L’envol de Romain Buros

  • Romain Buros, un joueur racé qui a su saisir sa chance. Photo Icon Sport
    Romain Buros, un joueur racé qui a su saisir sa chance. Photo Icon Sport
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Depuis le début de la saison, les performances de Romain Buros sont aussi constantes que remarquables. L’Aturin est un modèle d’arrière offensif.

Son parcours est celui d’un enfant d’Aire sur l’Adour, licencié dès l’âge de quatre ans et demi. Accepté en Sport Études à Bayonne en cadet deuxième année, mais qui a réussi l’exploit d’être sélectionné en équipe de France des moins de seize ans en évoluant en Teulière B, à l’Avenir Aturin. Romain Buros a fait du chemin depuis. Récemment, on a entendu certains paris sur son éventuelle sélection dans le groupe élargi de Fabien Galthié tant ses performances récentes ont étincelé. Ce n’est pas arrivé mais cela dit quelque chose de l’envol de celui qui est arrivé en 2018 à Bordeaux. Il en est à quinze titularisations cette saison, favorisé, il est vrai par la blessure de Nans Ducuing. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que Romain Buros a su saisir sa chance à pleines mains. Son talent de relanceur a tapé dans l’œil de tous les suiveurs, dimanche contre le Stade français il a initié et conclut le dernier essai par une intervention tranchante, comme une lame finement aiguisée. "Avec l’enchaînement des matchs, j’ai eu quelques flottements, mais oui, j’ai pris de la confiance, un peu d’aura dans le groupe et puis… l’assurance de jouer à cause de l’absence de Nans est forcément un point positif."

Il y a quelques semaines, Christophe Urios nous avait expliqué qu’il trouvait son arrière de moins en moins timide. L’intéressé confirme sans problème que son tempérament n’est pas celui de l’espoir qui débarqua dans un groupe pour tout casser : "Je reconnais que je suis quelqu’un de réservé à la base, j’ai toujours mis un peu de temps à me sentir légitime, quelles que soient les équipes dont j’ai fait partie. J’ai besoin de me sentir assez performant."

En 2020-2021, il aura donc surmonté ses freins naturels et un caractère à l’opposé de son style hyper flamboyant. "J’aime les espaces, j’aime contre-attaquer, je suis un peu moins versé dans la gestion. Même si je sais qu’il faut faire de plus en plus de ping-pong dans le rugby actuel."

L’économie de Marcoussis

Quand il se décida à quitter Aire-sur-l’Adour pour Pau, il préféra faire l’économie du passage à Marcoussis. "Je voulais avoir un petit cursus scolaire, ça n’a pas été possible de concilier. J’ai donc fait un BTS d’assistant technique d’ingénieur chez Total à Pau et le fait de ne pas aller à Marcoussis m’a paradoxalement servi. Je me suis retrouvé plus vite dans le groupe professionnel de la Section paloise, j’ai fait mes premiers matchs à 18 ans."

Mais en 2017-2018, il avala la première arête du professionnalisme : "J’avais annoncé très tôt que j’allais partir à l’UBB, alors on m’a interdit de m’entraîner avec le groupe professionnel. Un moment très compliqué car on m’a même annoncé que je ne pourrais pas jouer avec les espoirs." Mais il obtint finalement ce droit minimal : "Finalement, j’y ai puisé mon meilleur souvenir à ce jour. Dans un groupe très soudé, nous sommes allés jusqu’en finale du championnat de France, perdue face à Clermont. 24-19" Rey, Hastoy, Pesenti, Lestremeau, jouaient dans cette équipe. Romain Buros n’a pas souffert outre mesure de cet exil intérieur de sept ou huit mois : "D’autres joueurs vivent des choses plus difficiles, je me disais que j’avais un avenir devant moi à Bordeaux ."

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