Simon : « Le patient zéro, on le connaît »

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C’est alors que les derniers joueurs du XV de France regagnaient le CNR pour être testés et placés à l’isolement que le vice-président de la FFR nous a accordé cet entretien, où il évoque la situation sanitaire et les perspectives à court terme.

Où en sommes-nous de l’épidémie de Covid au sein du XV de France?

À l’instant T, nous sommes en train de rassembler tout le groupe au CNR (l’entretien a été réalisé dans l’après-midi de dimanche, N.D.L.R.). Tous les joueurs ont reçu des consignes particulières pour leur voyage. Par exemple, ceux qui viennent d’un même club ont été invités à faire le voyage séparément. À son arrivée, chaque membre de la délégation doit passer un test avant de rester à l’isolement dans sa chambre, jusqu’au résultat. Par ailleurs, les membres du staff qui ont d’ores et déjà été testés positifs sont isolés dans une partie à part du bâtiment, pour éviter toute interaction avec le reste du groupe. Dans l’attente des résultats qui arriveront ce lundi matin, nous sommes toujours dans la période critique de la gestion du foyer.

Quand les membres du staff (Fabien Galthié, William Servat et Karim Ghezal) qui ont été testés positifs pourront-ils retrouver le groupe pour préparer le match ?

C’est un peu technique… Les membres du staff qui ont été testés positifs ne pourront réintégrer la bulle sanitaire qu’après avoir passé un test RT PCR qui démontrera qu’ils sont CT compatibles. En clair, lorsqu’ils ne seront plus infectants… À nos yeux, la période d’isolement ne suffit pas en elle-même. Nous avons les moyens et la possibilité de monitorer exactement ces cas et de savoir quand ils ne seront plus infectants. La gestion de ce monitoring a été confiée à une cellule très performante, à laquelle participent évidemment le médecin du XV de France Philippe Turblin, mais aussi le directeur médical de la FFR Jacques Girard, le président de la commission médicale le professeur Roger Salamon (ancien président du Haut Conseil de la Santé Publique), mais aussi le professeur Eric Caumes, un des infectiologues référents en France qui est un membre associé du Comité Médical de la FFR. Comme tout est différent lorsqu’on a affaire au variant anglais, on préfère se donner les moyens de mesures scientifiquement inattaquables, plus fiables en tout cas qu’une durée d’isolement fixe purement réglementaire.

Quand seront-ils testés ?

Le premier test est réalisé une semaine après le test positif initial. Fabien Galthié et le préparateur physique seront testés demain (lundi), William Servat mardi et Karim Ghezal vendredi.

La qualité de la préparation du match de dimanche sera quoi qu’il arrive impactée…

On vit ce que des millions de Français vivent tous les jours. Il s’agit de réagir comme eux avec exigence, solidarité et optimisme. On va s’adapter, avec les moyens technologiques d’aujourd’hui, pour être les plus efficaces possible. Même sans interaction physique avec les joueurs, le staff pourra conserver le plein potentiel de son travail. Je suis persuadé que toutes ces épreuves vont rendre notre XV de France encore plus fort. On est en plein dans une crise sanitaire mondiale, qui a un caractère exceptionnel. Mais il émane de ce groupe une force collective tout aussi exceptionnelle, qui fera la différence contre l’Ecosse.

Craignez-vous la réunion du Comité des 6Nations qui se tiendra demain ?

Dans le cadre du Tournoi, il y a des réunions chaque semaine au sujet de l’épidémiologie de chaque squad grâce à un groupe de travail, le TOG (Testing Oversight Group). On va faire le point sur la situation française. C’est une réunion médicale où l’on partage les informations afin de gérer au mieux les situations qui surviennent. Pourquoi parler de craintes?

On peut tout imaginer : un forfait contre l’Ecosse, la victoire contre l’Irlande retirée…

Le match de Dublin est joué, son résultat est entériné, on ne reviendra pas dessus. Concernant le match contre l’Écosse, nous jouerons dimanche, comme prévu, si la situation sanitaire est stabilisée et contrôlée. C’est à cela que nous travaillerons ce lundi, en réunion.

Avez-vous envisagé de décaler le match?

Ce n’est pas un scénario envisagé. Le match aura lieu si la situation sanitaire est stabilisée. Clairement, s’il doit y avoir encore des dernières répliques de l’épisode épidémique, elles devraient apparaître lors des résultats de ce lundi. Et on espère qu’il y en aura évidemment le moins possible, voire pas du tout. De plus, nous allons renforcer le testing jusqu’à mercredi avec un test quotidien, pour diminuer encore un peu plus tous les risques.

