Mathieu Babillot et ses coéquipiers

Avec cette victoire obtenue dans la difficulté, le Stade français a de nouveau enclenché une dynamique positive. Certes, ils n’ont pas intégré le top 6, mais ne s’en sont pas éloignés non plus. Au contraire. Les trois prochaines échéances à venir loin de Jean-Bouin (à Montpellier, Bordeaux et La Rochelle) en diront long sur les ambitions que Quesada et ses hommes pourront nourrir en fin de saison. « Entrer dans les six (qualifiés pour la phase finale) et décrocher la qualification, c’est un challenge géant », affirmait le manager parisien avant la rencontre. Certes, mais il aurait été encore plus immense sans ce précieux succès qui plus est, bonifié.

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