Simon Zebo a toujours le poing levé

  • Simon Zebo, atout offensif du club francilien, est un de ceux dans le monde du rugby qui prend la parole même concernant des sujets polémiques.
    Simon Zebo, atout offensif du club francilien, est un de ceux dans le monde du rugby qui prend la parole même concernant des sujets polémiques. Icon Sport
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Face à La Rochelle, Simon Zebo sera une nouvelle fois l’une des armes offensives du Racing. L’occasion, pour nous, de revenir sur un personnage à part…

C’est Léo Ferré qui chantait, dans les années 70 : «Je ne suis qu’un artiste de variétés et ne peux rien dire qui ne puisse être dit "de variétés". Car on pourrait m’accuser de parler de choses qui ne me regardent pas.»La problématique qui se posait au grand Léo se pose aussi aux sportifs modernes et, de toute évidence, rares sont ceux osant sortir du bois pour s’engager sur le terrain glissant des grands débats sociétaux. Au rugby comme ailleurs, il est ainsi mal vu de s’affranchir du groupe en déplaçant la réflexion hors du champ des vestiaires. Comme les footballeurs Lilian Thuram, Vikash Dhorasoo ou Éric Cantona, le Racingman Simon Zebo (sept titularisations et trois essais cette saison) fait néanmoins partie de ces champions ne craignant pas de s’aventurer là où ses congénères vont peu, pour ne pas dire jamais. Alors ? Dans un rugby pro sentant trop souvent le chlore, l’engagement de Zebo pour telle ou telle cause est à nos yeux pour le moins rafraîchissante, qu’on partage ou non les idées qu’il véhicule, d’ailleurs.

«Je ne pourrais pas jouer avec Israel Folau»

La semaine dernière, alors qu’il était l’invité de nos confrères du Rugby Pass, l’arrière du Racing, qui n’a toujours pas prolongé son contrat dans les Hauts-de-Seine, s’exprima donc longuement sur le cas d’Israel Folau, le Wallaby banni du rugby à XV après avoir commis une série de tweets homophobes. «Répandez l’amour, pas la haine, disait d’abord l’ancien Munsterman à ce sujet. Nous sommes tous des enfants de Dieu et puisque vous me posez la question, je vous réponds que je ne pourrais pas jouer dans la même équipe que Folau. Il a une mentalité d’arrière-garde.» Sur le site internet britannique, il poursuivait ainsi : «Je place l’homophobie au même rang que le racisme ; tout cela n’a rien à faire sur un terrain de rugby. Vous savez, j’ai désormais trois enfants et s’ils me disaient tous un jour être gays, nous aurions de sérieux problèmes pour évoquer le sport que pratiquait leur père, le même sport que celui d’Israel Folau.» Il approfondissait de la sorte : «On ne peut pas dire à des enfants : «Tu iras en enfer si tu es gay.» C’est juste impossible. Car dans nos sociétés, trop de gens ont encore du mal à faire leur "coming out" et souffrent dans leur chair de cette situation. Pour moi, quelqu’un comme l’arbitre Nigel Owens serait donc un bien meilleur modèle pour la jeunesse que quelqu’un comme Israel Folau.»

Et puisque ledit Folau, sous contrat avec les Dragons catalans jusqu’à 2021, fut récemment en contacts avec plusieurs entités du Top 14, Zebo concluait ainsi son argumentaire : «Les clubs qui sont en contacts avec lui ne renverraient pas une bonne image parce qu’en l’embauchant, ils embrasseraient quelque part ses idées.» Face à La Rochelle ce week-end, l’homme au poing levé sera une nouvelle fois l’une des armes offensives du Racing, à l’Arena…

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Marc DUZAN
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