Avez-vous déterminé l’origine de la crise ?

Le patient zéro, on le connaît : c’est notre préparateur physique. Comment a-t-il pu contracter le virus ? Au contact de France 7 ? Scientifiquement, rien ne permet de l’affirmer ou de l’infirmer, on n’a pas d’explication à ce sujet. Notre seule certitude est qu’aucun joueur du XV n’a été contaminé par un joueur de France 7, puisque les cas positifs de cette semaine sont des transmissions à l’intérieur du groupe XV de France.

Quelle serait l’hypothèse, alors ?

Il y a tellement d’hypothèses… La surcontagiosité du variant britannique est telle qu’on ne peut pas savoir. On a pu le croiser à l’aéroport, à l’hôtel, ailleurs… La délégation du XV de France, ce n’est pas seulement 31 joueurs mais 70 personnes. Ça fait tout de même beaucoup de monde… On le voit partout, tous les jours, le risque zéro n’existe pas. Le protocole que l’on a mis en place a deux objectifs: minimiser le risque d’apparition d’un foyer et contrôler la propagation du virus lorsque celui-ci apparaît. C’est ce à quoi nous nous attachons, puisque nous sommes encore dans la période critique incompressible de chaque zone de crise.

Si le protocole n’a officiellement pas été violé, n’était-il pas un peu « léger »?

Le protocole était le même que celui aménagé à l’automne, à la différence que nous avons fait le choix de réduire le groupe de 42 à 31 joueurs, en nous dotant pour réduire les risques de partenaires d’entraînement qui ne retournent pas dans leur club, puisque sous l’égide de la Fédération. Pour rentrer dans la bulle sanitaire du XV de France, il faut deux tests négatifs dans les 72 heures précédentes. Mais on sait que ces tests ne couvrent malheureusement pas une période d’incubation de quelques jours… Pour éviter ce risque, voyez ce que fait le tennis lors du dernier grand chelem : il a fallu à chaque joueur un test négatif pour se rendre en Australie, avant de passer sur place une période de quatorzaine avant de rentrer dans la bulle. Sauf qu’avec nos contraintes, ce n’était évidemment pas possible.

Le choix de renvoyer les joueurs chez eux a tout de même soulevé des questions…

Au contraire : dans le cadre de la gestion du groupe, renvoyer les joueurs chez eux avec des consignes strictes d’isolement était aussi un moyen d’éviter les interactions entre eux.

Une polémique est apparue au sujet de Swan Rebbadj et Jean-Baptiste Gros, sélectionnés dans une première liste dont ils ont disparu dimanche puisque considérés « cas contacts ». Pourtant, Rebbadj était titulaire samedi, à Pau…

Techniquement, il n’y a pas de polémique puisque les protocoles de la LNR et le nôtre ne sont pas les mêmes. La LNR a la possibilité de reporter des matchs grâce à un calendrier glissant, mais le protocole pour les Six Nations est différent parce qu’il n’y a pas de calendrier glissant. C’est aussi simple que cela et c’est pourquoi on ne pouvait pas se permettre de prendre le moindre risque, même infime, avec ces joueurs.

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Les commentaires (3)
Sangil Il y a 1 année Le 26/02/2021 à 16:58

Le Dr Simon est le spécialiste des audits de performance aux résultats non publiés (cf affaire Noves). Peut-être qu'il faudrait faire un audit sur sa propre performance en tant que Mr Covid, rémunéré par la FFR: 3 rassemblements de 3 EDF en 2 mois et 3 clusters de contamination générés.
L'incompétence de Mr Covid et l'indiscipline d'autres font que l'EDF doit perdre ce match 0-28 sur tapis vert - mais ce ne sera pas le cas car il y a 5 mio€ en jeu en cas de retransmission - et font que les clubs de Top14 sont tous pénalisés par ce cluster EDF et tous les cas contact qui se sont rajoutés au fur et a mesure que des nouveaux étaient aspirés dans cette maison de fous pour remplacer les contaminés.
Quelle tragi-comédie jouée par des bouffons...

semperfi65 Il y a 1 année Le 22/02/2021 à 13:52

Et maintenant on connait aussi le président zéro...
Quand on pense que la FFR a poussé la ministre à exiger des britanniques des garanties sanitaires avant d'autoriser nos bleus à sortir de France. Aucun cas dans les squads anglais, gallois, irlandais et écossais. 15 cas chez les bleus. Maintenant on passe dans toute l'Europe pour ce qu'on est: des Pieds Nickelés.

jmbegue Il y a 1 année Le 24/02/2021 à 23:08

Ils ont vraiment de la chance que le ridicule ne tue pas....