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Publié le , mis à jour

L'édito d'Emmanuel Massicard... Vous êtes prêts, motivés ? C’est heureux. Parce que le Tournoi démarre samedi en Italie. Enfin ! Pour reprendre les mots de Fabien Galthié, ce sera l’occasion de partager un peu de bonheur, au gré des succès du XV de France que nous espérons les plus nombreux possibles. Rien de trop, avouons-le, en ces temps de grisaille.

Le Tournoi reste notre éternelle madeleine. Il porte le souvenir de ces samedis d’enfance passés au coin du feu, avec les amis ou la famille. A l’époque, l’idée de se confiner quelques heures derrière les Bleus constituait un vrai bonheur collectif. Aujourd’hui, par la faute du virus et de ses foutus variants, le plaisir à venir sera forcément plus individuel : chacun dans sa bulle, tenu à bonne distance par le prisme des caméras qui polissent les images et dorent les égos. Rien de nouveau, la tendance est forte depuis des années. La crise de la Covid-19 et ses effets collatéraux ont juste accéléré les choses.

Depuis un an, nos vies s’écrivent ainsi en mode «distanciel» et le XV de France n’y échappe pas. Il doit désormais vivre dans une sorte de faille spacio-temporelle, préservé du monde et en quasi autosuffisance autour d’un noyau dur de 31 joueurs et de son staff. Nous sommes très loin de la volonté affirmée par Galthié d’avoir à convoquer 42 joueurs pour chacune de ses préparations. «Il faut s’adapter.» soufflait-il ce dimanche. Fataliste pour de bon : «Cela nous force à avancer.»

Son prochain défi, en plus d’avoir à remporter son premier titre de sélectionneur ? Trouver un nouvel équilibre sur l’échelle de la motivation. Cette fois sans l’élan populaire venu des tribunes pour transcender les acteurs et donner corps aux exploits. Nous nous situons ici aux antipodes de la fièvre qui avait emporté les Bleus en Ecosse, au mois de mars dernier : samedi à Rome, dans un stade olympique à l’atmosphère glaciale et soporifique, le XV de France devra jaillir de sa bulle et faire monter le thermomètre pour éviter de tomber dans un nouveau piège grossier.

Ce contexte n’aura rien de nouveau : les joueurs sont désormais rôdés aux stades vides, aux silences déchirés par les hurlements venus des bancs de touche. Ce qui va changer : pour la première fois de sa jeune existence, cette équipe de France débutera le Tournoi dans la peau du favori. Avec ce premier déplacement en Italie pour jauger du caractère des hommes, de leur talent et de la maîtrise collective. Un test de maturité, à passer en version accélérée.

Sur le papier, tout semble écrit pour que le voyage accouche d’un succès aux allures de rampe de lancement avant d’avoir à profiter de voyages en Irlande et en Angleterre sans la pression des foules de supporters adverses. Mais ce monde d’incertitudes et de distance avec les choses recèle de trop nombreux pièges pour que nous puissions parier à tous les coups sur un avenir radieux. Alors, prudence et patience. Pour une fois, surtout, ne mettons pas la charrue avant les bœufs. 

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