L'oeil de Richard Dourthe : « Villière est ahurissant »

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L'ancien international Richard Dourthe a apprécié la performance de l'ailier du RC Toulon Gabin Villière face à l'Italie. Mais selon lui, les Bleus ont encore de quoi progresser notamment sur le défi physique.

Il paraît que la critique est positive. Enfin, c’est comme ça qu’on me l’a enseignée, à Dax. Aussi grisante soit cette victoire inaugurale en Italie, aussi "bandant" soit ce succès qui place aujourd’hui le XV de France comme le grand favori du Tournoi, je garde à l’esprit une infime réserve : pourquoi, face à de si faiblards Italiens, les Bleus ne se sont-ils pas libérés plus tôt ? Pourquoi ne pas avoir lâché les chevaux après une demi-heure, alors que le score était quasiment fait ? On me parle ici de "flegme britannique", de "réalisme à l’anglaise" et d’autant de choses dont nous étions totalement dépourvus il y a encore quelques mois. On me dit que la sélection défend de façon féroce, occupe à la perfection et colle à la stratégie. J’entends ces arguments, les accueille avec bienveillance mais rétorque aussi que les rares prises de risques ont toutes été converties en essai, à Rome : relance de Brice Dulin sur le côté gauche, essai quatre-vingts mètres plus loin ; percée de Teddy Thomas au niveau de la ligne médiane, sept points de plus au compteur…

Il n’est pas question, ici, de dénigrer gratuitement. Mais comme tout supporter de l’équipe de France, je me poste juste cette question : pourquoi ne retrouve-t-on pas, en match, les séquences à haute intensité dont Fabien Galthié nous parle tant ? Samedi après-midi, les Italiens ont en effet beaucoup plus porté le ballon que leurs adversaires tricolores et, passé ce match, je me demande simplement si le cadre de jeu dont on peine parfois à s’affranchir suffira à remporter le Tournoi. Peut-être, me direz-vous. Mais peut-être pas et à ce titre, je constate juste que les Écossais ont, samedi soir, enchaîné et enchaîné les séquences pour crever l’Angleterre. Sera-t-on un jour capable de mettre à mal un adversaire en imposant un défi identique ?

Je pinaille, vous dites. Et vous avez probablement raison. À une époque pas si lointaine, j’aurais certainement crié au génie devant une victoire à cinquante points contre l’Italie. Dès lors, concluons cette bafouille par des considérations positives puisque c’est évidemment ce qu’il faut retenir du premier succès des Français. Je ne vais pas vous répéter qu’Antoine Dupont est déjà l’un des plus grands demis de mêlée de l’histoire de l’équipe de France, car vous m’accuseriez de perdre la boule. Je mettrai donc en lumière l’activité défensive de Paul Willemse, qui ne cesse de me bluffer, le punch d’Arthur Vincent ou la classe de Teddy Thomas. Lui ? Il est à mon sens indispensable au système parce qu’il est unique, bouffi d’une saine confiance et plus rapide que n’importe quel autre ailier au monde. De l’autre côté du terrain, Gabin Villière me fait l’effet d’un gamin ahurissant. Le mec, il fait 75 kg mais renverse l’adversaire au contact, gratte des ballons dans les rucks et assure les replis défensifs. Je me demande s’il ne serait pas aussi capable de pousser en mêlée et lancer en touche, ce gosse…

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Richard Dourthe
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