Bayonne, le cœur des hommes

  • Joseva Ravouvou et les Bayonnais ont su se transcender pour faire tomber Toulon, une semaine après la terrible déconvenue subie face à Clermont.
    Joseva Ravouvou et les Bayonnais ont su se transcender pour faire tomber Toulon, une semaine après la terrible déconvenue subie face à Clermont. Icon Sport
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Une semaine après leur humiliation sur la pelouse de Clermont, les Basques sont allés créer l’exploit à Mayol. La victoire d’un collectif parvenu à laver son honneur et qui ne lâchera pas un centimètre dans la course au maintien.

Six jours. Il n’aura pas fallu six jours aux Bayonnais pour passer d’indigents à infranchissables en défense, de blackoublés à irrésistibles en mêlée fermée et de résignés à valeureux en fin de rencontre. En effet, moins d’une semaine après leur débâcle au Michelin, les Basques sont parvenus à laver leur honneur. En tenant tête à un RCT, candidat affirmé au top 6 ? Et bien plus encore ! Comme métamorphosés, Ordas, Héguy et consorts sont parvenus à faire chavirer le navire varois. La conséquence de dix changements dans le XV de départ ? D’une prise de pouvoir des minots du centre de formation ? Ou alors simplement d’une remise en question collective ? Prenez un peu ces ingrédients, ajoutez une grosse réaction d’orgueil, et voilà que les Bayonnais, humiliés la semaine passée, s’étaient fait la promesse de réagir.

« On a beaucoup discuté cette semaine, car nous avons été blessés par le score de Clermont… Lors du dernier quart d’heure, nous avions trahi le pacte que nous pouvions avoir sur le plan du comportement avec nos partenaires, nos supporters, nos abonnés, nous contait Yannick Bru vendredi soir. Et sur le plan du courage, de l’engagement, je pense qu’on a remis les choses en place. Les joueurs ont mis leurs actes en accord avec leurs paroles, et c’est une très bonne nouvelle quand on pratique un sport de combat. »
 

« Envie de partager la souffrance »

Et dans les faits ? Bayonne a dominé son sujet en conquête, n’a pas plié en défense malgré les assauts toulonnais et est même parvenu à dicter le tempo de la rencontre. « Il y avait une envie de partager la souffrance, de donner au collectif, d’aller un peu plus loin que d’habitude dans le sacrifice physique. On voulait que les joueurs alignent leurs promesses avec leur engagement. On a quand même fait beaucoup d’erreurs techniques, et ça n’a pas été un grand match de rugby, mais pour nous l’essentiel était vraiment ailleurs. »

Alors évidemment, tout n’a pas été parfait vendredi soir à Mayol : une touche non-trouvée par-ci, une pénalité par-là, et même trois cartons jaunes (!), mais comme par magie, les promesses d’hommes touchés dans leur ego la semaine passée ont fait place à une performance remarquée, et remarquable, qui permet à l’Aviron de s’imposer pour la troisième fois de la saison en déplacement, mais surtout de renverser Mayol pour la première fois depuis… août 2010. Et si cette victoire n’était évidemment pas dans le prévisionnel du club basque, on jurerait que ces quatre points devraient donner un vrai bol d’air à des Bayonnais, qui ont prouvé qu’avec un talent certain, une bonne dose de courage, et un cœur énorme, ils étaient capables de renverser des montagnes.

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Pierrick ILIC-RUFFINATTI.
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