La Rochelle désorientée

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Moins disciplinée qu’à l’accoutumée, l’hermétique rideau a fini par rompre, à quatorze contre quinze, dans le money-time. Les vacances seront les bienvenues.

À quarante-huit heures du choc, on avait mis le doigt sur la propreté quasi clinique des Rochelais cette saison. Cinq cartons (jaune et rouge confondus) en dix-sept sorties, soit deux fois moins que la saison passée (onze) au même stade. « Nous avons évolué là-dessus, c’est clair. On bosse bien la semaine notre système défensif, nous avons pas mal changé notre mentalité et tant mieux », glissait le capitaine Sazy. La Rochelle, équipe la moins sanctionnée de la division ? Tout sauf un hasard, aussi, pour Reda Wardi : « Quand on est bien physiquement, on est beaucoup plus lucide, davantage maître de ses actes. Ça passe par la préparation physique. à l’intersaison, nous avions beaucoup mis l’accent sur la discipline. » Mais, hasard ou coïncidence, la fameuse lucidité louée par tous en interne a quelque peu volé en éclat samedi soir. « Sur les moments faibles, parfois, nous avons manqué un peu de lucidité », concède volontiers le flanker Zeno Kieft. 

Au regard de l’intensité et de l’âpreté du combat sur le pré, on le serait à moins. « L’investissement irréprochable » souligné par Jono Gibbes n’a toutefois pas suffi à endiguer la puissance toulousaine. Sous pression, les Rochelais ont trop fauté. Avec quinze pénalités concédées, contre six dans les rangs toulousains, le XV maritime est sorti de ses standards habituels. Pas malheureux de s’en tirer à bon compte à la pause, avec un score en trompe-l’œil de 8-0. Malgré autant de fautes commises que de points marqués, il a fini par payer la note. Héroïques à quinze et fidèles à leur statut de meilleurs défenseurs du championnat, les Rochelais ont rompu à quatorze. Après l’exclusion temporaire de Will Sketlon (69e) qui, deux mois après un rouge pour une charge à l’épaule, concentre désormais à lui seul le tiers du compteur à biscottes. Un coup au moral ce carton jaune ? « C’est difficile parce qu’on a besoin de tout le monde. Bien sûr, ça fait mal, opine Kieft. C’est vrai qu’ils (les Toulousains, N.D.L.R.) ont marqué après parce qu’ils étaient un de plus mais personne ne s’est caché. Tout le monde a voulu faire le pas de plus pour récupérer les petites fautes des copains. Nous avons répondu présents sur cette solidarité […] Mais à la fin, sur des petits détails, on bascule de l’autre côté. »

« Les vacances, on va en avoir besoin »

« Physiquement, nous étions un peu à court. » Jérémy Sinzelle n’est pas du genre à trahir le fond de sa pensée. Voilà ses tout premiers mots à chaud. « Nous avons clairement explosé physiquement à la fin ! Les collisions étaient assez fortes, nous avons subi beaucoup de plaquages. C’est ce qui amène ce dernier essai à la 75e, il n’y a pas de secret, complète l’arrière. Dès qu’il y a eu le coaching, on l’a ressenti sur le terrain. Le dernier quart d’heure nous fait très mal. On a vraiment subi cette fin de match où Toulouse tient le ballon. Ils ne sont pas spécialement dangereux mais, par contre, ça tape, quoi […] Les vacances, on va en avoir besoin. » 
Faut-il y voir, alors, un manque de fraîcheur ? Pour Jono Gibbes, c’est niet. « Physiquement, nous étions confortables à ce niveau ! », revendique le manager kiwi. « Je pense que tout le monde a besoin de couper, on n’est pas des machines », souriait toutefois Romain Sazy dans la semaine. Avant de souffler, il faudra mettre un ultime coup de collier samedi, à Castres. 

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Romain Asselin
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