Écosse : le défi « scottish »

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Quand on connaît ses moyens, on se dit que l’Ecosse banalise un miracle permanent. Mais l’objectif des trois victoires dans le Tournoi semble un objectif indépassable pour elle...

Pas si mal ! C’est le diagnostic qu’on a envie de poser sur l’Écosse 2020. Le XV du Chardon a gagné trois matchs du Tournoi dont un à l’extérieur (Galles), ce qui ne lui était pas arrivé depuis 2002. Pas si mal donc pour l’équipe britannique la moins pourvue en pratiquants, qu’on a parfois crue larguée pour le très haut niveau mais qui conserva une belle capacité de réaction. Les Écossais s’étaient pourtant fait peur lors du dernier mondial en ne sortant pas des poules, assez nettement dépassés par le Japon survolté à domicile. 
Mais Gregor Townsend a su remobiliser ses troupes et même surmonter une crise l’opposant à son demi d’ouverture vedette, Finn Russell. Ce dernier avait quitté le groupe au début du Tournoi 2020, visiblement peu en phase avec   son sélectionneur. La situation s’est apaisée depuis, mais pour combien de temps... 

Russell dépendance

L’automne dernier a confirmé le début d’année civile. L’Écosse a échoué à se qualifier pour la finale de la Coupe d’Automne des Nations mais elle a battu la Géorgie, l’Italie et n’a cédé que 22-15 face à la France. Pas brillant, mais pas dramatique, non plus. Contre les hommes de Fabien Galthié, l’Écosse était privée de ses deux meilleurs demis d’ouverture : Finn Russell et Adam Hastings. Elle fut contrainte de sortir Duncan Weir de sa retraite et elle échoua pourtant d’un rien, en gâchant une occasion de match nul à la toute dernière minute. 
Les Écossais n’ont donc pas à rougir de cette année 2020. En écrivant ces lignes, on se rend bien compte qu’on condamne cette sélection à se heurter presque ad vitam au même plafond de verre. Celui d’un tournoi à trois victoires justement, agrémenté d’un possible quart de finale mondial et d’un succès de novembre éventuel sur un visiteur sudiste en souffrance.

La manne des naturalisations

L’Écosse est au-dessus de l’Italie, ça ne fait pas de doute.Elle semble également en dessous  du pays de Galles. Et il sera toujours très difficile de remédier à ça.Le choix sera toujours limité à certains postes pour une nation qui n’a pas plus de licenciés que Madagascar.
Même si les Écossais ont su maximiser leur formation venue en grande partie des collèges chics, ils ne crachent pas sur les naturalisations. Certaines sont assez discrètes (elles viennent d’Angleterre), d’autres plus voyantes (Afrique du Sud). Pour leur dernier match de l’année, les Scottish sont allés par exemple chercher un quatrième ouvreur, Jaco van der Walt, en provenance de Johannesburg et à peine passé sous les radars de la règle des trois ans pour être éligible à la sélection. 
Parmi leurs révélations, un ailier : Duhan Van der Merwe. Ce joueur est issu de la province du Cap et passé par le centre de formation de... Montpellier. Il a déjà signé en Premiership pour la prochaine saison. L’Écosse cultive son terroir, mais sert également de gare de triage en recyclant les « oubliés » des grandes nations. C’est à ce prix que son échafaudage tient toujours, assis sur cent cinquante ans de tradition. 

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