Le réservoir rochelais s’étoffe

  • Thomas Berjon (Stade rochelais)
    Thomas Berjon (Stade rochelais) Icon Sport - Icon Sport
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Semaine après semaine, le club maritime prouve que la profondeur de son effectif, parfois pointée du doigt, prend de l’épaisseur. C’est aussi l’un des enjeux de la réception du rival toulousain.

N’allez pas dire au Stade Rochelais qu’il n’a pas ce qu’il faut en magasin pour tenir la cadence dans la course au Brennus. Au risque de vous exposer à un retour de bâton plutôt musclé. Ce n’est pourtant pas faire injure aux Maritimes que de s’interroger sur le fait de savoir si le club à la Caravelle dispose d’un effectif suffisamment pléthorique, à tous les postes, pour tenir la dragée haute aux autres cadors, jusqu’au bout. Le débat revient même régulièrement parmi les supporters et les observateurs. Mais, interpellé sur le sujet après « l’exploit » à Toulon il y a deux semaines, Kévin Gourdon n’y est pas allé par quatre chemins, au détour d’une vidéo publiée par le club : « On ne s’est vraiment pas soucié de ce qui pouvait se dire à l’extérieur, de toute façon. On l’avait déjà prouvé durant la saison. Même quand l’équipe bouge, elle reste performante. Donc il ne faut pas nous manquer de respect ! » Ça a le mérite d’être clair.

En même temps, attendue au tournant lors de ce robuste bloc de février, La Rochelle a joint les actes aux paroles. Car depuis le début de saison, l’ensemble de l’effectif répète à l’unisson que le supposé « manque de profondeur » n’est qu’une vue de l’esprit. « J’ai peut-être regardé deux cent d’heures d’entraînement de plus que vous. J’espère être meilleur juge », se défendait par exemple Ronan O’Gara, en décembre. Juste avant de pousser le Racing dans ses retranchements (26-22), au début du mois, son adjoint Grégory Patat faisait aussi bloc face aux commentaires extérieurs : « Par moments, par le passé, les rotations dans l’effectif nous étaient préjudiciables. Je crois que ça ne l’est plus. » La victoire à Mayol, sans pléiade de cadres, n’a fait que les conforter dans leurs certitudes. Depuis, Jono Gibbes est également sorti du bois pour souligner l’homogénéité des troupes. « Ce qui me fait plaisir, c’est qu’aujourd’hui, au point presse, on ne parle pas des absents, souriait le manager kiwi la semaine passée, avant la réception du Stade français. Peu importe qui joue, le niveau reste le même. Les attentes aussi. Tous les joueurs prennent leurs responsabilités, dans leurs rôles. »

Les doublures s’affirment

En réalité, les craintes entendues ici et là ne se cristallisent qu’autour de quelques postes clés. à droite de la première ligne et au niveau de la charnière. Si,derrière, Ihaia West est sans cesse ramené à ses performances en dent de scie à l’ouverture, devant, Arthur Joly est lui souvent jugé trop tendre, comparé à l’incontestable n° un au poste, Uini Atonio. Mais l’ancien Agenais a mis à profit la journée de son 33e anniversaire, samedi dernier contre Paris, pour prendre une bonne dose de crédit. Notamment en mêlée fermée. « Je suis content pour lui, commente son capitaine Romain Sazy. Cela fait plusieurs sorties qu’Arthur fait des bons matchs. On en a besoin quand Uini est en sélection. Ça prouve bien que nous avons de la richesse à tous les postes, c’est important. » Thomas Berjon aussi, gagne en consistance. Le demi de mêlée, longtemps dans l’ombre de Kerr-Barlow, n’a plus disparu d’une feuille de match depuis la mi-novembre. « Les clés, je les ai mises au fond de la poche, je les garde », plaisante l’auteur du seul essai rochelais de la dernière victoire à Deflandre. Comme quoi, hein, ces doublures, elles assurent !
 

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Romain Asselin
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