Ce qui cloche

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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... D’abord, la vérité : quand lundi dernier sur écran vidéo nous avons vu Fabien Galthié donner l’accolade à Antoine Dupont, juste après lui avoir remis l’Oscar Midi Olympique du meilleur joueur de l’année 2020 dans l’intimité de Marcoussis, nous étions loin d’imaginer que les deux hommes seraient déclarés positifs à la Covid-19 dans les heures et jours qui suivirent. Priés de se confiner. Privés d’Ecosse, surtout.

Si cet élan d’affection claquait comme un raffut aux gestes barrières, un sentiment résistait encore : la bulle sanitaire mise en place autour du XV de France devait au moins permettre à ces hommes-là d’avoir à bien vivre entre eux. En témoignent leurs succès, et les troisièmes mi-temps qui suivirent. Entre eux, on vous dit.

Il faut croire que ladite bulle a très vite touché ses limites, malgré les bonnes volontés affichées dans des discours de façade. Il y eut, d’abord, l’apport des « septistes », convoqués pour faire le nombre auprès des Bleus. Puis, en marge, ces allers-retours depuis le CNR où l’équipe de France vit sous une cloche finalement trop poreuse.

Les questions s’enchaînent depuis vendredi : qui est le fameux patient « zéro » ? Pourquoi diable avoir décidé de réduire le groupe tricolore à 31 joueurs (au lieu de 37 +5) si c’est pour inviter France 7 ? Pourquoi n’avoir pas franchement réduit à leur plus simple expression les échanges avec l’extérieur ? Pourquoi prendre le risque d’ouvrir la bulle en renvoyant les joueurs chez eux, vers leur famille ? Est-il donc insupportable d’avoir à vivre sept à huit semaines loin des siens pour respecter son engagement professionnel ? Vous connaissez la chanson : poser la question revient à y répondre…

Pourquoi, on y revient forcément, les 6 Nations n’ont pas imposé l’organisation d’une compétition jouée en autarcie ? Avec tous les participants rassemblés sur un seul et même lieu : à l’Arena de Jacky Lorenzetti, à Twickenham ou à Disneyland… Avec tous les matchs qui s’enchaînent, pendant cinq à six semaines… Avec des conditions d’entrées drastiques, à même de limiter les risques d’avoir à annuler des affiches ou de les jouer sans les têtes d’affiche. D’autres sports, tel le foot, le basket ou le tennis, n’ont pas hésité : plutôt que d’avoir à annuler leurs tournois, ils ont choisi d’avoir à vivre des bulles sanitaires à la rigueur parfois militaire. Le rugby, lui, fait les choses à moitié. Fermé de l’extérieur mais ouvert à l’intérieur. À moins que ce ne soit l’inverse, on ne sait plus vraiment…

Tout se passe comme si les promesses avaient plus de valeurs que les actes véritables. Au bout du compte, il ne faudrait pas que cet épisode « Covid » vienne casser l’élan tricolore, l’engagement des uns et des autres autour d’un défi commun.

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