Alo-Emile, au nom du sang

  • Le Parisien Paul Alo-Emile échappe à la défense de l’UBB. Photo Icon Sport
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Après une première titularisation commune il y a quinze jours à La Rochelle, les frères Alo-Emile devraient une nouvelle fois sévir ensemble en première ligne. L’occasion d’aller à la rencontre de ce duo de piliers pas comme les autres.

Deux frères qui poussent en première ligne, ça n’a rien d’anodin. Au Stade français, Paul et Moses Alo-Emile ont, pour la première fois, débuté ensemble une rencontre de Top 14 il y a quinze jours à La Rochelle. Le premier, 30 ans, à droite, le second, 21 ans, à gauche. « Il y avait beaucoup de fierté, avoue un peu ému le plus âgé des deux, aujourd’hui capitaine du club de la capitale. J’avais beaucoup de confiance en Moses pour bien faire son travail et c’était tout ce dont j’avais besoin. Il a travaillé très dur pour en arriver là où il se trouve actuellement. C’est tout à son honneur. » Moses est de neuf ans le cadet de Paul. « J’ai toujours été trop vieux pour qu’on puisse jouer ensemble, sourit Paul. Je n’ai jamais pensé que cela pourrait arriver, mais c’est une chance incroyable. » Moses a débarqué à Paris incognito en 2018. « Avant de rejoindre le Stade français, j’étais encore au lycée, raconte-t-il. Je venais juste de terminer mes études au Brisbane State High School et je jouais au rugby pour l’école. » Jusque-là, son heure de gloire tenait à une sélection avec les Barbarians australiens en 2017. « Ce fut une expérience formidable de pouvoir débuter mon premier match avec mon frère. Je me suis senti super à l’aise et moins nerveux en sachant qu’il y avait le même sang que moi juste de l’autre côté de la mêlée. » Et d’ajouter : « C’était définitivement un rêve devenu réalité ».

Une concurrence fraternelle

Évidemment, son intégration a été facilitée par la présence de son frère. Et les entraîneurs parisiens, Laurent Sempéré en tête, n’ont qu’à se féliciter de l’investissement de Moses depuis le début de saison. « Le fait d’avoir mon frère ici à Paris m’a vraiment aidé à m’intégrer. Sa présence ainsi que celle de sa femme Scarlett m’a rendu la vie plus facile. » Surtout, il avoue avoir son frère pour modèle : « Il a toujours été mon joueur préféré à regarder et j’ai toujours tout admiré à son sujet. Suivre sa carrière, en Australie, aux Samoa ou en France, m’a donné envie de suivre ses traces. Il a été pour moi un entraîneur incroyable aussi bien sur le terrain que dans la vie de tous les jours. »

Entre eux, il y a évidemment de la complicité. De la bienveillance. Mais pas seulement. « Il y a aussi beaucoup de concurrence, assure Paul. Je suis naturellement un compétiteur et j’aime donc pousser Moses dans ses retranchements. » « C’est vrai, reprend Moses, il bat beaucoup de records en salle de musculation et sur le terrain. C’est donc difficile de me comparer à lui. C’est l’un des meilleurs joueurs du Top 14 aujourd’hui. Mais ça me pousse à être meilleur chaque jour. » L’aîné a forcément un regard attendri lorsqu’il évoque les qualités sportives de son petit frère. « J’ai dix ans de rugby professionnel derrière moi, souligne Paul. L’expérience, ça s’apprend. Moses n’est qu’à l’aube de sa carrière. De chaque mêlée, il va apprendre. À chaque match, il va progresser. » Et justement, ça tombe bien, les deux frangins devraient encore pousser ensemble samedi face à Agen.

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Arnaud Beurdeley
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